Littérature Anglophone

L’ultime Rivage (Terremer 3) d’Ursula K. Le Guin.

J’avais particulièrement hâte de découvrir ce troisième tome. En effet, on y rencontre le personnage d’Arren, qui figure parmi les personnages principaux dans le film d’animation et qui m’avait beaucoup intriguée. Je vous prépare un petit billet sur le film qui, après lecture de la saga originale, s’avère très éloigné de l’histoire qu’a pu écrire Ursula K. Le Guin mais qui n’en perd pas sa magie pour autant. Ainsi donc, j’ai achevé la lecture de L’ultime Rivage et une fois encore, ce fut une très belle lecture.

On retrouve Ged dans une nouvelle quête. Des rumeurs courent dans Les Marches du Sud selon lesquelles les sorciers et les mages perdent les mots de pouvoir. Lorsqu’Arren, prince d’Enlade vient confirmer ces bruits, alors qu’il vient du nord de Terremer… Toute cette histoire commence à être prise avec sérieux par les mages de Roke, dont Ged est devenu l’Archimage. Afin de se rendre compte et de découvrir la source de ce mal, Ged, accompagné du jeune Arren entreprend une quête qui les mènera de l’autre côté du muret, celui qui sépare le monde des ténèbres, qui délimite le monde des morts de celui des vivants.

Le film d’animation s’appuie sur le désir des hommes à atteindre l’immortalité et c’est dans ce tome que l’on retrouve ce thème. En effet, il semblerait que l’immortalité constitue un désir plus ardent que la nature de sorcier chez les mages. L’auteure évoque ainsi, une fois encore, des leçons de vie, en philosophant sur la nécessité de la mort comme condition à la vie. Arren, prince mais simple humain, ne peut s’empêcher d’y aspirer lui aussi. Pourtant, aux côtés de Ged, il prend conscience des limites de ce désir.

Ce que j’ai le plus apprécié dans ce tome a été de voir combien les évènements passés de la vie de Ged, qui est relativement âgé à ce stade (50 ans alors que dans le 1r tome, on le suit de ses 10 ans jusqu’à ses 20-25 ans environ et un tout petit peu plus âgé dans le second tome), ont un impact constant sur sa personne. Ici il apparait comme le sage dans les romans de fantasy traditionnels. Pourtant, l’auteure n’en fait pas un personnage dont la sagesse, la connaissance, ou la droiture seraient innées en lui : au contraire, elle montre les limites de ce personnage, le fardeau qu’il porte dû aux conséquences de ces actes, de ses accès d’orgueil lorsqu’il était plus jeune ; et surtout combien tout cela le poursuit encore aujourd’hui et façonne son comportement actuel. Elle montre aussi ses faiblesses, combien il préférerait faire l’autruche, perdu au milieu de l’océan plutôt que de confronter cet ennemi, plutôt que de prouver ce qu’il fait qu’il mérite le statut de protecteur de Roke. Mais parce qu’il va de l’avant, affronter l’ennemi de son propre chef, parce qu’il n’écoute pas sa peur, sa paresse ou son égoïsme, c’est cela qui fait de lui un personnage honorable et impressionnant. Ged, c’est vraiment le pilier de cette saga pour moi, le personnage le plus attachant que j’ai pu lire depuis de nombreuses lectures.

En plus d’en apprendre donc toujours plus sur ce personnage et de découvrir celui, sympathique, doux et curieux d’Arren, on découvre aussi une partie encore méconnue de Terremer qui est le Sud de l’univers, et aussi les contrées où vivent les légendaires dragons. L’auteure développe aussi sa vision de l’au-delà, dans lequel pénètrent même les héros. Tout cela rend ce tome plus grave, plus réaliste, plus réfléchi et abouti que les deux premiers tomes, d’autant qu’il est un peu plus épais. Il est vrai que le thème constant de la mort n’aide pas à donner la légèreté des premiers tomes dans lesquels Ged s’initie à la magie. On découvre notamment le Peuple des radeaux qui, comme son nom l’évoque, vit sur la mer et ne met pied à terre qu’une fois l’an, pour réparer ses bateaux. Ce fut une partie du roman que j’ai apprécié tout particulièrement, une pause dans la quête de Ged et d’Arren.

J’ai un peu plus de mal à parler de ce livre que des précédents parce qu’il est plus complexe, plus sombre et plus riche. Mon coup de coeur se porte sur le second tome parce qu’il m’a vraiment fait voyagé, m’a émerveillée tandis que celui-ci fait beaucoup plus réfléchir sur soi, sa vision de la vie, son rapport à l’instant présent ; c’est un roman qu’on lit pour soi, pour se trouver et mieux se connaître, et je suis vraiment contente d’avoir pu le lire. J’ai hâte de retrouver Ged et Tenar pour d’autres aventures dans Tehanu.

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Un commentaire sur “L’ultime Rivage (Terremer 3) d’Ursula K. Le Guin.

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