Jeunesse

Revenante (La Marque des anges 2) de Laini Taylor.

Après ma lecture du premier tome, je me suis jetée sur la suite, même si je savais que, sans le tome 3, c’était courir le risque de rester sur ma faim. Gros pavé de six cents pages en grand format, ce livre est plus sombre encore que le précédent, plus psychologique. Plongé dans le monde des chimères et des séraphins dans un conflit ancestral, un monde déchiré par le sang et les massacres. J’ai adoré ce deuxième tome autant que le premier.

Revenante, ou Jours de sang et lumière des étoiles (parce que les traductions françaises sont toujours très éloignées) reprend là où s’arrête Fille des chimères, mais du point de vue d’Akiva dans un premier temps. Ce dernier est à la recherche de Karou qui, après les révélations qu’il lui a fait, a disparu. Il ignore dans quel monde elle se trouve, ou même si elle est toujours vivante. La cherchant en vain, il va finir par rallier les Illégitimes où, par choix, il va travailler à la survie des chimères tout en travaillant pour les séraphins. Désir de se racheter, désir de mettre un fin à cette guerre sanglante et surtout, grand besoin de faire du monde dont Karou et lui rêvaient, une réalité. On dispose également du point de vue de Zuzana, qui décide elle aussi de chercher Karou, au péril de sa vie…

Il faut attendre quelques chapitres avant de voir apparaître Karou, de découvrir ses choix et combien les vérités qu’elle a dû encaisser lui sont insupportables. Perdue, elle a fait un choix radical, qui la pousse à prêter main forte à ceux pour qui elle est et restera une traîtresse. Mais y a-t-il vraiment un bon choix ? Un bon camp ? La guerre n’est-elle pas, par définition, une erreur ? Un crime ? Karou ne contribue-t-elle à cette horreur ? C’est la question que pose l’auteure. Et tout le livre, elle le montre : l’horreur de la guerre, l’absence de points positifs, l’absence de gloire, l’absence de justification. Et les morts, les pertes, le sang des innocents qui coulent au nom des meneurs : Jorman, le seigneur seraphin, ou le chef des rebelles chimères, l’un des derniers survivants de son espèce… Les soldats se contentent d’obéir, après tout, dégoûtés, meurtris, traumatisés. Et ce n’est pas sans rappeler un certain pays et ses agissements, un peu partout dans le monde, du XXe siècle jusqu’encore aujourd’hui.

On fait la connaissance de nouveaux personnages et on apprend à en connaître mieux d’autres. Comme Ziri, figure du passé retrouvé de Karou, qu’elle va tenter d’épargner au prix de sa sécurité. Ou Mik, le petit-ami de Zuzana qui prend plus d’importance dans ce second tome. Mais c’est surtout un personnage que l’on ne s’attendait pas à revoir que l’on redécouvre… Quelqu’un dont on se serait bien passé. Ami ou ennemi, on danse d’un pied sur l’autre, et l’auteure n’a pas son pareil pour effrayer son lecteur à coup de menaces semi-voilées et de manipulations perverses. J’ai adoré détester ce personnage et j’ai aimé combien l’auteure a joué sur la psychologie de Karou au point de la rendre, tout d’abord, relativement passive, puis de la faire se réveiller, se rebeller, lutter pour ce qu’elle pense être une cause juste et protéger les siens. J’ai aimé combien elle fait prendre son temps à l’histoire, aux sentiments, à la psychologie, comment elle rend le tout mâture, réfléchi, travaillé, dense et complexe. Combien rien n’est laissé au hasard ou ne sembler tomber comme un cheveu sur la soupe.

Comme dans le premier tome, la visée jeunesse du roman se caractérise dans la romance. Pourtant, rien n’est pardonné, rien n’est oublié… Tout est en suspens : compliqué, brisé, à reconstruire, réapprendre à se connaître et accepter les erreurs passées. Grandir à partir d’un passé commun et d’erreurs à ne pas refaire. Mais garder espoir et demeurer solidaire, s’apprivoiser tout en respectant les choix d’autrui. Le principal, c’est d’être ensemble, de s’entraider. De ne pas laisser la haine et la soif de puissance séparer les êtres. Une leçon qui n’est pas que valable dans le pays d’Eretz !

L’écriture est toujours aussi profonde, poétique et délicieuse. Le fait que le roman soit plus noir, brutal, cruel et psychologique permet à l’auteure d’écrire avec encore plus d’emphase tout en donnant naissance à un texte de 559 pages qui sonne juste, réaliste et terriblement déchirant. Laini Taylor est une auteure, il n’y a pas d’autres mots. Et son monde, son imagination… me fascinent ! J’ai hâte de lire la suite, Dreams of gods and monsters, que j’ai acheté en anglais car je n’ai pas réussi à trouver de date de parution française.

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2 commentaires sur “Revenante (La Marque des anges 2) de Laini Taylor.

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