Littérature Italienne

D’Acier de Silva Avallone.

Depuis que j’avais vu l’affiche du film, l’envie de lire ce livre était omniprésente en moi. Pourtant, je n’avais pas eu la curiosité de chercher de quoi ça parlait, et puis, je n’aime pas ça… Je préfère me laisser entraîner par les mots et les personnages. On fait souvent de très belles découvertes de cette façon. Néanmoins, l’amie qui me l’a prêtée m’a soufflée « ça se passe en Italie, en Toscane« , et j’ignore si je vous l’ai déjà dit, mais c’est la région d’Italie qui me fascine le plus. Sûrement parce que tout mon lycée, j’ai découvert la renaissance Florentine et aussi le fait que mon frère soit un accro d’Assassin’s Creed.

D’acier, c’est donc l’histoire de deux jeunes filles, Anna et Francesca, et de leurs proches, dans la ville de Piombino, sur la côte Toscane, en face de l’île d’Elbe. Elles sont à l’âge de transition, elles deviennent des jeunes femmes. À deux, elles affrontent le monde réel. Mais alors qu’Anna découvre son corps avec les garçon, Francesca, que son père a dégoûté des hommes, perçoit leur relation amicale d’une manière différent. Tandis que cet été semblait plein de promesses, leur amitié supportera-t-elle la vie réelle, les révélations sur la sexualité de Francesca ?

Ce qui frappe tout d’abord dans ce roman, c’est l’écriture de l’auteure. Un style particulier, très naturel, on a l’impression que l’on nous raconte un fait divers, entre gens simples, sans fioriture. Finalement, cela apporte réalisme et profondeur sentimentale au récit. On est véritablement impliqué émotionnellement dans l’histoire. On finit par s’accrocher à tous les personnages du roman. Silvia Avallone use habilement de l’ironie pour nous en faire aimer ou détester certains. On devient complices de sous-entendus, de mots à demi-tus, de ces pulsions qui animent les personnages. Et on est dérangé aussi. Déroutés. Anna et Francesca ont treize, quatorze ans, elles sont encore des fillettes, et pourtant, elles deviennent des femmes cet été-là. Elles ne sont pas précoces, mais elles vivent dans un monde où l’adolescence n’a pas de place. Du stade de bébé, l’on devient femme. Elles brûlent les étapes et l’on désirerait les freiner ; mais ces instants avec les garçons, paradoxalement, semblent suspendus dans l’éternité. 
Et dehors, c’est la chaos. C’est 2001, les attentats, la politique et la misère. On se retrouve dans un Germinal moderne. Piombino, c’est avant tout ces usines qui jaillissent de terre, qui prennent chaque parcelle de terrain libre, qui enchaînent les hommes, les empêchant d’avoir un autre avenir que celui auquel était destiné leur père avant eux. L’espoir, il n’y a pas de place pour lui, à Piombino. Les femmes finissent caissières ou usent de leurs corps pour vivre. Elles ne savent pas lire, ni écrire, se battre pour des droits, s’engager en politique, mais pourquoi faire ? Et quand une essaie, elle est mise au banc, pointée du doigt. Le soleil, la plage, la chaleur, beaux mirages pour les touristes.

Le roman aborde des thèmes durs, essentiels. Ils sont traités avec le regard d’adolescentes, Silvia Avallone parle avec justesse de l’abus de pouvoir des pères : la maltraitance, l’emprisonnement ; mais aussi, la fuite des responsabilités en tant que parents ; et ce que cela entraîne, cette colère chez les jeunes, contre leurs parents, contre l’absence d’avenir. L’auteure montre le rejet qu’engendre la différence. Et surtout, les conditions de vie dans ces usines, la déshumanisation de l’ouvrier qui devient une machine exécutante et remplaçable pour l’employeur.

Silvia Avallone dépeint une Italie triste, mal en point, désillusionnée, avec une nouvelle génération qui a du mal à trouver ses repères. D’Acier est une œuvre de la littérature italienne qu’il ne faut laisser de côté, un instant d’évasion, d’émotion, de rébellion aussi. Et pour moi, Silvia Avallone est sans conteste, une auteure à suivre. Je n’ai pas encore vu le film, mais j’espère qu’il sera à la hauteur de cette jolie aventure.
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Un commentaire sur “D’Acier de Silva Avallone.

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