Littérature Anglophone

Carmilla de Sheridan Le Fanu.

J’avais découvert le personnage de Carmilla en ligne et lorsque j’ai su qu’elle était issue d’un roman, j’ai cherché à me le procurer. En fait, Carmilla est à mi-chemin entre un roman et une longue nouvelle. Elle fait partie du recueil In a glass Darkly (publié en 1872). Son auteur, Joseph Sheridan Le Fanu, est un protestant, héritier de ceux qui furent chassés de France par l’Édit de Nantes, sa famille trouva refuge en Irlande. Il publie Carmilla en 1871, c’est vingt ans avant la parution du plus célèbre roman vampirique Dracula, que j’attends de relire pour vous le chroniquer sur le blog.

Carmilla raconte la découverte par une jeune fille de la campagne, c’est-à-dire, au XIXe, quelqu’un qui mène une vie de recluse dans sa maison, de l’amitié féminine en la personne de Carmilla, jeune fille de constitution fragile, victime d’un accident de calèche devant la demeure de la narratrice, Laura.

Le style est fidèle aux romans victoriens, c’est ce qui m’a tout de suite fait adhérer : l’innocence de Laura, sa naïveté sur ce qui lui arrive, comment elle refuse de voir les choses en face, ce n’est pas sans rappeler la conduite de l’institutrice dans Le Tour d’Écrou d’Henry James.

À cela s’ajoute la présence d’une apparition malfaisante dans le village qui cause de nombreuses morts subites et qui, bientôt vient troubler Laura, la rendant malade en l’empêchant de dormir. On devient complètement complice de l’auteur, puisque le lecteur capte aisément les signes vampiriques chez le personnage coupable. Simplement, une nouvelle dimension est présentée ici puisque Carmilla est un roman qui, à son époque, choqua beaucoup. Les deux jeunes filles sont amies d’une manière bien trop fusionnelles et les discours enflammés de Carmilla ne laisse aucun doute sur son orientation sexuelle. Encore une fois, on sourit devant l’innocence de Laura à cet égard, bien que le fait que ce soit un homme qui écrive l’œuvre place également une dimension de voyeurisme qui refroidit un peu.

J’ai beaucoup apprécié le style, les descriptions des lieux et le personnage de Carmilla, toujours dans l’emphase, présentée comme un être alangui, figure même de la luxure. Cela donne un aspect audacieux, très sous-entendu au texte, tout en étant porté par une écriture élégante et raffinée.

Le texte est très court, comme je le disais, entre la nouvelle et le roman. Cela permet de conserver la lenteur des récits victoriens tout en y associant la vivacité propre à la créature dont il est question, le vampire. J’ai trouvé les révélations finales vraiment intéressantes, l’auteur crée toute une légende, une histoire autour de son personnage et le lecteur se trouve dans la position fragile de Laura : on s’attache à Carmilla, tout en sachant qu’elle est la source de tous les problèmes.

Sheridan Le Fanu est un auteur que j’ai été ravie de découvrir, et j’ai hâte de lire d’autres œuvres de lui, notamment sa plus populaire, Oncle Silas.

 

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Un commentaire sur “Carmilla de Sheridan Le Fanu.

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