Coups de coeur !·Littérature Anglophone·Lus en anglais

Shifting Shadows/les ombres mouvantes de Patricia Briggs.

Des nouvelles dans l’univers de Mercy Thompson ? Dans une édition hardcover magnifique, mais qui coûte les yeux de la tête ? Je prends ! Et j’ai bien fait, d’ailleurs, parce que, quelle aventure !

Le livre lui-même est sublime ! On trouve incrusté les initiales de l’auteure avec un petit loup à côté, le détail qui change tout, absolument adorable. C’est un petit pavé mais en anglais, ça se lit vraiment bien, pour peu qu’on connaisse les noms des différentes magies et créatures.

Chaque nouvelle est précédée d’une note de Patty, qui nous explique sa démarche, ses idées, ses motivations et ça, j’ai vraiment adoré, ça implique et rapproche le lecteur, on se sent membre d’une grande famille. Les nouvelles sont classées par ordre chronologique et bon sang, il s’en passe des choses dans la tête de Patty !

Je connaissais deux nouvelles dans ce recueil : celle concernant Tom et Moira, Loup d’aveugle (que l’on retrouve dans le recueil Philtres & Potions publié en 2011 chez Milady) ; et celle qui constitue la préquelle du spin-off de Mercy Thompson, Alpha & Oméga : Origines. Mais j’ai adoré les redécouvrir, en anglais en plus. Toujours aussi géniales… voir plus, puisqu’ici ce sont les vrais mots de l’auteur, sans l’intermédiaire du traducteur –qui fait toujours un travail remarquable.

Il y avait une bonne part de nouvelles inédites, puisqu’en France, les anthologies ne sont pas aussi popularisées que dans le monde anglophone. Du coup, il y avait huit nouvelles à découvrir et deux « passages inédits » de romans de Mercy à dévorer.

On commence avec une nouvelle sur Samuel… Alors, Sam sam, il n’en faut pas beaucoup plus pour me faire pleurer : sa vie est tellement marquée par la souffrance… Ici on découvre comment il est devenu loup-garou, ainsi que son père, Le Marrok, d’ailleurs et combien sa grand-mère est une enflure et je pèse mes mots. On découvre également sa rencontre avec Ariana, le pourquoi du comment… J’ai pleuré tout le long : c’est triste, triste, triste et encore triste. Mais Patricia Briggs écrit cela avec amour, compassion et douceur pour ce personnage que, je l’espère du moins, tous les fans de la saga aiment autant que moi.

La deuxième nouvelle se situe dans la ville de Butte, dans le Montana, ville natale de Patricia Briggs. Butte fût la troisième ville dans le monde à disposer de l’électricité, puisqu’il s’agissait d’une importante cité minière. Dans cette nouvelle, on découvre un nouveau personnage et c’est une histoire qui demeure assez sombre, dans l’atmosphère générale du recueil d’ailleurs. L’auteure utilise les tunnels miniers pour créer une intrigue toute particulière au personnage, qui est un vampire et pour lequel de tels lieux ne sont pas source d’effroi. J’ai adoré me perdre avec lui entre présent et passé, entre souvenirs et problèmes actuels… L’intrigue était simple mais efficace et la relation amoureuse, comme toujours, touchante. Ce n’est pas ma préférée, puisque je n’aime pas particulièrement les vampires mais c’est toujours aussi bien mené et aussi bien écrit. Elle entre en plus en résonance avec la troisième nouvelle, toutes les deux sont marquées par une certaine mélancolie qui donne une atmosphère tout à fait intéressante aux récits. Ce sont également des personnages que l’on retrouve dans Fire Touched (Mercy tome 9).

La troisième nouvelle concerne donc elle aussi une vampire, Elyna, qui achète un appartement pour le souvenir de son compagnon Jack. On s’attache très vite à Elyna, même si dans le monde de Patricia Briggs, les vampires ne sont clairement pas les gentils… on fait une exception pour elle. C’est une histoire que j’ai particulièrement apprécié, mâture et plus triste, même si la fin donne le sourire grâce à cette merveilleuse chose qu’est l’espoir. On découvre de nombreux nouveaux personnages, cette histoire est un peu intemporelle, les fantômes (au sens figuré du terme) viennent se mêler aux actions présentes et Patricia Briggs renoue un peu avec la tradition du fantastique traditionnel où le lecteur ne sait pas tout et est un peu, volontairement, perdu.

