Coups de coeur !·Littérature Anglophone

Kushiel tome 1 : la Marque de Jacqueline Carey.

Phèdre nó Delaunay porte la marque de Kushiel, qui lui vaut d’éprouver à jamais le plaisir dans la souffrance. Enfant, elle a été vendue à un noble qui a su reconnaître chez elle ce don cruel, et elle est devenue depuis la plus convoitée des courtisanes… ainsi qu’une espionne exceptionnelle. Lorsqu’elle découvre le complot qui pèse sur sa patrie, Phèdre se lance dans une aventure épique et déchirante, semée de trahisons, et qu’il lui faudra mener jusqu’au bout pour sauver son peuple.
Il faut vraiment que je vous dise comment je suis tombée sur ce livre ? Vraiment ? Eh bien, c’est parce que Kushiel, c’est la bible de cette demoiselle ! Et c’est une future super libraire, du coup, quand elle te conseille un livre, tu es là « ma vie n’a pas de sens tant que je ne l’aurai pas lu« . Ce qu’on sait pas encore, c’est que c’est la vérité. J’ai lu ce livre le 25 juin. Oui, en une journée. 959 pages. Et pourtant, je l’ai dévoré. Si je n’ai pas écrit ma chronique avant, c’est que, comme à chaque coup de coeur, j’ai vraiment trop de mal à lui rendre justice, même si j’ai lu le tome deux aussi. J‘aurais envie d’écrire « il est génial point », mais vous ne me croiriez peut-être pas

C’est donc Phèdre, l’héroïne, qui narre l’histoire à la première personne et de manière rétrospective. Il arrive même qu’elle nous interpelle, nous lecteurs. Sa lucidité et sa modestie nous la rendent tout de suite sympathique, on comprend qu’elle va devenir quelqu’un au sein de cette société, mais elle reste humble et a les pieds sur Terre. Elle nous raconte son enfance, du moment où elle a été abandonnée par ses parents à 4 ans jusqu’à (dans le second tome du moins) ses 22 ans. On la voit évoluer, grandir et cela permet à l’auteur de bien développer le monde dans lequel elle évolue.

En effet, dans ce roman, il s’agit d’High Fantasy, ce sont des peuples et une géographie inventée, de même que les langues sont inventées elles aussi. Je sais que les lecteurs veulent de l’action tout de suite, et dans ce cas-là il vous faut passer votre chemin. Ce livre prend son temps. Il nous explique tout le fonctionnement de ce monde, les personnages importants, son histoire, les religions des différents peuples, tout nous est présenté, détaillé. Et le meilleur dans tout ça, c’est l’écriture de l’auteure. Du roman parait une douceur, une délicatesse et un raffinement que j’ai rarement trouvé dans mes lectures. En particulier lorsque l’auteure écrit sur un personnage du peuple d’Angelin, réputé pour leur grande beauté, à la lecture, on a vraiment une impression de personnages pleins de grâce, d’éducation et de noblesse. Ça donne au roman un aspect irréel, onirique, on trouve ce monde encore plus beau. Et cela permet aussi de dévorer trois fois plus vite les presque mille pages (que l’on ne voit pas du tout passer).

Puis Phèdre grandit, elle devient une jeune femme que l’on devine magnifique (cf la couverture qui illustre ce personnage !!). Elle se fait un ami, Hyacinthe, qui est loin des hauts cercles dans lesquels elle évolue et cette amitié est touchante. Un nouveau personnage apparait alors. Delaunay. Ah ! Delaunay. C’est lui qui découvre la nature de Phèdre, ce que signifie cette tâche rouge sang dans son oeil, c’est lui qui va faire d’elle quelqu’un d’important, d’essentiel. Il va faire d’elle une battante, une femme courageuse et travailleuse, quelqu’un d’admirable. Après Phèdre, aucun doute, c’est mon personnage préféré ! C’est un mentor, mais de ceux que l’on ne peut s’empêcher d’aimer. Un père qui nous guide sans vraiment montrer qu’il le fait, qui ne se confie pas beaucoup mais dont l’estime et l’amour qu’il porte à Phèdre sont indéniables. Elle n’est pas seule auprès de Delaunay, il y a aussi Alcuin, son compagnon d’étude, le second protégé du maître. On peut avoir l’impression qu’Alcoin est une vision parfois… Il est si frêle, si parfait. Il est une incarnation parfaite de la pureté d’une âme, seulement habitée par l’amour et on ne peut qu’être touché par ce personnage.

