Littérature Italienne

Les villes invisibles d’Italo Calvino.



Les lectures pour les cours d’histoire littéraire dans mon dut s’avèrent souvent être de très bonnes découvertes et celle que je vous présente aujourd’hui n’échappe pas à cette règle : Les villes invisibles d’Italo Calvino. Je connaissais déjà l’auteur puisqu’il figurait dans la bibliographie à lire durant l’été, mais avec un autre titre : Si par une nuit d’hiver un voyageur, une oeuvre tout aussi atypique et aux réflexions fines.

Les villes invisibles part d’un échange fictif entre un empereur tartare, nommé Kublai Khan et un jeune voyageur vénitien, Marco Polo, qui lui raconte ses voyages en tant qu’ambassadeur et notamment les villes qu’il visite, les villes miroirs, les villes tristes, les villes fausses, les villes mortes, les villes lointaines qui changent si l’on s’en approche

L’oeuvre est découpée en neuf parties dans lesquelles les villes sont catégorisées avec des petits intitulés qui s’entremêlent. Ce sont des textes plus ou moins longs, de une à trois pages maximum, chacun décrivent une ville, ses caractéristiques, ses secrets, en quoi elle ne fonctionne pas comme elle le devrait. Il arrive parfois que les descriptions deviennent plus subjectives (cf. Les villes continues p.175-177) et alors apparait le « je » de Marco Polo en tant que voyageur, ses impressions propres ; on trouve parfois aussi des descriptions directement adressé à l’empereur où le narrateur a recours à la seconde personne du singulier, et cela crée une impression plus forte, plus frappante de la ville chez le lecteur car il se sent destinataire de ce « tu ».

Cette description, cette mappemonde qu’il réalise, l’auteur s’en sert pour développer sa philosophie, faire se dessiner une signification seconde. c’est tout d’abord par l’intermédiaire des voyages de Marco Polo que cela s’exprime. L’auteur réfléchit sur la relation de l’Homme au temps. Ce qui est présent est-il déjà passé puisque nous en avons conscience ? Le futur n’est-il pas une branche alternative de notre passé ? Italo Calvino réfléchit également sur le langage dans cette oeuvre car en effet, Marco Polo est vénitien quand Kubai Khan est un empereur tartare : ils ne partagent pas la même langue et pourtant ils se comprennent. C’est de fait par le biais de marchandises rapportées de ses voyages que le voyageur raconte ses histoires et le narrateur précise bien que les personnages, eux, demeurent immobiles et silencieux. L’auteur remet ici en question la pertinence des mots et du langage. Que nous reste-t-il quand ceux-ci sont impuissants, insuffisants pour décrire la vie ?

Le tout nous est délivré par la plume surréaliste, rêveuse et poétique de l’auteur, dans un court ouvrage qu’on lit trop vite. Avec ce livre, Italo Calvino invite son lecteur à s’évader, à découvrir de nouveaux horizons, portés par une réflexion profonde ; c’est un livre sur l’Humanité, les rêves et les désirs des Hommes que l’on se plait à parcourir et qui n’est pas sans rappeler le célèbre voyageur d’un autre auteur : L’Alchimiste de Paulo Coelho.  
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