Littérature Française

Le château de Pictordu de George Sand

J’aime beaucoup George Sand, je l’ai découverte en première ou seconde, je ne me souviens plus très bien. Avec Elle et lui, que j’ai adoré, une histoire d’amour poétique, magnifiquement écrite (inspirée de sa relation avec Alfred de Musset). Puis j’ai lu François le champi, et c’était absolument trop mignon comme lecture, et à la fois toujours aussi juste, humain et tellement bien écrit. Après ça, j’ai essayé de trouver ses autres oeuvres, et il y a quelques semaines, j’ai acheté ce petit livre, dans une édition toute mignonne, reliée et cousue de chez Slatkine éditions !

Le château de Pictordu est un petit conte dans lequel on suit Diane, une fillette qui, malade, quitte le couvent où elle se formait à devenir une jeune femme accomplie à défaut de pouvoir recevoir une éducation de sa belle-mère, son père, un peintre bourgeois s’étant remarié avec une jeune femme très futile, jalouse et… bête. Alors qu’ils ont un accident avec la voiture (on est au XIXe, donc bon, le terme est relatif), ils doivent passer la nuit dans un château abandonné, qui donne son titre à l’oeuvre. Diane, toujours fiévreuse, y fait la connaissance de la Dame Voilée, qu’elle est la seule à pouvoir voir. En cette personne, Diane voit un ange à qui elle donne l’image de sa défunte mère et cette vision la poursuivra lors de chacun de ses accès de fièvre, la fillette étant de constitution fragile.

Comme dans la Vénus d’Ile de Mérimée, George Sand joue avec le fantastique classique : on ne sait jamais si ce que voit Diane est issu de son imagination débordante, et de son manque affectif… Pourtant, on adhère, on se laisse porter par cette histoire légère et cette héroïne curieuse et à laquelle on s’attache si facilement.

Plusieurs personnages gravitent autour d’elle, mais l’on se prend beaucoup d’attachement envers son père qui tente de faire au mieux, tout en commettant certaines erreurs ce qui ne le rend que plus humain. La relation entre la fillette et son papa nous attendrit et sa fascination pour le métier de celui-ci est touchante ; même dans les périodes sombres, elle est sa première fan, son pilier. J’ai aimé retrouver les personnages de cette auteure, toujours un peu pleins de bons sentiments, toujours un peu faillibles, toujours tellement humains, pourvus d’une innocence qui empêche de prendre l’oeuvre au sérieux et qui la rend accessible à tous, tout en faisant qu’on la lit très rapidement. C’est en effet un tout petit conte de 150 pages que l’on lit en une petite heure, le sourire aux lèvres et notre imagination répétant et après tout, pourquoi pas !

Diane est fasciné par ce château si négligé par ses propriétaires, ruinés qui ne peuvent plus l’entretenir ; et par conséquent, nous sommes aussi intrigués par cet étrange lieu. J’ai trouvé dommage que le roman soit si court, j’aurais vraiment aimé parcourir toutes les pièces de ce mystérieux château où tant d’activité eurent lieu lorsque la famille Pictordu était encore riche et concentrait l’attention des Nobles. Le roman ne nous permet pas d’en découvrir tous les secrets, mais notre imagination comble les trous. Ce lieu entouré de mystères n’a pas manqué de me rappeler l’intrigue au coeur du film d’animation Les souvenirs de Marnie des studios Ghibli (qu’il faut absolument voir !).

En plus de réfléchir sur la condition de la femme -thème qui revient souvent dans mes lectures actuelles, sans que je ne le recherche particulièrement, bien que j’apprécie de le voir traiter si fréquemment, ce roman pose des questions sur le deuil. Diane ne réalise pas tout à fait que sa belle-mère n’est pas une substitution de la sienne disparue, que le manque est vraiment là mais qu’elle n’a juste pas encore compris le concept de disparition et lorsqu’elle le fait, on ne peut s’empêcher de ressentir un pincement au coeur, le livre perdant pour quelques pages son ton léger. Et c’est aussi ce que vient lui faire comprendre cette apparition, qui la pousse peu à peu vers l’âge adulte et à se réaliser elle-même.

Ainsi, ce fut une lecture rapide, mignonne, très bien écrite et à la portée des tous. George Sand est une porte ouverte pour commencer à faire lire les classiques aux plus réticents. Et sinon, que cela a-t-il de contraignant de se plonger dans ce petit univers pour seulement 150 petites pages ?

Publicités

Je suis une grande bavarde, si vous aimez papoter aussi, dîtes-moi ce que en avez pensé de votre côté, par ici !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s