Littérature Indienne

Le Dieu des petits riens d’Arhundati Roy.



Le dieu des petits riens est un roman que j’ai lu pour mon DUT, comme Les villes invisibles d’Italo Calvino. Tout d’abord interpelée par le titre, je me demandais ce que pouvait cacher ce roman, et vous le savez si vous me suivez depuis un moment, comme je refuse de lire les quatrième de couverture, je n’avais aucune idée du voyage que j’entreprenais ! Pourtant, il s’est avéré être une découverte tout à fait à la hauteur de mes belles lectures actuelles (cf dernières chroniques disponibles sur le blog : toutes enthousiastes) !

Le dieu des petits riens est un roman écrit à la troisième personne, narrateur omniscient, dont l’action prend place 23 ans après ce qui a bouleversé la vie des personnages que l’on nous présente au fil des pages. On découvre une famille indienne nombreuse, plutôt aisée, habitant à Ayenemen et l’on se focalise plutôt sur deux personnages, Rahel et Esthappen Yako, des faux jumeaux.

La narration du roman s’inspire des classiques littéraires, longue, sans action, s’attardant sur les détails de descriptions, sur les vies des personnages, sur leur sentiment, tout est décrit, absolument tout. C’est pourquoi, si l’on est un lecteur ponctuel, ce roman risque de paraître long. Ce ne fut pas le cas personnellement, je l’ai lu très rapidement (en un après-midi : mon oral était le lendemain, oups !) sans réaliser qu’il s’agissait d’un épais volume de 448 pages.

En effet, s’il ne se passe pas des péripéties rocambolesques, l’auteure laisse entendre dès le début que quelque chose, il y a 23 ans de cela, est survenu et a tout changé. Ces sous-entendus, ce dieu des petits riens, continuent tout au long du roman et les narrations des bouts du passé des personnages parsemant le roman, on finit par recoller les morceaux et comprendre ce qui est arrivé à Sophie Mol, pourquoi Estha (diminutif d’Esthappen Yako) ne parle plus ou encore pourquoi l’oncle Chacko a émigré au Canada. On prend plaisir à partir à cette quête d’indices par le biais d’évènements disséminés ça et là, nous projetant d’une époque à une autre, créant une confusion frustrante, mais addictive chez le lecteur.

L’auteure porte cette histoire par une écriture douce, qui révèle une Inde coloniale qui va très mal, où les moeurs et le souci de réputation font taire des évènements terribles (cf Estha et l’homme orangecitronnade, épisode relativement éprouvant pour le lecteur). Elle dit tout, mais en secret, poétiquement, c’est au lecteur de faire son chemin, de comprendre ce qu’il accepte de voir, de fermer les yeux sur ce qui lui fait trop mal. Elle agrémente ce roman de description magnifiques, particulièrement lorsqu’elle en vient à Rahel.

Rahel et Estha sont deux personnages auxquels le lecteur s’accroche forcément. Ils vont si mal et pourtant, on sent comme une potentialité, si seulement ils formaient une seule et même personne, de voir se former une lueur d’espoir dans cette existence où l’on se résigne au malheur. La fin nous offre ça, alors bien sûr, il faut passer au-delà des moeurs occidentales, des ça ne se peut pas car cette même phrase contient un coefficient de relativité trop élevé, et alors, nous est révélé toute la beauté de cette oeuvre.

Oui, avec ce roman, c’est un sublime voyage, parfaitement douloureux, que le lecteur accomplit en Inde. Pour ma part, il s’agissait du second (mon premier ayant été avec Le palais de minuit de Carlos Ruiz Zafon) et j’en suis tout autant ravie ! Je crois que ce livre doit être lu au moins une fois dans une vie de grand lecteur, et nul doute que je lirai d’autres oeuvres de cette auteure. 
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