Littérature Anglophone

Tehanu (Terremer 4) d’Ursula K. Le Guin.

Les trois premiers tomes ont été des coups de coeur énormes et je me suis vraiment attachée à ce monde, aux personnages et à l’écriture douce, poétique et rêveuse d’Ursula K. Le Guin. Aussi, j’ai continué avec ce tome 4, Tehanu, qui introduit ce personnage qui donne son titre au livre et que j’avais découvert dans le film d’animation. Cependant, ce tome est différent des trois précédents et si je pensais que mon préféré était le deuxième, celui-ci a pris sa place dans mon coeur (et encore ! je n’ai toujours pas l’ultime tome de la saga !).

Tehanu se passe bien des années après, alors qu’Ogion meurt après avoir recueilli auprès de lui Tenar, qu’il a formé avant de la laisser partir se marier, avoir des enfants et une vie à elle. Ged, lui, est devenu un oiseau solitaire, délaissant même Arren, nouveau roi des îles de l’Archipel, réunifiant enfin les royaumes. Tenar a adopté une petite fille, puisque ses enfants sont grands et n’ont guère plus besoin d’elle et que désormais veuve, elle a le temps pour s’occuper de cette enfant que l’on a battue, violée puis immolée et qui est une miraculée. Tehanu, ainsi qu’elle l’a nommée, est une petite sauvageonne dont le corps, meurtri, à fait d’elle un être méfiant et distant. Pourtant, lorsque ses agresseurs reviennent à la charge, Ged va devoir prêter main forte à Tenar afin de les protéger toutes deux des horreurs que peuvent commettre les humains sur leurs pairs.

Ce livre est très différent. Il y a certes l’ellipse d’environ vingt ans qui marque la différence, mais également la noirceur dont il est empreint encore plus que les tomes précédents et dont Tehanu est le symbole. Tenar a vécu une enfance de cauchemar dans les sombres tombeaux d’Atuan, mais l’histoire de Tehanu est tellement horrible, et son châtiment est gratuit, ses agresseurs jamais rassasiés, qui la traquent comme une proie légitime qui devrait être satisfaite de son sort… Femme-enfant (puisque violée mais qui a à peine 6 ans), ce roman dénonce à quel point la femme peut être perçue comme un objet et utilisée à des fins purement pratiques sans aucune forme de remise en questions. Plus tard, lorsque les agresseurs de la petite tenteront de s’en prendre également à Ténar, les propos qu’ils tiendront ne sont pas loin de donner envie de vomir. Ursula Le Guin réussit ici le pari de créer des personnages antagonistes véritablement effrayants et répugnants alors qu’absolument dénoués de pouvoir, totalement humains… mais dénués de conscience.

Ged a perdu ses capacités d’Archimage en permettant à Arren et lui de revenir du royaume des Morts et il n’a pas encore appris à recommencer à vivre avec cette nouvelle condition. Il est une âme en peine et il trouve auprès de Tenar un foyer et une épaule pour l’aider à remonter la pente… J’ai été heureuse de ce choix, de ce rapprochement entre ces deux personnages que j’avais deviné dans le film d’animation mais que je craignais de ne pas découvrir dans les livres -la romance étant presque inexistante dans la saga.

Ce tome est très court, mais il suffit à découvrir le personnage de Tehanu, aussi appelée Therru, qui est aussi sauvage et distante que dans l’adaptation de Goro Miyazaki. Je me suis pourtant beaucoup attachée à elle. Elle est humble et courageuse alors que la vie ne l’épargne pas le moins du monde. J’aime son dévouement pour Tenar et combien on constate son amour pour ce foyer qui lui est offert, comme une récompense pour toutes les épreuves qu’elle a subi. Il y a également sa véritable nature, qui fait d’elle un personnage exceptionnel et l’élève au-dessus des humains.

Je me demande ce que nous réserve le dernier tome, mais je ne tarderai pas à le découvrir puisque je me le suis procurer -à voir dans le In my mailbox de cette semaine, ou de la suivante. Je suis triste d’avance à l’idée qu’il ne me reste qu’un tome et les nouvelles à parcourir avec ces personnages, dans cet univers qui aura su m’embarquer et me faire rêver ! Une chose est sûre : je lirai d’autres oeuvres de l’auteure.

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Un commentaire sur “Tehanu (Terremer 4) d’Ursula K. Le Guin.

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