Jeunesse

Fangirl de Rainbow Rowell.

J’ai acheté Fangirl lors de mon voyage à Londres, parce que j’étais lasse de ne l’avoir toujours pas lu et d’entendre tout le monde en parler. C’est un risque car, comme vous le savez désormais, les coups de coeur généraux sont souvent une déception chez moi mais ce livre parlait d’une héroïne un peu geekette, qui n’a pas trop confiance en elle, donc je me suis quand même jetée à l’eau. Et j’ai bien fait.

Cath a une soeur jumelle, Wren, avec qui elle entretient une relation fusionnelle, tout comme avec leur père. Leur mère les a abandonnées tôt, et Cath lui en veut toujours. L’échapatoire de la jeune fille consiste à écrire une fanfiction sur une saga livresque qu’elle adore et connaît aussi bien que l’auteure. Elle écrit une fanfiction qui est censée être une alternative au dernier volume de la saga pas encore sorti. Or, voilà qu’elle entre à l’université, où sa soeur désire s’émanciper et où Cath se sent perdue, sans repère.

Si je ne voulais pas lire Rainbow Rowell, malgré le succès d’Eleanor & Park, c’est parce qu’elle écrit sur des choses qui sont parfois tellement proches de nous que l’âme sensible que je suis n’y résisterait pas ; mais aussi parce que ces thèmes -l’obésité, le manque de confiance en soi, etc.- nous sont chers et que la plume de l’auteure ne suit pas forcément. Elle écrit avec le coeur, avec son passé certainement. Du coup, il s’agit de ce type d’ouvrage où l’on est plus touché par l’histoire que par le style. Tout cela semble très négatif mais je souligne juste que niveau écriture c’est pas Dickens.

C’est un livre qui fait du bien, vraiment. C’est un livre qui nous fait sentir normales, entre autres. Pas comme ces actrices magnifiques qui représentent des héroïnes aux vies rocambolesques qui donnent le cafard à toutes les jeunes filles et jeunes femmes de notre génération. Cath n’est pas Cara Delavigne dans Paper Town et pourtant, elle s’amuse, a des passions et quelqu’un s’intéresse à elle. Plus encore, je l’ai trouvée absolument adorable. Les crises d’angoisses, le côté fangirl, c’est vendu d’avance, évidemment. Quand on aime un livre, on est hystériques et on en parle à tout le monde (croyez-moi, mon entourage en fait les frais !).

J’ai trouvé le livre très cinématographique dans sa structure, scène par scène et des personnages que l’on n’a aucun mal à se représenter : tout au long, je voyais Cath assise avec son ordinateur, en train d’écrire, dans des vêtements de fandom et les cheveux mal coiffés. Ça donne un côté touchant et mignon au livre et l’auteure en profite pour ne pas faire de ses personnages des stéréotypes physiques, comme avec le personnage de Levi qui n’a rien d’un mannequin. À noter que l’on trouve des extraits de la fanfiction que Cath écrit en intertextualité et que par conséquent, l’auteur a décidé de l’écrire en entier : Carry on, Simon paraîtra à l’automne 2015 normalement.

Levi est le love interest de Cath, c’est un personnage que j’ai apprécié sur le long terme, je le trouvais un peu clown/niais, puis l’intrigue se développe et on grince un peu des dents envers lui. Pourtant, la dernière partie du roman enlève un peu de sa carapace à ce personnage et là, je l’ai beaucoup plus apprécié. Il est présent pour Cath, responsable et attentionné. Il lui apporte du café !

De la même façon, j’ai adoré le papa des jumelles. Un papa qui n’est pas superman, un papa qui craque, un papa aimant. Un vrai papa. Humain et dont on ne peut qu’être fier ! La relation qu’il entretient avec Cath est touchante et je me suis vraiment attachée à ce personnage. Quand on part pour l’université, on ne devient pas adulte en un claquement de doigt, même si c’est à l’autre bout du monde. Cath n’a que dix-huit ans révolus après tout !

L’auteure évoque également une autre réalité : la maternité et comment certaines mères ne possèdent pas cet instinct maternel justement. J’ai beaucoup aimé le fait que la mère -même si c’est triste et que Cath lui en veut, ne change pas tout d’un coup de caractère. Parce que cela arrive, que c’est une réalité et qu’on n’y peut pas grand chose, malheureusement, d’où l’importance d’avoir le choix, de pouvoir y mettre un terme avant que la responsabilité ne nous tombe dessus.

J’ai aimé ce livre parce que les personnages sont comme vous et moi. Simples. Avec des aspirations modestes et des réactions qui ne sont pas toujours héroïques mais qui sont les leurs. Nos différences font tout l’intérêt de nos interactions, c’est notamment le cas de l’amitié entre Cath et sa colocataire, Reagan, qui sont extrêmement différentes en terme de personnalités et qui pourtant s’entendent si bien.

Je le recommande à tous les amoureux de romans YA, à tous les auteurs de fanfictions ou tous les amoureux de l’écriture, à tous ceux qui lisent des romances et pour les plus difficiles, entre deux lectures de classiques, il permet de souffler un bon coup ! Moi, j’appelle ça un roman-doudou.

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2 commentaires sur “Fangirl de Rainbow Rowell.

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