Après cela, ce sont les deux nouvelles que je connaissais puisque la quatrième nouvelle est celle qui introduit le couple de Tom et Moira. Tom est un loup de la meute de Seatle, il a un frère, policier sous couverture et il a été enlevé par un conven de sorciers redoutable. Il fait appel, sous les recommandations du loup soumis de sa meute, Alan Choo, à une sorcière blanche, Moira. La sorcière, aveugle et victime d’atrocités, a une histoire tout à fait personnelle avec ce conven et elle accepte de l’aider. C’est une histoire que j’avais beaucoup apprécié découvrir en 2012, parce que j’adore les sorcières, c’est une créature surnaturelle qui me fascine et j’avais hâte d’avoir le point de vue de Patricia Briggs sur elle. Moira a du cran, de la répartie, malgré son handicap et le fait qu’elle soit haute comme trois pommes. L’histoire est assez largement dirigée vers la romance mais ça reste une nouvelle courte, efficace et intéressante qui introduit dans le monde de Mercy deux personnages que j’adore et pour lesquels l’auteure travaille sur un spin-off !

La cinquième, j’en parle plus longuement dans une chronique par ici.

La sixième nouvelle concerne David Christiansen, c’est l’homme qui a été transformé en même temps qu’Adam Hauptman, durant la guerre du Vietnam. La transformation d’Adam n’a pas été une partie de plaisir, évidemment… Mais celle de David a été une véritable catastrophe : un drame. Il avait une femme, deux fils et une petite fille lorsqu’il est parti à la guerre. En revenant, sa femme avait pris un amant et le loup en lui, encore trop instable, a fait un massacre. Il les a tués, tous les deux, devant sa fille, Stella. Les années ont passé et Stella et lui n’ont plus de contact, elle le hait, ce qui est compréhensible. David ne supporte pas d’être membre d’une meute de loup-garou, alors il est l’alpha d’une meute d’humains, il s’occupe de garçons, fait en sorte qu’ils réussissent et ça remplace quelque peu le concept d’une vraie meute. Pourtant Stella l’appelle, elle a des soucis avec son agence, elle aussi elle gère des jeunes en difficultés, dont un qui est accusé de violences alors qu’elle le sait réglo… Elle lui demande d’enquêter, de découvrir la vérité… À ses côtés. Et même si c’est une autre nouvelle qui porte ce titre, celle-ci pourrait elle aussi s’appelait Rédemption. J’ai adoré. C’était dur : douloureux, sombre et plein de non-dits, de haine de soi et de doutes. Et puis l’auteure, pas à pas, dénoue chaque problème, jusqu’à en faire une situation supportable pour tout le monde… Jusqu’à offrir un presque bonheur.

La septième nouvelle concerne deux personnages que l’on connaît des romans de Mercy et du spin-off : Asil, dit Le Maure et Kara, une petite fille de dix ans transformée en louve. Tout d’abord, c’est un peu cocasse : le loup-garou le plus fou et le plus dangereux (à égalité avec Bran), associé avec une petite fille à peine transformée ? Mais l’auteure en fait une histoire didactique, douce et pleine de bons sentiments. Asil, je l’ai toujours adoré. Il a des airs comme ça, de grands méchants mais… Pas vraiment. Il a des valeurs, il est respectueux, même s’il aime taquiner autrui plus que tout… Et surtout, il dit et suggère les choses… Et la personne comprend au moment où elle en a besoin, et c’est cela qu’il fallait à la petite Kara, qui est adorable et qui a quand même son petit caractère. Cette nouvelle mélange gaieté, nostalgie, le temps qui passe et le courage, la force que donne l’amitié et la famille.

