Littérature Française

La vérité sur l’affaire Harry Québert de Joël Dicker.

C’est mon amie Anaïs qui l’a lu en espagnol qui me l’a conseillé cet été, elle était un peu trop enthousiaste à propos de cette lecture pour que je n’y prête pas plus attention. DCe livre, c’est une gifle. Il fait 800 pages dans ma version (poche) et je l’ai dévoré en un après-midi, un peu comme les Kushiel, dans un tout autre genre !

Marcus Goldman est un écrivain consacré dès son premier roman, ce succès immédiat ne va, cependant, pas être source de bonheur. Si Marcus a désormais une vie confortable, il doit néanmoins un second roman à son éditeur, comme le stipule son contrat d’édition, et il demeure pourtant incapable d’écrire. Il reprend contact avec son maître spirituel, son ancien professeur d’université, Harry Québert. Son séjour chez cet ami ne résoudra pas les choses, et suite à une dispute, Marcus rentrera chez lui. Plus tard, il découvrira que cet ami est accusé de meurtre sur une jeune fille de 15 ans disparue 30 ans plus tôt. Convaincu de son innocence, Marcus décidera d’enquêter sur cette affaire. Il n’imagine pas les secrets qu’il est sur le point de déterrer

Le roman joue sur les époques, si bien qu’un chapitre sur deux est en fait l’époque où Harry apprend à Marcus comment devenir un bon écrivain, quand le reste est consacré à l’enquête de Marcus et aux histoires qui lui sont révélées. Si cela entretient le suspens (et notre frustration par la même occasion), c’est aussi un moyen pour le lecteur d’encaisser les révélations, car ce roman en est plein !

Marcus est un personnage principal très agréable à suivre, il est intelligent, humain, et même s’il est millionnaire, tout ce qu’il réclame c’est pouvoir écrire à nouveau (son éditeur le menace de le ruiner, s’il ne le fait pas, donc ça joue aussi… n’est-ce pas). Quand je dis humain, je veux dire qu’il s’étonne avec nous des révélations qui lui sont faites, de même, il est pris de doutes. Il est écrivain après tout, pas enquêteur. Et ça le rend plus attachant, plus réaliste, on s’y identifie plus.

Mais Marcus enquête dans un village où trente ans de suspicions se sont écoulés… Chacun a une histoire avec chacun et personne ne tient à garder sa langue dans sa bouche… On se retrouve dans un village qui étouffe de secrets, de non-dits, personne ne se connait vraiment. Si bien que lorsque Marcus interroge les habitants, les versions varient, les langues de vipères fusent. Et c’est à lui de déceler le faux du vrai. Il finira par écrire un livre sur son enquête. Après sa parution, son extrême buzz, et donc sa réussite commerciale… Il réalisera qu’il y a une incohérence, l’enquête doit être reprise du début. En effet, les fausses pistes ne manquent pas !

Ces fausses pistes, elles rendent le livre addictif. Et surtout, et c’est ce que j’ai adoré dans ce roman, elles modifient peu à peu l’image de Nola, la jeune fille assassinée. Elle a 15 ans quand elle meurt, elle semble être l’ange du village, que tout le monde porte dans son coeur, qu’Harry Québert estime plus que tout au monde… Pourtant, lorsque les langues se délient… Nola devient le centre d’interrogations, et pas seulement sur les circonstances de sa mort. Sur ses fréquentations, son comportement, ses rêves, son histoire familiale. La fin la réhabilite en quelque sorte, lui rend hommage, mais cette évolution du personnage reste pour moi le point le plus intéressant du roman.

Au-delà de la fin qui m’a laissé pantoise et frustrée et qui m’a faite râler des heures entières (j’ai adoré la fin, entendons-nous bien !), ce roman est génial en ce qu’il est humain. Les personnages, le meurtre, tout cela… aurait pu arriver n’importe où. Personne n’est héroïque, le vice humain est là partout, avec ses défauts et son égoïsme, mais ça donne une justesse et une profondeur à ce roman qui le rendent incroyable.

Être plus expansive, c’est risquer de vous spoiler mais il y a tellement de choses dans cette fin qui vous tombent sur le coin du nez. Détester l’auteur de vous avoir trompé de la sorte, c’est ce que j’ai adoré. Lire une petite histoire criminelle et refermer ce livre en ayant l’impression d’avoir été trahi par ses propres amis (les personnages) sur notre vie entière (les premières idées qu’on s’était faites).

Courez le lire, si ce n’est pas déjà fait !
Et surtout, venez me dire ce que vous en aurez pensé !
Que je puisse râler avec vous !
Mention spéciale à la jolie peinture d’Edward Hopper sur la couverture !
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3 commentaires sur “La vérité sur l’affaire Harry Québert de Joël Dicker.

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