Coups de coeur !·Littérature Hispanique

L’ombre du vent (Le cimetière des livres oubliés tome 1) de Carlos Ruiz Záfon.

 

J’ai découvert Le palais de minuit (La trilogie de la brume tome 2) et Marina avant L’ombre du vent qui est en fait le tome 1 du cycle du Cimetière des livres oubliés. J’avais adoré Marina, je n’avais donc pas trop de doute par rapport à ce tome-ci. Et j’avais raison de ne pas avoir peur : ce roman est une aventure merveilleuse, humaine et terrible.

C’est l’histoire d’êtres humains. La vie de personnages. Deux vies étroitement liées. La vie de Daniel Sempere, un lecteur, fils de libraire, admirateur d’un auteur peu connu dont il détient un des rares exemplaires de son dernier roman ; et celle de ce fameux auteur. Daniel va tenter de percer le mystère autour de cet écrivain, Julián Carax dont un impitoyable bourreau brûle les livres, écrivain dont on a perdu la trace après 1919. Pour cela, il nous faut plonger dans une Barcelone ancestrale, peuplée de fantômes et de destins brisés.

Les ouvrages de cet auteur sont marqués par une atmosphère unique, sombre, triste, effrayante. Et pourtant, au fond, l’auteur semble nous accompagner, sa main sur notre épaule. Partagé entre la peur et la curiosité, on se promène dans cette Barcelone hostile, qui recèle de secrets. L’ambiance des romans de Záfon, il faut les lire pour l’imaginer. L’auteur nous balade dans cette ville dont il semble connaître les secrets les lieux les plus confidentiels, chargés d’histoires et de passé, autant terrifiants qu’excitants, nous sommes friands de progresser dans cette quête en même temps que le personnage, auquel on s’attache énormément, ainsi qu’à son entourage.

L’action démarre tout de suite : Daniel, escorté par son père, entre dans un lieu secret et y découvre un livre unique, pour lequel il se passionne et nous aussi. Il est frustrant de se dire que ce livre si merveilleux que l’a trouvé Daniel nous est inaccessible car fictif. Car oui, L’ombre du vent est un roman dans le roman lui-même. Une mise en abîme de ces deux personnages que sont le lecteur et l’auteur et comment, mutuellement, ils permettent à l’autre d’exister.

Ce livre va donc être l’objet chez Daniel, d’une quête, il va donner un coup de pied dans le nid et se créer quelques ennemis… Plutôt redoutables. Daniel se promène dans les rues, il a ses premiers amours, ses premières déceptions, il grandit… Puis il réalise qu’une ombre malfaisante le poursuit, décidée à s’accaparer du livre. En fait, L’ombre du vent est également un roman initiatique. Au début du roman, Daniel a 10-12 ans et on assiste, à travers les différents évènements, à sa croissance et comment cette oeuvre et cette quête détermineront certains aspects de sa vie. Ainsi, on lit un ouvrage aux aspects de biographie, de mémoires d’un personnages, combiné à de la romance, du mystère et des airs de fantastique.

Les ennuis de Daniel s’accentuent surtout lorsqu’un personnage de la police Barcelonnaise intervient, l’inspecteur Fumero, un être corrompu machiavélique, aux méthodes peu démocratiques (et c’est peu dire, l’histoire se déroulant sous le régime de Franco). Un personnage carrément sinistre dont on apprend, par la petite enquête que mène Daniel, les horreurs qu’il a commises. À glacer le sang.

Comme je le disais, ce sont deux vies étroitement liées. À travers Daniel, nous revivons le parcours de Julián Carax, si mystérieux, si secret. Découvrir sa vie, les drames de son existence avec la plume de Záfon devient de vraies leçons de valeurs morales. On ne peut pas lire un roman de cet auteur sans le refermer en se sentant plus humble, plus reconnaissant. C’est là la force de cet écrivain. On s’attache démesurément à ce Julián. C’est un personnage bouleversant, habité et passionné par l’écriture et les livres et l’amour, un feu qui le dévore et qui nous dévore, si bien que l’on ne veut pas quitter ce personnage.

La fin m’a faite pleurer comme une madeleine. Sur la 4e de covuerture de l’édition au format poche de l’ouvrage est indiqué « Záfon lie avec ce roman la littérature et la vie » et il n’y a pas de meilleure définition.

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4 commentaires sur “L’ombre du vent (Le cimetière des livres oubliés tome 1) de Carlos Ruiz Záfon.

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