Coups de coeur !·Littérature Anglophone

Le sorcier de Terremer (Terremer 1) d’Ursula Le Guin.

Ursula K. Le Guin est une auteure américaine célèbre de romans de fantasy. Dernièrement, le fils de Miyazaki, Goko Miyazaki a adapté Les contes de Terremer (un recueil de nouvelles qui se situe après le 4e tome de la saga) ; c’est d’ailleurs par le biais du film d’animation que j’ai découvert ces romans et l’auteure. Fille d’un père ethnologue et d’une mère écrivaine, Ursula K. Le Guin crée avec cette saga un univers riche et complexe, qui a sa propre géographie et ses propres langages. Elle est publiée en France chez Robert Laffont et au format poche chez Le livre de Poche, qui a pris la décision d’assembler les trois premiers tomes du cycle dans une anthologie intitulée Terremer. En anglais, ce roman a été publié en 1968 et 1972 pour l’édition chez Grasset, c’est donc un ouvrage de fantasy plutôt traditionnel et dont l’action est différente de ceux que l’on peut lire aujourd’hui.

C’est l’épopée de Ged, jeune garçon vivant à Gont dont les pouvoirs prometteurs attirent le mage Ogion, avec qui il apprendra la patience et la sagesse, puis choisira d’aller étudier la magie sur l’Ile de Roke, où il sera fait sorcier à son tour. Pourtant, l’utilisation de la magie a toujours un prix, et Ged l’apprendra à ses dépends. Désormais en danger, et en représentant un pour les siens, Ged va devoir prendre les devants et affronter ce qui pourrait bien le conduire à sa mort.

C’est un roman très court, que l’on dévore rapidement. L’écriture est fluide, poétique et l’on retient surtout l’ambiance, l’épopée initiatique, sur fond philosophique. Les aventures se succèdent rapidement, le personnage principal vit des missions dans chacune des îles qu’il traverse. Le tout se concentre en 200 pages, et si cela peut effrayer et paraître très elliptique, cela n’empêche pourtant pas l’auteure de créer des civilisations riches et d’en développer les coutumes, les us, la langue et la culture de chacune ; d’en conter les chants et les héros, les mythes et les légendes. Terremer a une géographie particulière et pourtant, l’auteure parvient à nous familiariser avec ce monde en quelques pages, sans rendre le tout lourd ou compliqué, si bien que la lecture en très agréable et pleine de découvertes.

J’ai beaucoup apprécié le caractère vagabond qui caractérise le pèlerinage du héros, qui n’est autre qu’à la recherche de sa propre personne, au final, puisqu’il est, en quelque sorte, son propre ennemi. Le narrateur n’hésite pas à révéler les futures actions, succès ou affronts que subira Ged, et loin de nous donner le sentiment d’être spoilé, le lecteur se sent au contraire, assuré de lire une oeuvre que l’auteure maîtrise, connait, a pensé et travaillé et dont les actions amènent conséquences heureuses ou sévères leçons. Le roman a cela d’original que les barbares sont blonds aux yeux bleus, la population de l’Archipel étant caractérisée par une peau que l’auteure décrit « brunie comme la terre ». Quand on sait que le roman a été publié en 1968, dans un pays aussi conservateur que les États-Unis, on peut saluer l’initiative !

L’absence de manichéisme est également quelque chose que j’ai beaucoup apprécié dans le roman. L’homme y est un danger pour lui-même, ses actes ont des prix et c’est une leçon qu’il est important d’inculquer, surtout dans les ouvrages de jeunesse. La magie n’y est pas présentée comme un jeu. Le jeune Ged y voit une source de pouvoirs, d’autorité et d’orgueil. Pourtant, bien vite, il va comprendre qu’il est dans le tort, non sans en avoir souffert de prime abord. C’est intéressant de lire des oeuvres où la magie n’est pas un don béni qui permet de transcender la nature humaine, mais qu’elle a ses limites et sa noirceur.

C’est donc un roman qui peut se lire dès 10 ans, et qui peut quand même plaire à un public adulte ! Plutôt pour un public qui voudrait s’initier à la fantasy, cependant, ou qui recherche le caractère de l’épopée et pas forcément l’action à chaque page. Je commence désormais la lecture du tome deux qui évoque toujours l’épopée de Ged, mais nous fait également découvrir le personnage de Tenar (que l’on connait dans le film d’animation) ; et que j’apprécie beaucoup pour l’instant.

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2 commentaires sur “Le sorcier de Terremer (Terremer 1) d’Ursula Le Guin.

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