Littérature Anglophone

Geisha d’Arthur Golden.

« On ne peut pas demander au soleil de briller d’avantage, ni aux nuages de retenir la pluie. Pour un homme une geisha ne peut être qu’une demi-épouse. Nous sommes les femmes du crépuscule. Et pourtant découvrir la bonté après avoir connu tant de méchancetés, comprendre qu’une petite fille, plus courageuse qu’elle croyait l’être finirait un jour par voir ses vœux s’accomplir.. N’est-ce pas une forme de bonheur ? Après tout ce ne sont pas là les mémoires d’une impératrice, ni d’une reine, ce sont des mémoires d’un autre genre…. »
J’ai offert ce livre à une amie il y a quelques années en me promettant de le lire un jour. Quatre ans après, je le fais enfin, mais par l’intermédiaire d’une autre amie, d’un autre exemplaire. Merci Anne-Lyse de me l’avoir prêté ! Je ne connais rien au Japon. C’est un peu triste puisque dans ma classe beaucoup aiment, voire ont voyagé dans ce pays. Je crois que Geisha est un livre adapté pour s’initier à cette autre culture, très différente de la notre, avec ses codes et ses coutumes. Ce fut donc une découverte très agréable, tout en douceur et en beauté, car c’est ce que dégage ce roman de 604 pages.
Chiyo est une petite fille de neuf ans vivant dans un village au bord de la mer, elle habite une « maison ivre » avec sa soeur, Satsu, son père, un vieux pêcheur et sa mère, malade. Cette dernière est aux portes de la mort et Chiyo est chargée de descendre au village tandis qu’il pleut. La fillette se blesse et est soignée par Mr Tanaka. Plus tard, elle le trouvera en grande conversation avec son père, celui-ci pleurant. La vie de la petite fille changera du tout au tout.
Ce roman se présente comme les mémoires d’une Geisha notoire que l’auteur aurait rencontré, il est narré à la première personne par le personnage de Chiyo de ses neufs ans jusqu’à son âge adulte. Il comporte un nombre conséquent de personnage si bien que, parfois, l’héroïne les nomme simplement par des surnoms : Pumpkin, qui signifie citrouille en anglais ; cependant, le lecteur ne s’y perd pas et ce procédé renforce le jeune âge de la narratrice. Chiyo est une petite fille très intelligente dès le début, à travers des mots d’enfants elle définit des concepts d’adultes, des expériences qu’elle n’aurait pas dû vivre, mais dont elle ne réalise pas l’impact et qu’elle interprète à sa façon. On s’accroche immédiatement à elle. 
Elle est le personnage idéal pour casser l’image commune de la prostituée, et c’est ce que cherche à démontrer le roman. Et l’étymologie du mot même le montre « gei » signifiant art et « sha » personne. Être geisha, c’est un art. Cela s’apprend. Les Geisha tiennent compagnies aux hommes, c’est vrai, mais elles savent danser, chanter, jouer d’instrument, manier les techniques de maquillage, la coiffure et la mode, etc. Si cela vous intéresse, je vous conseille la page qu’est-ce qu’une Geisha sur wikipédia qui est très fournie et très claire. En devenant Geisha, Chiyo change de nom, elle devient Sayuri.
Le roman tourne autour de plusieurs intrigues, la principale étant celle qui concerne le Président et qui est le fil conducteur du roman dès lors qu’elle le rencontre. En effet, la petite fille recherche sa sœur qui, jugée moins belle, n’a pas été envoyée dans le même okiya ; mais aussi, Sayuri cherche à calmer le courroux incontrôlable de Hatsumono, la plus importante geisha de l’okiya qui lui fait vivre un enfer sans raison apparente ; enfin, il y a tout une partie du roman consacrée à l’élu qui aura droit au mizague (sa première nuit) de Sayuri.
Tout au long du roman, le lecteur est conscient que Sayuri a quelque chose de plus que les autres. Son personnage est vraiment vif d’esprit, elle ne porte aucune rancune de la misère de son passé,  elle accepte sa situation plutôt bien vis-à-vis de tout ce que lui arrive. C’est un personnage très agréable à suivre, elle est le personnage principal, mais aussi le plus intéressant dans le sens où les autres, le Président et Mameha mis à part, paraissent faibles, faux, intéressés.
Le Président. Le lecteur a ce sentiment étrange de ne pas le connaître du tout, et pourtant de l’aimer. On partage ce que ressent Sayuri à son égard, parce que l’on connait et suit cette dernière, alors que le Président n’apparait que de minces fois dans le roman. J’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à lui. Il était trop inaccessible et abstrait pour moi.
Mameha. Comment ne pas l’aimer ? Mameha-san (marque de respect de son aîné « san »). C’est une femme forte, intelligente, qui aime son métier, qui sait tirer profit de toutes les situations sans pour autant devenir mauvaise. Elle est le personnage le plus touchant à mon sens après Sayuri. Et c’est d’autant plus vrai que lorsque Sayuri parle d’elle, c’est toujours avec respect et admiration. Sayuri ne comprend pas toujours les choix de sa Grande Sœur, mais ils lui sont toujours profitables. J’ai hâte de voir comment Mameha est représentée dans l’adaptation cinématographique !
Cette ambiance, cette vision, elle est surtout portée par l’écriture. L’auteur apporte une dimension artistique, poétique à ce monde, à ce statut, il crée une atmosphère toute particulière au fil des étapes de la vie de l’héroïne. L’écriture change selon son âge, tout en restant douce et imagée. Comme si Sayuri gardait pour toujours son âme d’enfant. C’est un plaisir de lire l’auteur, sa plume est vraiment agréable et apaisante, même dans les moments les plus durs, l’histoire demeure porté par elle.
Je préfère les fins heureuses. C’est vrai. Néanmoins, je trouve celle-ci ajustée. Le livre est teinté de moments tristes et joyeux. La fin lui rend justice, à mon sens. Bien sûr, beaucoup de lecteurs n’aiment pas les fins ouvertes, donc attention si vous êtes dans ce cas ! Pour finir, je dirai que je suis charmée par ce monde que je découvre et je pense ressortir de ma P.A.L. L’Élégance du hérisson que je dois lire depuis si longtemps.
Je vous ai trouvé un petit reportage sur les Geisha de Kyoto (ville où Sayuri l’est).
La bande-annonce du film !
Publicités

Je suis une grande bavarde, si vous aimez papoter aussi, dîtes-moi ce que en avez pensé de votre côté, par ici !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s