Littérature Russe

Anna Karénine de Tolstoï.

ak
Je connais Jane Eyre de Charlotte Brontë par cœur. De même, j’ai dévoré Orgueils et Préjugés de Jane Austen. Ou encore Elle et Lui de George Sand. J’aime les histoires d’amour sur fond de critique sociale, avec une écriture au vocabulaire riche et d’une autre époque. Je me devais donc de lire Anna Karénine, non seulement pour son importance dans le monde de la littérature, mais aussi parce que cette œuvre réunit tous les critères qui font qu’un livre me conquit. Et quelle découverte ce fût !


Ce roman, découpé en deux tomes selon les éditions (Nelson pour ma part, datant de 1910, magnifiques objets-livres) peint un portrait de la Russie du XIXe, par l’intermédiaire de l’histoire de plusieurs familles. On y découvre celle d’Anna, ses problèmes conjugaux et cette passion qui naitra à l’occasion d’un bal ; mais aussi celle de Kitty, jeune promise trahie ; ainsi que le quotidien douloureux de Dolly sa sœur, mère et femme trompée par son mari, mais dont les valeurs chrétiennes dépassent ses propres sentiments de colère et de honte.

Anna Karénine, c’est un roman dans lequel chaque personnages engendre la connaissance d’un autre et ce petit-jeu permet d’éviter les longues descriptions filiales qui pourraient ralentir le rythme de l’œuvre. Ainsi, Dolly est la femme de Stiva, frère d’Anna, épouse d’Alexis Karénine et amante d’Alexis Wronsky, ancien promis de Kitty, dont est amoureux Lenine. Compliqué ? Après lecture, cela est très clair, et même amusant. Comme si l’on tirait une pelote de laine et que tout se déroulait, en douceur, fluidement. Cela caractérise d’ailleurs l’écriture de Tolstoï. Même dans les moments les plus terribles, il reste dans les mots une douceur qui ne perd rien en lyrisme, mais qui donne un aspect relaxant à cette lecture. C’est aussi ce qui rend l’œuvre facile d’accès. C’est d’autant plus appréciable que, ce roman, fait plus de mille pages ! Ne pas avoir à se référer à un dictionnaire pour trouver la signification d’un vocabulaire trop ancien, lire aisément, et avec plaisir empêche de les ressentir comme un calvaire.

De plus, pour un classique, on ne peut pas reprocher des lenteurs à ce roman. Beaucoup de descriptions, oui, mais des lenteurs, non. Il y a toujours un rebondissement qui vient empêcher le bonheur nouvellement acquis des personnages (bien sûr, ce rebondissement est relatif à une intrigue du XIXe, personne ne débarque avec une bombe à la main) ! Cela ne signifie pas que Tolstoï s’épanouit dans le sadisme, simplement il s’agit d’une époque où les mœurs, les convenances sont lourdes et les conditions de vie, l’espérance de vie même est différente et plus rude.

Si l’on ne perçoit que la première couche, cette œuvre n’est qu’un gentillet tableau de la société russe d’antan. Pourtant, Anna Karénine est aussi un pamphlet contre celle-ci. L’œuvre contient des remises en questions sur le système économique, sur la gestion du pays et de profondes discussions, parfois philosophiques, chez les grands de cette Russie (Alexis Karénine, par exemple). C’est aussi, et par cela il se rapproche des œuvres des sœurs Brontë, ou de Jane Austen, citées plus tôt, une réflexion sur la place de la femme, sur la possibilité d’accorder des droits à cette figure si sous-estimée alors.

La fin parait juste, en adéquation avec toutes les péripéties du roman. Je ne pense pas que l’on pouvait souhaiter autre chose pour Anna. Je regrette seulement que le personnage d’Alexis Karénine n’obtienne pas un peu de bonheur. Cependant, la situation de Kitty et Lévine relève le tout ! Le roman se conclut sur un dernier questionnement que chacun traverse à un moment de sa vie, tout en donnant une certaine transcendance à l’œuvre.

Ainsi, je conseillerais ce livre à tous ceux qui aiment les classiques du XIXe, les mondanités, les mœurs ou l’Histoire tout simplement. La Russie est un pays que l’on connait mal et que cette œuvre nous permet de découvrir plus à fond. C’est aussi le combat d’un auteur pour faire passer ses idées, et pour cela, cette œuvre mérite d’être découverte.
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2 commentaires sur “Anna Karénine de Tolstoï.

  1. Si tu ne l'as pas déjà lu, je te conseille La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils. J'ai vraiment beaucoup aimé, et c'est une histoire d'amour sur fond de critique sociale. 😉

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