Littérature Hispanique

Onze minutes de Paulo Coelho.

Paulo Coelho possède une renommée internationale et on ne le présente plus, pourtant je viens vous confesser que Onze minutes est le premier livre de cet auteur que j’ai lu. Cependant, ce ne sera assurément pas le dernier car ce fut un très bon roman pour découvrir l’auteur, sa philosophie, son écriture tout en douceur, ses personnages intemporels.
Maria est une jeune fille Brésilienne aux amours déçues. Néanmoins, c’est une grande rêveuse, avec de l’ambition et une foi en Dieu qui prend une grande place dans sa vie quotidienne. Bientôt, lors d’un voyage à Rio de Janeiro, on lui promettra de l’argent, un séjour en Europe et le futur statut de célébrité… Maria se laisse convaincre et c’est ainsi qu’elle atterrit en Suisse, où elle commencera par danser dans un bar pour subvenir à ses besoins, puis finira par se prostituer.
Il me faut tout d’abord préciser que c’est suite à ma lecture de Hell de Lolita Pille que j’ai décidé de lire Onze Minutes. Il me semblait que les deux livres se rejoignaient. On trouve dans Hell un amour physique qui détruit, quand dans Onze Minutes, Maria choisit l’amour pour retrouver sur le chemin du bonheur. Il y a aussi quelque chose qui m’a fait sourire et qui, en me renseignant, ai-je découvert, était propre à cet auteur : inclure l’histoire du titre de l’œuvre dans le roman. Un titre peut parfois s’avérer anecdotique, éponyme, ou représentatif. Ici, pourtant, l’auteur lui donne vie, il lui fait faire sens, ce que l’on apprécie beaucoup.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le livre demeure optimiste et léger car Maria, tout juste adulte et ne connaissant rien à la vie, continue à espérer, à confier sa vie entre les mains de la Vierge Marie et à se persuader que tout ce qu’on lui demande est un défi envoyé par cette dernière. Or, la vie mérite d’être vécue, c’est un des messages forts du roman. C’est pourquoi Maria la vit, pleinement, même avec sa situation. 
On s’attache énormément à ce bout de femme, forte, déterminée, indépendante, ne ressentant pas l’appréhension de la douleur à venir et de caractère entrepreneuse. Maria accomplit tout ce à quoi l’on n’oserait jamais seulement penser. Elle reste constamment positive, elle acquiert des leçons de ses actes, sans éprouver de regrets négatifs. Survient ensuite Ralf, un peintre. Il est très différent de Maria, et l’on se demande comment deux personnes si éloignées vont finalement pouvoir s’entendre. Pourtant, plus on découvre ce personnage, plus on s’y accroche. Il nous peine, car il éprouve des difficultés à faire entendre à Maria ses sentiments, mais on admire sa personnalité, ce par quoi il est passé et dont il se relève.
C’est finalement à travers l’amour, la vision qu’ils partagent de celui-ci, qu’ils s’uniront. Accompagnés d’une croyance saine en Dieu, où la dévotion, les coutumes, les cultes, le surplus est oublié, pour laisser place à une religion du ressenti, de l’âme. Il n’y a pas de moments délimités pour penser Dieu, puisque, pour l’auteur, il est omniprésent. Il s’agit d’une conception religieuse que l’on se plait à découvrir, qui rompt avec nos pratiques, qui montrent leurs limites, aussi. Tout cela est porté par une écriture tout en douceur. Si les passages typographiques du type « texte – blablabla- reprise du texte » ne sont pas des plus agréables à lire parfois, l’écriture, l’espoir est constamment présent et de plus, on découvre chez l’auteur une culture importante avec les nombreuses références qui ancrent vraiment le récit dans la réalité. 
Ce livre, s’il effraiera peut-être les personnes éloignées de la croyance, ravira ceux qui cherchent une lecture personnelle, une quête intérieure, ou tout simplement les personnes qui ne savent plus où chercher l’espoir. Paulo Coelho nous offre ici une œuvre tout en quiétude et développement personnel, à savourer avec un bon thé bien chaud et une douce musique d’ambiance.
À noter, une couverture magnifique pour ceux qui lisent en version originale chez les éditions Planeta.
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