Jeunesse·Partenariats

Inaccessible (Inaccessible tome 1) de Jessica Brody.

 

Il y a quelques semaines, j’ai été contactée pour chroniquer des livres des éditions Au Diable Vauvert. À l’IUT d’Aix, Marion Vazauric, la directrice de ces éditions, enseigne la licence édition ; depuis deux ans, je m’intéresse un peu plus à cette maison d’édition, de fait. En plus, ils ont les droits de traductions de Neil Gaiman, que j’ai très envie de découvrir -j’ai Coraline en VO dans ma PAL. Il y a quelques jours, c’est cependant avec Jessica Brody que j’ai lu mon premier livre de chez eux.

Quand j’ai reçu Inaccessible, je suis restée bête. La littérature jeunesse, c’est souvent de beaux livres objets. Mais celui-ci est franchement travaillé ! La couverture est magnifique comme vous avez pu le voir ci-dessus. La quatrième de couverture aussi, le tout est un jeu de polices de caractères dans un cadre : sobre, mais aéré et intrigant. Ce qui m’a scotchée, c’est surtout le dos (ce qui est souvent appelé à tort la tranche) : on y retrouve le nom des éditions, la catégorie (young adult), le nom de l’auteure, et bien sûr le titre, mais dont la mise en page est aussi travaillée ! En France, nos dos sont souvent fades, alors que le monde anglophones en produit de toutes les couleurs, jouant sur les matières -papiers gaufrés ou irisés.

En ouvrant, le livre, on retrouve une photo de l’auteure et un sommaire des chapitres. J’ai beaucoup apprécié le papier, qui n’est pas sans rappeler celui utilisé dans les paperbacks anglais : un peu écologique, pas tout à fait blanc, et dont le toucher est plus agréable, je trouve. L’écriture est claire, et surtout relativement grande ! Ce que j’apprécie beaucoup avec mes lunettes – là je pense aux éditions Milady ! Le livre-objet avait donc déjà récolté de nombreux points positifs !

J’ai un peu grincé des dents en voyant la mention young adult, genre dans lequel j’ai eu des déceptions récemment. Pourtant, au final ça correspond peu au livre qui est plus un roman d’anticipation jeunesse et relativement mature en fin de compte.

Inaccessible, c’est l’histoire d’une jeune fille amnésique retrouvée sur le lieu d’un crash d’avion. Elle pense être en 1609, et n’a aucun souvenir sur rien. Elle ne sait pas nommer les objets du quotidien -environ notre époque – mais parle mystérieusement plusieurs langues. Elle est retrouvée sans indice concernant son identité. Mais des gens se déclarent très vite proches d’elle ; pourtant elle reçoit la visite d’un garçon qui dit la connaître et la met en garde : elle serait recherchée par des gens peu fréquentables. La jeune fille, surnaturellement belle et exceptionnellement intelligente, qui a jusqu’oublié son propre prénom, a-t-elle de si gros secrets qu’elle est convoitée par des hommes dangereux ?

Jessica Brody m’a bluffée. Je ne m’attendais pas à aimer autant ce livre, mais il est écrit avec tant de justesse, il est tellement psychologique. La jeune fille que l’on suit – et que l’on finit par nommer Violette, bien que ce ne soit pas son vrai prénom – est perdue et l’auteure le montre : on la voit apprendre des mots, des concepts, des réflexes et des expériences basiques, du quotidien ; sa psychologie est travaillée, étudiée, on a vraiment le sentiment qu’elle est amnésique, et pas juste estimée comme telle. L’auteure a su, avec habileté, en faire une héroïne mâture : elle pique des crises de colère de frustration à ne pas savoir qui elle est, mais elle ne se comporte pas comme une simple gamine de seize ans insupportable comme on en lit trop dans le genre du young adult. Cette maturité chez le personnage, le fait qu’elle se sente perdue, qu’elle prenne le temps de comprendre ce monde qu’elle redécouvre… que l’histoire prenne son temps, ça m’a vraiment permis de m’attacher à l’héroïne. Elle ne sait pas qui elle est, ni ce qu’elle aime, elle a donc parfois des réactions surprenantes ; mais elle est intelligente, curieuse et forte.

J’ai aimé tous les personnages de cette histoire, en fait. Le couple de famille d’accueil chez qui elle est placée sont des gens adorables. Ils font de leur mieux, même quand la jeune fille présente des caractéristiques étranges, ils sont bons pour elle. Leur fils, Cody, est d’une vraie aide pour l’héroïne, du haut de ses treize ans, je l’ai trouvé trop mignon. Je n’ai pas d’autre mot. Un peu geek, un peu ronchon, beaucoup adolescent. Mais touchant et surtout, au fond, gentil. Le petit frère qui manque souvent dans les histoires, qui est là pour détendre l’atmosphère et nous faire rire, comme dans The darkest minds d’Alexandra Bracken -d’ailleurs beaucoup de choses dans ce livre m’ont fait penser à cette trilogie que j’adore aussi. Je me suis aussi attachée au mystérieux garçon : intrigant en effet, mais courageux, protecteur et faillible. Pas lover-tout-mou, même si lover un peu quand même. On sent qu’il apporte de l’affection à l’héroïne, tout en la rendant plus forte ; il la rend complète, sans la brimer, ou la croire incapable d’agir par elle-même. Et bien sûr, il l’alerte sur les dangers qu’elle encourt.

Dans ce premier tome, les méchants sont à portée de mains, font quelques apparitions, mais représentent surtout une entité menaçante ; mais pas encore tout à fait accessible non plus. On déblaie d’abord les secrets qui motivent leur traque. Ce qui crée, au final, un livre pleins de révélations, mais qui surviennent par étapes, qui permettent à l’héroïne de faire son petit bout de chemin avec logique, tout en gardant le rythme du livre soutenu. Le véritable affrontement se fera, je pense, dans le tome deux… Et ça promet du lourd, vu ce qui est en jeu.

Ce qui m’a donc convaincue dans ce livre, au-delà de l’histoire bien menée, bien ficelée, dont les secrets se révèlent tout au long du tome, allant de révélations en révélations et éclairant l’histoire si confuse de notre héroïne, c’est le caractère travaillé de l’histoire et l’écriture. L’amnésie ici, est étudiée de l’intérieur, l’utilisation de la première personne du singulier apporte énormément, on assiste à chaque interrogation du personnage. Le livre va être adapté au cinéma… Eh bien, comme dans Divergent, ne pas disposer de toutes ces réflexions, de tout ce qui se passe dans la tête de l’héroïne risque de faire perdre tout l’intérêt de l’histoire. Quant à l’écriture de l’auteure, c’est certain que cela sera ma plus grande motivation pour lire autre chose d’elle : douce, profonde et très personnelle.

J’ai adoré la fin. Elle est un concentré d’action, de sentiments et d’angoisse. On a peur pour les personnages, on anticipe sur le tome 2 et pourtant, tant de questions restent en suspens ! Je suis vraiment surprise par combien j’ai pu m’attacher aux personnages et à leurs destins.

Je remercie Anaïs Hervé, pour m’avoir permise de découvrir ce livre. C’est un livre que je conseille à tous ceux qui ont aimé Forgotten de Cat Patrick et qui recherchent quelque chose de similaire, mais plus mature. Il va falloir attendre le 1 avril 2016 pour découvrir la suite en français ! Mais il est déjà disponible en V.O. !

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Un commentaire sur “Inaccessible (Inaccessible tome 1) de Jessica Brody.

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