Littérature Française

Extramuros de Philippe Nicholson.

Dans le cadre de mon partenariat avec les éditions Kero, j’ai eu l’opportunité de lire Extramuros, un roman de Philippe Nicholson et je les remercie tout particulièrement pour cette très bonne découverte ! Le résumé m’avait vraiment intriguée et j’étais curieuse de voir ce que pourrait en faire l’auteur. J’ai été vraiment agréablement surprise du résultat.

Philippe Nicholson nous propose un futur relativement proche dans lequel les entreprises sont devenues si puissantes qu’elles surpassent les pays. Elles ont créé des zones d’affaires, villes-états au sein même des pays, où le confort et la sécurité sont offerts aux employés, quand le reste des pays n’est que ruines. Ainsi, nous suivons Max, qui vit avec sa mère dans une zone d’affaires en Irlande et qui vient quelques temps chez son père, Fjord, qui vit à Marseille depuis son divorce, dans une précarité importante, seul avec ses livres et sa machine à café. Pourtant, lorsque les zones d’affaires planifient un projet d’une toute autre envergure… Max se rapproche d’un mouvement contestataire et d’un personnage qui pourrait bien le contraindre à s’exposer au danger. Fjord va devoir tout abandonner pour protéger son fils.

L’histoire nous happe avec des personnages auxquels on s’attache rapidement. Fjord nous donne l’impression d’être un vieil ours solitaire, bougon et passif, quand Max apporte le dynamisme propre à son âge, la curiosité et l’engagement, la croyance en un idéal illusoire. Par contre, je ne me suis pas forcément attachée à sa mère, que l’on connait peu au final. Il y a également Camille, la journaliste contradictoire, enfant de la rue, elle rêve de vivre en zone d’affaires, tout en en mesurant les dangers. J’ai beaucoup apprécié le fait que Flynn O’Connor, le contact de Max dans le mouvement contestataire, ne soit pas diabolisé ; l’auteur joue sur l’ambiguïté de ce personnage. Le manichéisme n’a rien de réaliste et l’auteur l’a bien compris. Le grand méchant de l’histoire, Ted Muller Smith, a d’ailleurs des failles, il n’est qu’humain après tout.

Vous savez que la dystopie populaire, en jeunesse, n’est plus vraiment ce que je préfère… Ce qui fait que ce roman fonctionne par contre, c’est qu’il dépasse la simple dystopie. Après tout, que faudrait-il aujourd’hui pour que les entreprises en viennent à ce degré de pouvoir ? Pas grand chose et c’est ce qui nous fait le plus peur. Ce sont elles qui ont les moyens financiers et Philippe Nicholson montre qu’à partir de là, il ne reste plus grand chose pour les arrêter.

L’intrigue et les plans des zones d’affaires se dévoilent peu à peu, dans une alternance de points de vue entre les différents personnages qui crée le système et tient en haleine le lecteur. On apprend par bribes les clés de l’intrigue et les vraies motivations des personnages, c’est bien mené, bien ficelé et surtout, on avance rapidement, c’est un livre qui se lit très vite – à peine 400 pages.

Le plus intéressant pour moi a été la remise en question que cette lecture suppose pour le lecteur… En effet, on ne peut pas savoir comment on réagirait, quels seront nos choix (ça me fait penser à la chanson de Goldman, Si j’étais en 17 à Leidensadt). On est trop habitués au confort qu’offre l’électricité, internet et le pouvoir d’achat pour cela. Car c’est à tout cela que doivent renoncer ceux qui ne travaillent pas pour les zones et qui vivent en dehors. On ne peut pas se résoudre à vivre avec ses livres et son café… Ça, c’est seulement dans nos rêves. On veut aussi pouvoir se vêtir, manger chaud, avoir une voiture ou les transports en commun. Le lecteur rêve et aspire à faire partie du camp des méchants et cet état de faits est particulièrement intéressant.

La fin porte toujours le message d’un monde qui n’a rien de manichéen… Et si j’ai apprécié cela, je dois dire qu’elle n’arrive pas à l’intensité du reste du roman. On découvre des personnages authentiques, forts, engagés, qui mènent une vie qui n’a rien de simple et qui font de leur mieux, ou du moins ils essaient. C’est un de ces romans qu’il faut lire de temps en temps, pour ne pas oublier qu’il faut savoir prendre du recul par rapport à notre situation, l’état actuel du monde et notre dépendance à certains aspects matériels qui entraînent des conséquences que l’on ne soupçonne pas si l’on reste enfermé dans la bulle de confort que nous nous sommes confectionnés.

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Un commentaire sur “Extramuros de Philippe Nicholson.

  1. Une bonne lecture pour moi aussi – je l'ai terminé hier soir, et j'en parle sur mon blog aujourd'hui. J'ai trouvé à ce roman une actualité brûlante, aussi en raison du regard porté sur une certaine écologie. Cela, sans parler de la symbolique des murs, fussent-ils électroniques… Je vous souhaite une bonne soirée!

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