Littérature Nordique

Le mec de la tombe d’à côté (tome 1) de Katarina Mazetti.

Ce livre, c’est un coup de coeur pour beaucoup de lecteurs et lectrices sur la blogosphère. Du coup, quand j’ai vu qu’en plus, le personnage principal était une bibliothécaire, je me suis dit quand même faut que tu le lises ! Je ne lis pas beaucoup de littérature nordique. À part Millénium, c’est honteusement que j’avoue n’avoir rien lu d’autre. Mais Katarina Mazetti m’intriguait de plus en plus avec ses titres de livres carrément dingues : Entre Dieu et moi, c’est fini. Pour celui-ci… Je dois avouer que jusqu’à la moitié, je n’étais pas vraiment convaincue. Mais la fin a relevé le tout et je suis plutôt contente de cette lecture, en fait.

Désirée, bibliothécaire, veuve de 35 ans, passe sa pause déjeuner au cimetière, sur un banc près de la tombe de son mari. Elle est relativement solitaire, grande consommatrice de culture et  célibataire depuis la mort de son mari -survenue 5 ans plus tôt. Pourtant, sur l’énorme tombeau d’à côté -qu’elle ne manque de juger : trop voyant, trop pompeux, etc- vient se recueillir un homme qui ne manque pas d’attirer son attention. Au début comme chien et chat… Puis un peu plus que ça. Désirée va découvrir que tomber amoureuse de Benny n’est pas aussi simple que ça.

C’est un livre un peu bizarre, très caustique, très humoristique, qui évoque le quotidien et des personnages ordinaires. Désirée est une simple bibliothécaire, responsable du rayon jeunesse, qui ne s’entend pas forcément avec ses collègues, on la juge beaucoup, on l’abuse beaucoup : pas d’enfants, donc on la fait travailler le dimanche, on lui adresse des remarques désobligeantes « tu as le temps désormais puisque tu es veuve« . Psychologiquement, c’est pas le top. Je me suis rapidement attachée à ce personnage, elle est quand même assez bizarre, assez tête en l’air. Mais j’ai aimé son originalité, sa soif de culture et ses réflexions parfois farfelues. Benny est chouette aussi, et j’ai beaucoup aimé avoir son point de vue à lui, avec lequel l’auteure change d’écriture : le texte devient plus profond, plus personnel. Benny n’est qu’agriculteur, et même s’il est autant amoureux de Désirée qu’elle l’est de lui, ils souffrent tous les deux. Il ne comprend pas qu’elle aime les livres et écouter des CDs/voir des films trop compliqués… Et surtout, il ne comprend pas qu’elle ne l’aide pas à la ferme, à traire les vaches, faire la cuisine… Et toutes ces tâches qu’il estime être pour les femmes – même s’il reconnait que c’est du machisme conscient.

En lisant ce livre, on s’identifie beaucoup aux personnages. Combien de fois, nous qui lisons, nous sommes retrouvés face à un proche qui préfère les activités manuelles plutôt que le développement de l’esprit ? Comment gérer la différence, garder saine la relation sans pour autant renier nos loisirs ? Comment ne pas dénigrer ce que fait l’autre – parfois même inconsciemment ? Ce sont tant de questions que posent le livre… Pourtant, j’ai rencontré un gros problème à ce niveau-là : ce qui me plaisait le plus dans ce livre (c’est-à-dire le conflit entre deux personnes d’univers socio-culturel différents), était ce que j’aimais aussi le moins ! En fait, je ne comprends pourquoi l’auteure a, tout au long du livre, cherché à rendre ses personnages ridicules. Benny est handicapé, il n’a que trois doigts à une main… Et elle le présente comme un imbécile, je n’ai pas d’autre mot. Tandis que Désirée est présentée comme une rêveuse, capricieuse, incapable. Le pire étant les scènes intimes… où ils perdent toute crédibilité. Je trouvais génial de pouvoir s’identifier à des personnages tant encrés dans notre quotidien et pourtant l’auteure les fait passer pour des… animaux dans cette scène-là.

Donc j’ai un rapport un peu compliqué au livre… Même si après, cela s’est arrangé. Les personnages se disent qu’ils ne sont pas faits l’un pour l’autre, s’éloignent et on voit le manque, les regrets et le besoin de l’autre, j’ai trouvé tout cela très bien écrit, surtout pour le personnage de Benny, où, vraiment, l’écriture devient plus profonde et le texte beaucoup plus touchant.

La fin m’a surprise. Un retournement de situation qui est très bien amené, touchant et plein de promesse… Et surtout, qui donne envie de lire le deuxième tome, fort décrié par les bloggueurs, mais pour lequel je tenterai quand même l’expérience. Deuxième tome dont le titre est assez prometteur puisqu’il s’intitule Le caveau de la famille !

C’est un livre que je conseille vraiment à tous ceux qui aiment les oeuvres de réflexion sociale, sur fond de littérature sentimentale un peu originale, un peu proche de nous, un peu rigolo et surtout sans prise de tête, qui nous fait refermer le livre le sourire aux lèvres.

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