Littérature Française

Billie ~ Anna Gavalda.

Je n’ai encore jamais chroniqué un livre d’Anna Gavalda sur Mots-Insatiables alors que j’adule l’oeuvre (dans son intégralité !) de cette auteure ! C’est sûrement parce qu’il m’est difficile de revenir sur des lectures antérieures au blog et d’en parler avec l’exactitude des sentiments ressentis alors. J’ai découvert par hasard qu’Anna Gavalda avait écrit un nouveau roman : j’étais en cours de librairie et nous étudions les chiffres de ventes de plusieurs titres quand celui-ci fut évoqué. Ni une, ni deux, je me suis précipitée pour aller l’acheter.

Billie, c’est l’histoire de deux enfants que le monde entier s’acharne à briser et qui, grâce à la littérature (On ne badine pas avec l’amour d’Alfred de Musset), à l’amour et à leur force quand ils sont ensemble, vont se relever et avoir une vie certes merdiques, mais merdique à deux. Billie, c’est une petit gitane qui est trop ambitieuse ; Franck, lui, est la risée de son père en raison de son orientation sexuelle. Billie, c’est deux âmes esseulées qui se trouvent enfin.

Pour commencer, et parce qu’il faut bien l’avouer, Billie, le roman, l’objet, n’attire pas les adultes du tout. Les tons verts, jaunes, roses et le petit âne font plutôt penser à un roman pour enfant. De même, le prix est assez refroidissant. 15 euros un livre de petit format, ça freine forcément. Alors voilà déjà beaucoup de points négatifs, même pour une accro de l’auteure ! Je dois avouer que j’ai eu très peur en commençant le roman. Les thèmes abordés au début, ça ne ressemblait pas aux précédents livres d’Anna Gavalda. Le contexte est flou et le personnage principal, Billie, ne révèle que partiellement des informations sur la situation présente au lecteur. Cependant, elle restait mon auteure favorite, alors j’ai persévéré.

J’ai très bien fait. La situation initiale est chaotique, et pour nous l’expliquer, Billie use de souvenirs, de scènes passées puisque dans le temps présent elle est adulte, et qu’elle remonte à son enfance (en 3ème précisément). Son prétexte ? Elle les raconte à une petite étoile à qui elle demande en échange de les sortir de là car un autre personnage est blessé ; procédé courant, on le retrouve beaucoup dans la littérature (par exemple : Les hauts de Hurlevent d’Emily Brontë). Finalement, Billie fait de cette étoile un personnage à part entière avec qui elle a même, parfois, des échanges. Cependant, c’est avant tout de sa relation avec ce personnage blessé dont Billie veut nous parler.

 « Je regardais toutes ces étoiles et je cherchais la nôtre. Parce que nous en avions une, c’était une certitude. Pas une chacun, malheureusement, mais une pour nous deux. Une petite veilleuse en coloration. Oui, une bonne petite loupiote qui nous avait trouvés le jour où on s’était rencontré et qui, bon an mal an, avait fait du bon boulot jusque là. Ok, ces dernières heures, elle avait un peu merdé, mais tout s’était éclairci depuis… Elle se pomponnait la Pomponnette. Elle vidait son spray paillettes de chez Sephorus. Hé ! Normal, c’était la nôtre ! Elle allait quand même pas tenir la chandelle de l’Éternel pendant que ses copines se barraient au feu d’artifice! »


Franck Muller, dit Franck Mumu, est un personnage décalé. On s’y attache immédiatement. D’abord parce que la narratrice l’idolâtre, ensuite parce qu’il est son opposé total. Franck est timide, maladivement altruiste et pourtant, il sait être têtu. Mais surtout, c’est un grand sentimental épris de littérature. De plus, son homosexualité le pousse à se haïr (ainsi que le comportement de son père !). Rencontrer Franck, pour Billie, c’est recommencer à rêver : elle oublie les Morilles, elle oublie les mauvais traitements de son père et de sa belle-mère, l’abandon de sa mère et son absence d’avenir ; elle apprend à exister, à être respectée, ce qui est un véritable choc pour elle.

« Ce qu’on avait vécu là, c’était cadeau. Maintenant, voilà. Il était déballé et basta. Laissez-nous tranquille avec. Je ne voulais pas perdre le risque de l’abîmer ou de me le faire chourer. J’avais si peu de jolies choses en moi et celle-ci je l’aimais tellement que je ne voulais plus jamais la montrer à personne. » 

Si vous avez déjà lu du Anna Gavalda, vous savez ce qu’il se passe ensuite : à deux, ils affrontent le monde entier, à deux, tout va mieux. Pourtant, dans ce roman, quelque chose change. Anna fait replonger ses deux personnages inlassablement dans la misère. La situation de Billie nous arrache des larmes, nous meurtrit le cœur, parce que l’on sait que cela existe, parce que l’auteure nous met face à des réalités dérangeantes, déchirantes.

Pour conclure sur cette lecture, je dirai qu’il ne faut pas se fier au premier tiers du roman, car alors on manque l’essentiel. Anna Gavalda, dans ce livre, va plus au fond encore des choses et signe là un roman bouleversant d’humanité, d’espoir, d’art et de cohésion sociale.

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Retrouvez ici le roman qui réunit les deux personnages du livre : On ne badine pas avec l’amour d’Alfred de Musset et cliquez sur l’image pour accéder à la fiche commerciale de Billie !

C’est le seul roman que je n’ai pas encore lu de l’auteur et il me fait envie plus que jamais !

Et parce qu’être auteur ne signifie pas être le meilleur ami du dictionnaire, voici une interview d’Anna et de son rapport à l’orthographe !

Et vous, qu’avez-vous lu d’Anna Gavalda ?

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4 commentaires sur “Billie ~ Anna Gavalda.

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