Littérature Anglophone

Masques – Patricia Briggs

Il est certains livres pour lesquels je me mettrais à genoux afin de convaincre quelqu’un de le lire. Ne pas avoir lu d’œuvres de Patricia Briggs, c’est triste. Certains diront qu’il s’agit de titres commerciaux et les mettront sur le même poids que les Charlaine Harris. Patricia Briggs, c’est pourtant tellement plus. Un vocabulaire riche, un talent narratif rare, une profondeur psychologique, un monde riche et complexe. Des personnages qui ne sont pas parfaits, ce qui nous permet de nous identifier à eux. Patricia Briggs, c’est tellement plus que tout ce que vous avez jamais pu lire. 
Aralorn est une femme dégourdie, indépendante et qui a un métier plutôt estimable : espionne. Très tôt, elle a appris à s’imposer. En outre, elle est issue d’une noble famille, cependant rechignant à devenir une Dame, elle préférât quitter son foyer et partir sur les routes. En elle, les connaisseurs des œuvres de Patricia Briggs reconnaîtront les prémisses du caractère d’un autre de ses personnages : Mercy Thompson. Dans ses quêtes, Aralorn dispose d’un compagnon peu commun : un loup au pelage noir… Un loup qui parle ! Et dont la voix rappellerait celle d’un cadavre. C’est un protagoniste mystérieux, froid, mais qui à son contact se libérera de sa retenue peu à peu, avouant qu’il est peut-être même plus qu’un simple loup, comme elle s’en doutait. Les personnages secondaires ont tous leur importance et l’attachement à chacun d’eux se révèle aussi fort que s’ils eussent été les héros du livre. 
J’ai découvert cette auteure par sa série bit-lit la plus connue : Mercy Thompson. Un personnage qui marque par son tempérament fort et un désir d’émancipation et d’indépendance de la femme. Quand j’ai lu cette saga-là, Masques et son second tome, je m’attendais à trouver une histoire similaire et voilà que je découvre l’ancêtre de Mercy, répondant au nom d’Aralorn, la jeune femme est totalement solitaire et n’a besoin de personne pour vivre. J’ai donc tout de suite accroché avec elle car elle véhicule un message d’espoir, de confiance et on l’admire pour sa volonté de fer
Comme je l’ai dit, ce roman est plus axé fantasy. On se retrouve dans un monde imaginaire aux temps des mercenaires et des règnes de grands seigneurs. Aralorn est une mercenaire-espionne qui est aussi changeforme, elle travaille pour le compte de Ren, le maître espion, et c’est au fil de ses missions que l’on découvre ce monde, et notamment ses proches, comme Loup, un mage capable de métamorphose (en l’occurrence en Loup) et qui l’accompagne dans la plupart de ses missions.
Dans ce roman, un côté très visuel se remarque. Les descriptions accordées aux paysages sont nombreuses et particulièrement plaisantes : la vallée du camp en hiver comme en été, Sianim et la petite chambre d’Aralorn, le château de son père à Lambshold, les Terres Boréales et toute leur magnificence. Tout cela sent la magie, la splendeur, la vie, la nature. Avec la plume de Patricia Briggs et son don pour les descriptions, on plonge dans son univers, revenant à l’époque médiévale : attelages, auberges, mercenaires, forêts, une autre monnaie et le temps que l’on compte en bougie… Le livre regorge de contes, car par-dessus toutes ses étiquettes, Aralorn a aussi un talent de conteuse et on découvre ainsi les légendes et l’Histoire de ces peuples que l’auteure a créés. 
J’ai particulièrement aimé comment Loup traite Aralorn, dans les geôles du château ; son état de fébrilité, d’angoisse. L’auteure a mené de nombreuses recherches et cela enrichit le récit, le complexifie et rend les scène plus profondes. On découvre aussi l’étendue des pouvoirs de ce personnage que l’on connaitra encore mieux dans le second tome. Loup est impressionnant d’altruisme et d’amour. Les descriptions sont justes magnifiques. L’alchimie entre les deux personnages est vraiment délicieuse et leur rapprochement carrément frustrant parfois tant il est aléatoire. Ce qui en fait, indéniablement mon moment préféré.
L’intrigue est simple, mais efficace : comment vaincre l’ae’Magi ? Dit comme ça, cela semble évident : en le tuant. Oui, mais Patricia Briggs crée ici un personnage horrible qui parait invincible, qui a le pouvoir et est aimé de force par tout le monde. Inaccessible, machiavélique et égoïste, nous, lecteurs, pensons que Geoffrey ae’Magi ne peut être tué et cela nous fait redouter le futur sort de nos héros. Par ailleurs, l’auteure ne se contente pas d’une intrigue principale et au contraire en tisse un bon nombre, si bien que le livre est consistant, mais en plus addictif. Si l’on connait l’identité du grand méchant loup, on ne se doute pas des évènements qui adviennent avant et conduisent à la bataille finale ; cette dernière est d’ailleurs captivante, stressante, impressionnante, tellement attendue, effrayante.
Masques est le tout premier roman de Patricia Briggs et assurément, elle peut en être fière parce qu’un premier à ce niveau… Sincèrement, on jurerait qu’un demi-million furent écrits avant, pour pouvoir pondre une telle œuvre -bien sûr, elle a refait une correction dessus, mais elle précise légère ! Je n’en reviens pas ! Comment peut-on être si douée en première année de fac ? Bref, il s’agit encore d’un de ces romans que l’on doit avoir lus pour pouvoir parler de bonnes lectures à quelqu’un !
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3 commentaires sur “Masques – Patricia Briggs

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