Phèdre apprend donc aux côtés de Delaunay ce qu’elle est réellement : une servante de Kushiel. Elle a grandi dans une des 13 maisons de La Cour de la Nuit, elle sait que son destin est de servir ; cependant servir Kushiel a des caractéristiques particulières, elle éprouvera le plaisir dans la souffrance. Elle devient donc une anguissette, ce que la Terre d’Angeline n’avait plus connu depuis longtemps. On suit donc son entraînement, le perfectionnement de son art, la maîtrise qu’elle est obligée de développer sur elle-même. L’auteure ne tombe jamais dans le vulgaire, principalement parce que Phèdre sert un Dieu et que cet aspect religieux rend sa soumission transcendante ; mais aussi grâce à la plume de l’auteure qui manie habilement l’érotisme, ce qui se différencie du pur texte pornographique.

Phèdre a quand même une fonction difficile à assumer et les étrangers aux pratique de la Cour de la Nuit ne comprennent pas son statut, elle est donc souvent considérée comme une simple catin. C’est notamment l’avis de son escorte, un serviteur l’Ordre de Cassiel, où la maîtrise de ses sentiments et pulsions est la clé, et dont la doctrine est de protéger et de servir. L’auteure crée ainsi une tension entre les deux personnages qui rend les moments qu’ils passent ensemble… plutôt électriques. Pourtant, ces deux-là n’ont d’autre choix que de faire équipe lorsque la deuxième fonction de Phèdre commence à énerver quelques personnalités. Delaunay est un homme intelligent et il a appris à Phèdre à être plus qu’une servante : c’est une espionne. Ainsi, le lecteur doit être très attentif durant les rendez-vous entre Phèdre et ses clients car l’auteure y distille les indices des intrigues de la Cour qui aident Delaunay à déjouer les complots politiques.

Là commence véritablement le roman. Et on passe, nous lecteurs, par des dizaines d’étapes. D’abord on est très enthousiastes que tout parte de travers, que la tension augmente, puis on commence à se demander ce qui va bien pouvoir advenir de tout ça, quand on découvre ce qui en résulte, là… on pleure. Oui, j’ai pleuré. Et vous aussi, si vous êtes vraiment pris dans le livre. Ensuite, évidemment, colère, envie d’assassiner tous les méchants, mais surtout le rythme ne diminue pas puisque Phèdre est partie sur les routes et qu’elle lutte pour sa survie. À partir de là, l’aspect épopée du roman se dévoile réellement.

On ne peut parler d’intrigue, mais d’intrigues. Il y en a tellement, elles s’entrelacent et se révèlent peu à peu, l’auteure a créé un monde si complexe et complet que tout se répercute sur tout et au final, ça donne l’impression que l’on ne connaîtra jamais entièrement le monde, sans pour autant laisser un sentiment de frustration, mais plus comme une invitation à imaginer le reste. La tension ne diminue pas et on ne peut que s’accrocher encore plus aux personnages.

Et puis, évidemment… Le personnage que l’on adore détester et qui nous fascine. Presque irréel, qui sait jouer de la psychologie, absolument addictif… Je n’ai pas les mots pour décrire ce personnage tellement il est unique… Mais je suis sûre que vous considérerez le pseudo de Mélisande (accrocdeslivres) d’une nouvelle manière si vous lisez le livre.

Quant à la fin, elle nous laisse tout simplement bouche bée. Pas au sens où elle nous scotche sur place, mais plus parce qu’on réalise à quel point on en veut toujours plus de ce monde, de ces personnages, on n’est pas rassasié pourtant le livre est très complet et il fait 959 pages, mais l’univers nous manque déjà et l’on a envie de savoir ce que l’auteure nous réserve pour la suite. Et puisque je l’ai lue, cette suite, je peux vous dire qu’elle est géniale, mais ça, ce sera dans une prochaine chronique.

Je vous invite à regarder tous les dessins et fan-arts réalisés sur la série, ils sont magnifiques (google image est votre ami).

Si vous voulez lire la chronique de Mélisande, c’est par ici !
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6 commentaires sur “Kushiel tome 1 : la Marque de Jacqueline Carey.

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