Jeunesse

Le dernier hiver de Jean-Luc Marcastel.


2035, 31º C en-dessous de 0. Depuis des années, le Crépuscule baigne Aurillac dans un ciel de sang. L’Hiver s’est installé, un hiver éternel qui dévore les terres et fige l’océan dans la banquise. La Malesève, cette armée de pins monstrueux, a mis à genoux la civilisation. Alors, devant la fin d’un monde, que reste-t-il d’autre que l’amour ? L’amour qui va pousser Johan à braver le froid et les pins pour retrouver sa bien-aimée, l’amour qui va pousser son frère, Théo, à lui ouvrir la voie, l’amour toujours qui incitera Khalid et la jolie Fanie à tout laisser derrière eux pour les suivre. L’amour est-il assez fort pour triompher de la Malesève et de ce qu’elle a fait des hommes ?

Je l’ai lu il y a un sacré bout de temps maintenant (2012/2013), et je me suis toujours dit que si je le refeuilletais, j’en ferai une chronique. C’est chose faite ! Pour être honnête, je ne me rappelle plus comment je l’ai découvert. Ce que je sais, c’est que la mention du village d’Aurillac m’a persuadée de le lire, vu que c’est à deux heures de chez moi à peine. De plus, un roman fantastique/apocalyptique, dirigé pour les jeunes adultes, français, me rendait curieuse. Je n’avais, enfin, jamais lu d’ouvrages de l’auteur avant cela. À savoir que ce roman a été publié chez Blackmoon, chez qui, je n’ai, pour ma part, que deux coups de coeur : celui-ci, évidemment, et Sous le signe du scorpion de Maggie Stiefvater dont vous retrouverez ma chronique sur le blog dimanche.

On découvre Johan, qui est un adolescent un peu différent. Pas autiste, mais tout de même très rêveur, renfermé. Qui a une sorte d’alter-égo. Différent, c’est vraiment le mot. Il m’a fait penser à Jës dans Corbeau de Patricia Briggs et m’a fait pleurer tout comme lui au cours de ma lecture. Johan est très amoureux de Fanie qu’il porte aux nuées, vraiment, un grand-frère, Théo, protecteur et responsable, ainsi qu’un ami, Khalid, très drôle avec des expressions de son grand-père qui sont hilarantes et touchantes… Je me suis attachée à Khalid, il m’a mis les larmes aux yeux avec ses citations parfois trop bien placées… En revanche, pas vraiment pour les autres (Fanie, Théo).

S’il y a une chose qui sort de ce roman, c’est la tolérance. L’amour d’autrui, l’acceptation de nos différences. Khalid a des origines orientales qui en font quelqu’un de simple et de fidèle mais qui sont parfois source de moquerie par une majorité blanche conservatrice, surtout dans les villages et villes reculées ; et bien sûr, le cas de Johan est encore plus poussé pour ce qui est de la différence, même si cela ne se voit pas physiquement.

J’ai bien aimé le doute qui règne dans le roman, volontairement instauré par l’auteur et qui ne plaira pas à tout le monde : on ne connaît pas l’âge des personnages, Aurillac est isolée en quelque sorte du reste du monde… Ce qui demeure au final, c’est une solidarité sans faille qui est la clé pour survivre face à la forêt envahissante et menaçante pour l’homme. Le roman est une course contre la montre qui nous permet de découvrir les personnages et la situation dans son ensemble, avec une atmosphère toute particulière. Des pertes sont éprouvées, évidemment et ce n’est pas toujours facile pour les personnages.

À noter que ce roman est vendu par la critique comme jeunesse, mais j’insiste sur le jeunes adultes, autant par la maturité des sentiments que par la richesse de vocabulaire. Jean-Luc Marcastel a une plume très agréable, qui rend le tout poétique, avec une pointe de douceur qui fait qu’on s’attache tout particulièrement à son héros, Johan.

La conclusion de l’intrigue, qui exécute un certain retournement de situation m’a plu, bien qu’elle ait paru trop rapide, trop simple à certains, comme j’ai pu le lire dans d’autres chroniques. En fait, c’est surtout que je l’ai considérée comme un renouveau pour les personnages, l’éclaircissement, la solution pour survivre en quelque sorte. J’ai également aimé que Johan reste fidèle à lui-même, atypique et attachant. Pour autant, ce n’est pas vraiment un roman facile à conseiller, il ne plaira pas à tout le monde. Je pense qu’il s’adresse à un public qui cherche quelque chose de différent. En tout cas, pour ma part, je suis conquise et j’ai hâte de lire Un monde pour Clara.

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Un commentaire sur “Le dernier hiver de Jean-Luc Marcastel.

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