Littérature Française

Malavita tome 1 de Tonino Benacquista.

Une famille d’Américains s’installe à Cholong-sur-Avre, en Normandie. Fred, le père, se prétend écrivain et prépare un livre sur le Débarquement. Maggie, la mère, est bénévole dans une association caritative et se surpasse dans la préparation des barbecues. Belle, la fille, fait honneur à son prénom. Warren enfin a su se rendre indispensable pour tout et auprès de tous. Une famille apparemment comme les autres, en somme. Une chose est sûre, s’ils emménagent dans votre quartier, fuyez sans vous retourner…

Encore une fois, j’ai vu le film avant de savoir qu’il s’agissait d’un livre… Pas bien, je sais. Réalisé par Luc Besson, le film reste quand même sacrément fidèle (si l’on oublie Diana Agron…) et Robert de Niro est génial comme toujours. J’ai donc découvert le livre quelques temps après, en navigant sur Livraddict, et je l’ai acheté sur un samedi sur le marché de livres d’occasion de Montpellier dans un joli coffret avec son tome deux dont je vous parlerai dimanche. Cette duologie a été une très bonne découverte, et surtout j’ai découvert avec Tonino Benacquista, qui est français malgré son nom héritage de sa parenté sicilienne, une très jolie plume. Cet auteur a été distingué par de nombreux prix et notamment pour ses romans La commedia des ratés et Saga.

Malavita, c’est le nom de la chienne de la famille Blake, tout nouvellement installée en Normandie. Malavita, mauvaise vie en italien, c’est également l’un des nombreux noms donné au crime organisé. Un mafieux, Giovanni Manzoni, ayant trahi ses compères et fait tomber 51 personnes de l’organisation voit sa tête mise à prix pour pas moins de 20 000 000 $ par les 5 familles (chefs de la branche américaines de la mafia  sicilienne Cosa Nostra). Déclaré mort dans le cadre du programme de protection de témoin, Giovanni immigre avec sa femme et ses deux enfants sous de nouvelles identités en France où, à chaque mauvais pas, ils changent de ville. La Normandie, c’est un repère sûr pense le FBI. Puis Giovanni, désormais Fred Blake, comme à écrire. Son fils, Warren, entre au collège et sa soeur, Belle, au lycée. Et tout part dans tous les sens.

On reconnaîtra une certaine facilité dans l’intrigue, mais le côté assumé du polar pas très sérieux rend le tout plus drôle que niais et cela passe avec un sourire : de toute manière, l’intrigue, ce n’est pas le principal ici, on a bien assez des personnages, des caractères et des lubies de chacun.

Les personnages sont géniaux. Ils sont imparfaits, font preuve d’une grande mauvaise foi, sont des gentils méchants inclassables. Ils sont drôles à souhait. J’adore la mère, qui change d’avis toutes les trente secondes. La fille, elle, un peu moins, parce que le côté princesse ne m’intéresse pas autant. Pour Warren, le cadet, c’est autre chose : petit caïd de la cour de récré, j’ai trouvé son personnage drôle, un peu perdu et du coup très attachant avec ses convictions à trois francs… Surtout à la lumière du deuxième tome.  Ils sont quatre pièces d’un même puzzle et chacun aime l’autre, mais pourtant le puzzle ne s’assemble pas et le tout est rejeté sur le dos du père, sur cet exil forcé… Cela rend une nostalgie, une tristesse et une solitude qui donne au roman une atmosphère mélancolique qui pousse à continuer pour voir si tout va s’arranger. On s’attache également à toute l’équipe du FBI chargée de la protection de la famille.

J’ai trouvé l’écriture mâture, parfois piquante, surtout philosophique, avec une introspection intéressante pour les personnages et sur des sujets du quotidien. L’auteur s’interroge également sur la profession d’écrivain par l’intermédiaire de Fred et de sa nouvelle lubie d’écriture. Ce jeu de mise en abime est très réussi et installe une complicité entre lecteur et auteur. J’ai beaucoup aimé les extraits des mémoires de Fred, l’écriture est crue, on s’y questionne sur la notion d’humanité, cette tendance ingérable à la violence, mais aussi l’efficacité de la justice et la capacité de pérennité de telles institutions illégales et pourtant veilles de plusieurs générations.

Al Capone disait toujours : « On obtient plus de choses en étant poli et armé qu’en étant simplement poli. » Cette simple phrase explique pour moi la persistance d’un phénomène comme la mafia à travers les siècles.

L’auteur rend son oeuvre intertextuelles : on trouve des références à de nombreuses oeuvres autour de la mafia (films, livres, etc.). De plus, la famille soit américaine, en possède le langage, les coutumes ; mais elle est également marquée par ses origines italiennes, langue très présente dans le livre ; et l’auteur s’amuse à mêler tout cela avec l’apprentissage et la redécouverte du français. Ce qui est sûrement inspiré de sa propre histoire, au vu de ses origines italiennes.

C’est un roman qui se lit vite, plus sérieux qu’une lecture d’été mais pas non plus prise de tête. J’ai beaucoup aimé, tout comme sa suite, Malavita encore, dont vous retrouverez l’avis dimanche sur le blog.

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