Littérature Anglophone

Firmin de Sam Savage.

Lors de mon stage à la Librairie Passerelle à Dole, dans le Jura, j’ai demandé à l’équipe des libraires quels livres je devais absolument lire et Firmin : autobiographie d’un rat dévoreur de livres de Sam Savage, figurait dans la liste de Mathieu. J’ai donc craqué. Je l’avais commencé en novembre dernier, puis l’avais mis de côté un temps et je l’ai repris ces jours derniers. Je lis très peu de littérature Américaine contemporaine adulte, je m’y connais plus en jeunesse. Pourtant, je regrette vraiment de ne pas avoir lu ce livre plus tôt, c’est une petite pépite, un ovni de la littérature qui m’aura bien fait rire.

Ce roman m’a tout de suite fait penser à J’étais un rat de Phillip Pullman, dans lequel un homme est transformé en rat. Simplement, ici le schéma est différent : Firmin est vraiment un rat et il aime lire. D’abord, il aime les livres : la portée dont il est issu est trop importante et il n’a pas assez de nourriture, en plus sa mère est une alcoolique, donc le lait passe le vice à ses frères et sœurs également. Ils sont tous réfugiés dans les sous-sols d’une librairie. Ils se servent des livres pour créer une litière, puis Firmin s’en nourrit, il a des éditions auxquelles il trouve un meilleur goût que d’autres… Et un jour, il commence à lire. C’est la fin du grignotage : sa vie s’articule entre lecture et observation, il est fasciné par Norman, le libraire.

Au début, je ne me suis pas facilement laissée convaincre… J’étais même plutôt sceptique, à ma défense je n’aime pas particulièrement les animaux en tant que narrateur… ou que point central de l’histoire (on pensera notamment au livre de Kessel, Le lion, auquel je ne parviens malheureusement pas à m’intéresser suffisamment pour le finir). Ce qui m’a fait adhérer, c’est lorsque Firmin commence à lier les évènements de sa vie tout en les mêlant à ses lectures. En fait, ce livre, c’est un peu un catalogue de la littérature mélangé à un référencement des œuvres préférées de Sam Savage, bien que cela ne soit pas explicitement dit. J’ai fini par trouvé ce personnage, ce petit rat, touchant. Lorsqu’il pleure pour Tess d’Uberville, lorsqu’il dit que l’édition de Jane Eyre a bon goût. On finit par rentrer dans ce délire excentrique et pourtant attachant, et au final, on rit beaucoup.

Au final, je ne me suis pas attachée aux personnages humains, celui de Norman ne m’a pas du tout émue… Comme quoi, le renversement de situation est relativement cocasse. Je n’aime pas du tout les rats, et pourtant, j’avais peur qu’il arrive quelque chose à celui-ci, lorsqu’il s’aventurait chercher à manger. Je rêvais avec lui, dans cette librairie, la nuit, dévorant livre sur livre. Un paradis, non ?

À cela s’ajoute une véritable plume, très agréable, très fluide et pourtant riche, avec un vocabulaire travaillé et un ton étudié que j’ai beaucoup apprécié. Je ne pense pas que je m’en tiendrai là des œuvres de Sam Savage, au contraire je suis très intriguée par son travail.

J’ai refermé Firmin en riant, et en secouant la tête, un peu déstabilisée, de bonne humeur et la tête pleine de livres. Je pense que ce petit ovni conviendra à tous ceux qui recherchent de la surprise, du style et une lecture rapide.

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Un commentaire sur “Firmin de Sam Savage.

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