Jeunesse

The Darkest Minds tome 1 by Alexandra Bracken.

 
J’ai découvert ces livres en anglais, oui, gros craquage pour la couverture, pas très professionnel, mais on ne se refait pas. Ma mère me les a offerts pour la fin de mon année de DUT, les deux premiers tomes en hardback anglais, juste sublimes dans ma bibliothèque. J’ai cependant lu le premier tome en français durant mon stage en bibliothèque. Paru chez La Martinière Jeunesse, je dois avouer que la couverture ne donne absolument pas envie…

Mais je fais confiance à L0raah’s books, qui en a fait une chronique très enthousiaste que vous pouvez retrouver ici. et comme j’aime tous les romans qu’elle présente, j’ai décidé de me lancer dans l’aventure coûte que coûte et… Waouh ! Une claque.

Les Insoumis tome 1 : Ruby est une dystopie dans laquelle les enfants se retrouvent dans 2 cas : ils meurent ou développent des pouvoirs qui terrorisent les adultes. Le gouvernement des États-Unis alors en place, autoritaire, charismatique, prend des mesures radicales. On se retrouve dans une situation similaire à la 2e guerre mondiale avec des camps de concentration, où les enfants sont rapatriés et triés par couleurs qui représentent des niveaux de dangerosité de leurs pouvoirs. Les jaunes, oranges et rouges sont tués. Les verts et bleus sont dans la situation d’un camp de travail. Ruby est diagnostiquée verte. Elle grandit dans un camp de ce genre (de ses 10 à ses 16 ans) lorsque la situation bascule. Dans son parcours, le plus difficile est de distinguer les véritables alliés des faux-semblants.

Le roman commence alors que Ruby est âgée de 10 ans et nous la voyons grandir, enfermée dans ce camp, subissant tous les mauvais traitements que la peur des adultes pour ces jeunes engendre. On s’attache rapidement à cette héroïne. Elle est mature, plus perspicace que certains enfants du camp. Elle grandit en accord avec les épreuves que sa condition lui fait traverser. Elle a l’étoffe d’une héroïne, des réflexions profondes et elle raisonne comme une adulte. Elle donne au roman un caractère réaliste, dur, qui rompt avec la littérature jeunesse. C’est un gros point fort pour le roman, il se distingue des autres dystopies qui ont tendance à se concentrer sur la romance (La Sélection, Promise, Éphémère). Ruby n’attend pas de rencontrer son futur petit-ami pour développer des désirs et des besoins d’escapades, de rébellion. C’est une héroïne forte, intelligente et soucieuse des conséquences de ses actes ; son passé, son expérience avec sa famille la pousse à se détester, et pourtant, en tant que lecteur et avec le recul que cela nous offre, nous comprenons qu’en realité le monstre, ce n’est pas elle.

Ce n’est pas une dystopie jeunesse, c’est un roman qui remet en questions la nature de l’homme, ce que la peur peut lui faire faire, et lorsque je citais la seconde guerre mondiale et les camps, on trouve effectivement dans le roman un miroir de cette atmosphère étouffante, de ce désir dans l’administration du pays de se débarrasser d’une part de la population qui faisait tache. Ruby donnera, dans le roman, des chiffres qui estiment l’évolution de la population jeune dans le pays et ces informations nous font froid dans le dos. L’auteure parvient à créer une situation que l’on s’imagine parfaitement subvenir si un tel cas d’urgence se présentait. Elle crée un monde à part, isolant le pays du reste du monde, rendant ses personnages enfants plus responsables que les adultes.

Il n’empêche que certains seront peut-être déçus par le début. J’ai personnellement apprécié le fait que cela commence lentement, elle n’a que 10 ans, on la voit grandir, ça prend du temps. Mais au moins, les choses se mettent en place, l’héroïne se construit, le tout ne tombe pas du ciel. Surtout que, lorsque l’intrigue se tisse réellement, lorsque le tout démarre, alors on ne peut plus respirer, ça ne s’arrête plus. Au début, on est un peu noyés dans les nouveaux personnages qui interviennent. C’est principalement le fait que Ruby se doit d’être paranoïaque. Qui sont ses véritables alliés, qui lui veut du mal ? La vérité a éclaté, Ruby n’est pas vraiment verte. Elle est donc menacée du traitement qui a été réservé à tous les autres, ce qui compte désormais c’est survivre.

Heureusement, elle peut désormais s’appuyer sur sa bande de camarades : Liam, Chubs et Suzume. D’ex-prisonniers d’un camp eux aussi, même si ce dernier était beaucoup moins radical que celui dans lequel a vécu Ruby durant 16 ans. Ils lui apprendront à se dissimuler, à vivre cachés au milieu de tous, ils lui feront découvrir ce monde dont elle a été coupée si longtemps. Elle apprendra à s’attacher, à ressentir du positif, à aimer les gens. À baisser les murs qu’elle a construit pour son propre bien, pour pouvoir continuer à avancer. Ils l’aideront à vaincre ses cauchemars, ses peurs, ils seront là pour les partager aussi. Elle deviendra une grande sœur pour Suzume, elle devra convaincre Chubs qu’elle ne révèle pas l’entière vérité sur sa personne afin de les protéger eux, et trouvera en Liam la personne qui complètera ce qu’elle est elle-même. Ensemble, ils rencontreront et cumuleront plus d’ennemis, mais ils seront aussi plus forts, plus malins. On rit énormément durant les épreuves qu’ils traversent. On pleure aussi. Mais l’auteure parvient à jongler entre les deux sentiments, et c’est ce qui donne un aspect road-trip au roman, car au final, ce ne sont que des enfants, ces quatre-là.

Ce qu’ils lui permettront surtout d’accomplir, c’est d’aimer ce qu’elle est. Ils la pousseront à maîtriser son pouvoir, en faire un atout plutôt qu’un accessoire de distinction, qu’un outil de torture. Il leur permettra de survivre, de se sauver lors de situations difficiles, dangereuses. Les pouvoirs que l’on croise dans le roman sont tous intéressants, même les plus modestes, comme ceux des verts (mémoire importante, vive intelligence). Mais ceux de Ruby sont sidérants, effrayants et autant enviés que craints.

L’auteure use d’ailleurs de ce pouvoir pour orchestrer la fin de ce premier tome. Une fin… Que je n’ai pas les mots pour décrire. Terrible, déchirante, horrible. Tout ça, c’est minime. Heureusement, le deuxième tome est désormais disponible en vf si jamais vous décidez de tenter l’aventure ! En somme, vous avez pu le constater, si vous ne lisez pas ce roman, vous et moi, on n’est plus copains, ok ? Je crois qu’après ce roman, on ne peut plus lire n’importe quel livre jeunesse, tout simplement parce qu’il a placé la barre trop haute, parce qu’il vous arrache le cœur, et si vous l’écoutez avec un album bien triste, eh bien je vous conseille fortement les mouchoirs, parce qu’au niveau des horreurs que peut commettre l’humanité, nous sommes servis !

Son autre livre.

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4 commentaires sur “The Darkest Minds tome 1 by Alexandra Bracken.

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