Littérature Française

Les Trois Mousquetaires tome 1 d’Alexandre Dumas père.

Le roman raconte les aventures d’un Gascon désargenté de 18 ans, d’Artagnan, monté à Paris faire carrière afin de devenir mousquetaire. Il se lie d’amitié avec Athos, Porthos et Aramis, mousquetaires du roi Louis XIII. Ces quatre hommes vont s’opposer au premier ministre, le Cardinal de Richelieu et à ses agents, dont la belle et mystérieuse Milady de Winter, pour sauver l’honneur de la reine de France Anne d’Autriche.

Les Trois Mousquetaires, publié en roman-feuilleton, porte ce titre par ironie puisqu’il fut suggéré à l’auteur alors même que le livre comporte quatre mousquetaires. C’est un roman de 900 pages qu’on lit bien trop vite tant l’atmosphère, les personnages et l’intrigue sont captivants et le rythme haletant ! C’est une lecture que je recommande chaleureusement et surtout, pour une première découverte de cet auteur, quelle aventure !

C’est le classique du genre romans de capes et d’épées. Il prône la quête d’aventure, l’amitié et le laisser-aller aux plaisirs. Accessible aux jeunes lecteurs (dans une version abrégée ou non), comme aux plus grands, il régale par son écriture raffinée, son intrigue bien ficelée et son rythme entraînant qui fera, point non négligeable, oublier aux plus réticents la peur que trop de classiques inspirent. Les personnages versent parfois dans l’extrême en faisant preuve d’une certaine inconscience du danger et d’une facilité à tuer un peu rebutante (les fameux duels) qui aujourd’hui n’est pas acceptable ; mais cela donne aussi tout son caractère à l’oeuvre et si parfois l’on grimace, on passe tout de même bien plus de temps à rire.

– Mais vous avez dit que vous vous nommiez d’Artagnan.
– Moi?
– Oui, vous.
– C’est-à-dire que c’est à moi qu’on a dit : « Vous êtes M. d’Artagnan? » J’ai répondu : « Vous croyez? » Mes gardes se sont écriés qu’ils en étaient sûrs. Je n’ai pas voulu les contrarier. D’ailleurs je pouvais me tromper.
– Monsieur, vous insultez à la majesté de la justice.
– Aucunement, fit tranquillement Athos.
– Vous êtes M. d’Artagnan.
– Vous voyez bien que vous me le dites encore. 

Ce roman comporte de nombreux antihéros, figures que j’adore tout particulièrement  : Le Comte de Rochefort, Milady de Winter et bien sûr Le Cardinal de Richelieu. J’ai aimé ces trois personnages, chacun à sa manière, manipulateurs, ambitieux démesurés, ou encore esprit de contradiction. Ce sont de vrais méchants, que l’on connaît tous et toutes par leur légende et qui ne déçoivent en rien dans le texte original.

Pour ma part, j’ai trouvé que D’Artagnan se distinguait des autres mousquetaires qui semblent retrouver l’esprit de cet escadron après l’arrivée de celui-ci. Il en représente l’essence : quête de justice, de droiture et ami fidèle, sujet du roi dévoué. C’est un personnage romanesque, il part dans des extrêmes notamment concernant ses sentiments et engagements. Il est également très fier (et parfois, cela prête à sourire), c’est l’archétype du personnage gascon (prompt à l’activité et aux tournures qui prêtent à sourire) que l’on retrouve dans de nombreux ouvrages. C’est quelqu’un d’entier qui donnerait presque à l’oeuvre un caractère d’épopée. J’ai beaucoup aimé comment D’Artagnan affronte pour la première fois les trois premiers mousquetaires. Leur rencontre est autant saugrenue que drôle et l’auteur s’est amusé tout autant que le lecteur en écrivant ces pages.

Aux besoins de l’auteur, quelques anachronismes se trouvent ci-et-là dans le texte, mais il n’en reste pas moins une bonne peinture de la société d’alors, un enrichissement en connaissances historiques et sociales de cette époque que j’ai beaucoup apprécié. La France est beaucoup moquée, l’influence du Roi et sa légitimité complètement tournées en ridicule et c’est quelque chose qui fait beaucoup sourire que la crédulité de celui-ci. De même que la Reine est un personnage assez sot. Enfin, la proximité et l’aisance de voyage entre l’Angleterre et la France est déconcertante dans le Roman, on a l’impression que l’Eurostar est déjà là tant les allers et venues semblent affaire courante.

Je citais la Reine qui m’a parue sotte, mais tous les personnages féminins ne sont pas bien mis en valeur, ils servent d’excuse, d’élément déclencheur de représailles, sans jamais agir -exceptée Milady, bien sûr. J’ai trouvé le personnage de Constance relativement ridicule, sans profondeur et très stéréotypée finalement. Je trouve cela dommage, mais c’était une autre époque et cela devait paraître normal à Dumas.

J’ai beaucoup aimé les intertextualités concernant Cervantès, et son héros picaresque espagnol du XVIe siècle, dont la figure est très présente en début de roman : Dumas s’amuse. D’ailleurs, tout au long du roman, il intervient, commente, laisse des indices, est complice de son lecteur et maître de son récit.

La fin se conclut rapidement, dans un méli-mélo de règlements de compte qui augmentent le rythme du roman sensiblement. Avec un épilogue qui n’est que temporaire, puisque Vingt ans après, le tome deux de la trilogie, réembauche ces mêmes personnages !

À noter que l’édition Le livre de poche dans laquelle je l’ai découvert est dotée d’un appareil critique (présenté en notes de bas de pages) important et qui est plus qu’appréciable !

J’ai très hâte de découvrir la suite des aventures de ses quatre héros et les quitter est comme quitter de bons amis… ! On referme ce livre avec des envies de voyages, de quête et de bonnes soirées entre amis ! Un très bon remède contre le cafard des dimanches tous gris. J’ai également Le comte de Monte-Cristo dans ma pile à lire, que j’avais commencé il y a longtemps maintenant et pour lequel je me sens plus motivée désormais. À découvrir absolument !

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5 commentaires sur “Les Trois Mousquetaires tome 1 d’Alexandre Dumas père.

  1. Bonjour, quel souvenir les trois mousquetaires, le premier livre qui m'a marqué en 4e, nous avions lu des extraits en classe et j'ai été l'emprunter au CDI de suite, puis j'ai lu 20 ans après puis le vicomte de Bragelonne que j'avais même fait commandé 🙂 Très bel article, bravo !!!

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  2. Ah ça « Les Trois mousquetaires », quel souvenir ! J'ai dû le lire bien trois fois. Cependant, je ne suis pas arrivée à lire la suite. Je me suis ennuyée avec « Vingt ans après » et trop déçue par les changements et l'état d'esprit des quatre compères. Après c'est vrai, on a souvent dit que le premier roman était celui de la jeunesse, le deuxième celui de l'âge mûr (correspondant à l'âge de D'Artagnan). Un jour, j'y arriverai peut-être.
    Je lis que tu vas commencer « Le comte de Monte-Cristo », là pareil gros coup de coeur et se classe facilement comme un de mes préférés. Il y a un peu des longueurs surtout pour le Carnaval à Venise, Dumas étant payé à la ligne, donc bon le coquin en a profité x). Mais sinon, quel frisson de plaisir ! Je te souhaite une bonne lecture, veinarde ! 😉

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