La huitième nouvelle est celle qui m’a fait sautiller sur place ! Elle est centrée sur Warren et Kyle et bon sang ce que je les aime ces deux-là ! Ils me font rire, peur et en même temps me stressent parce qu’ils sont toujours au bord de la rupture alors que… argh, non quoi ! Il n’y aura, dans cet avis, rien d’objectif, décidément. Dans celui-ci, on a un Warren-loup-garou-cowboy-apprenti-détective qui se hait, ça en fait, pour la même personne. Kyle est avocat et on envoie quelqu’un pour le tuer, Warren décide de prendre les choses en mains, et aidé d’une sorcière, il va retrouver le coupable… Ici, l’auteure joue vraiment sur la dualité humain/monstre et Warren est terriblement attachant de ce côté-là. J’adore ce personnage et grâce à cette nouvelle, je suis vraiment reconnaissante d’en découvrir encore plus à propos de lui ; d’autant que l’action est omniprésente et que tout est réussi, le coupable est étonnant et Kyle est toujours aussi génial.

La neuvième nouvelle concerne un personnage que j’avais hâte de découvrir plus profondément : celui de Ben. Ben est un personnage récurrent des romans de Mercy, c’est un loup de la meute d’Adam, un Britannique avec un merveilleux accent. Petit, son père abusait de lui et cela l’a profondément marqué, évidemment, il n’est pas un loup… innocent… Dans les deux premiers tomes de Mercy, celle-ci le considère comme un violeur, d’ailleurs, car une affaire de viols et de meurtres de femmes à Londres a été mise sur le dos de Ben… C’est dans le troisième tome qu’elle change d’avis… Et c’est dans ce même tome que j’ai commencé à le voir d’un œil très différent. C’est un personnage que je trouve absolument fascinant. Il est dangereux, un vrai loup-garou et pourtant, sous cette épaisse couche de noirceur se cache un véritable cœur et c’est tout à l’honneur de l’auteur d’avoir réussi à créer un personnage si humain tout en étant un monstre. Dans cette nouvelle, on découvre donc plus en avant Ben, pas à pas, tout en douceur. Ce n’est pas un personnage simple et l’histoire n’est pas joyeuse ; quand je visualise Ben, il a toujours ce sourire mi-sincère, mi-blessé, mi-menaçant et c’est ce que j’adore chez lui. Avec cette intrigue, on rencontre plus réellement un personnage qui a su devenir notre ami et j’étais reconnaissante envers l’auteure pour nous offrir cela.

La dixième nouvelle raconte une nouvelle merde qui arrive à Mercy et l’auteure précise qu’« un recueil sur l’univers de Mercy, sans une aventure de Mercy, ne serait pas complet ». Pour cette histoire, il faut avoir lu La faille de la nuit, c’est un peu tant mieux puisqu’il est sorti en poche le 19 juin 2015 et que vous l’avez tous acheté !

Puis viennent deux « outtakes », on traduira vaguement cela comme des parties inédites et non retenues d’ouvrages, ici ce sont dans Le grimoire d’argent (Mercy Thompson 5) et La faille de la nuit (Mercy Thompson 8). Le premier offre un happy-ending à Samuel et Ariana qui est une manière de présenter leur relation officiellement dans le présent, des retrouvailles après ce que l’on a découvert dans la toute première nouvelle de ce recueil. J’ai beaucoup aimé, c’est touchant, douloureux et sombre. C’est Samuel et Ariana, deux passés, deux vies de merde et la rencontre inespérée avec quelqu’un qui connaît la douleur à un tel niveau de compétition. Le deuxième est un passage qui advient à la fin de La faille de la nuit, Adam est à l’hôpital, veillant sur Mercy (des tomes où elle ne finit pas à l’hôpital, c’est tellement rare…), c’est drôle, frustrant, mignon… C’est Mercy, tout simplement.

Une chronique de six pieds de long… mais je crois que j’ai tout dit et que j’ai pu vous montrer avec un enthousiasme non dissimulé combien ce recueil est absolument génial, mâture, humain et indispensable à la saga principale !

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2 commentaires sur “Shifting Shadows/les ombres mouvantes de Patricia Briggs.

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