Littérature Anglophone

Docteur Jekyll et M. Hyde de Robert Louis Stevenson.

Classique de la littérature, j’avais très hâte de me plonger dans cette nouvelle cet été. Publiée en 1886, c’est une oeuvre qui a un certain passé puisque nous lisons désormais la réécriture de celle-ci, le premier jet ayant été détruit par l’épouse de l’auteur, qui la considérait comme un « recueil de foutaises » (on ne relèvera pas le blasphème fait à Stevenson…). Je dois confesser qu’il s’agit là de ma première découverte de l’oeuvre de l’auteur, bien qu’il me reste L’île au trésor dans ma pile à lire. En tout cas, ce fut une excellente découverte.

J’étais pleine d’appréhension. Les classiques sont toujours tellement portés aux nues et j’avais peur d’être déçue. Il y a également le fait que, tout comme envers Frankenstein de Mary Shelley, j’étais persuadée que j’allais avoir peur. Or, chez Stevenson, malgré l’atrocité des actes de M. Hyde, ce dernier ne fait en rien peur. Il est d’ailleurs beaucoup plus allégorique que véritable menace physique. C’est ce qu’il représente qui nous effraie, la part d’ombre de chaque être humain ; plutôt que sa mauvaise habitude de piétiner et tabasser les gens (rien que ça).

Dépassées mes premières idées toutes faites, je me suis donc régalée. C’est un roman du XIXe siècle, et vous commencez à savoir que c’est ma période préférée. Le style de Stevenson a cette caractéristique géniale des romans de cette époque : il interpelle le lecteur, le rend complice, l’embarque dans l’histoire, instaure ce ton ironique et mystérieux que j’adore. De plus, c’est un nouvelle vraiment courte, ce qui permet de la découvrir sans subir de longueur aucune. Personnellement, je l’ai lu dans une très vieille édition du Livre de poche, découpée sauvagement aux ciseaux, surlignée, barrée… ce n’est pas très agréable, mais les rééditions actuelles agrémentées sont d’excellents outils de travail et de découverte, en tant qu’étudiant ou lecteur curieux, c’est toujours bon à savoir.

L’intrigue du roman demeure très simple, le lecteur comprend d’avance la clé du mystère : le lien entre le docteur et le vil monstre et devient complice de la surprise du personnage principal, un narrateur que j’ai trouvé très drôle, tout à fait snob et contemporain de son époque à rayer de ses fréquentations une personne pour les qu’en dira-t-on et à vouloir faire justice d’une offense lui-même en investiguant sans gêne aucune. On retrouve donc une critique du manichéisme chrétien de l’époque, mais également une satyre de l’hypocrisie dont se caractérisaient les échanges sociaux de l’époque. On en rit que plus encore !

Ce que j’ai, toutefois, le plus apprécié, fut la confession finale du docteur dont l’histoire est développée en conclusion dans une lettre et qui permet de garder un peu plus longtemps encore cette atmosphère d’un Londres où l’on ne serait pas si tranquille que ça.

C’est un classique qui se lit très facilement, divertissant et pourtant très bien écrit, avec des personnages que l’on se plaît à suivre et qui donnent fréquemment à sourire devant leur crédulité ou leur réactions toutes mondaines. Je le recommande à tous ceux que les classiques effraient un peu et qui veulent commencer avec quelque chose de léger, tout en étant entraînant ; ainsi qu’à tous les autres petits curieux qui cherchent juste une excuse pour acheter un livre.

Pour tous ceux à l’aise avec l’anglais, je recommande chaleureusement cette chronique très complète et très intéressante, au format vidéo !

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2 commentaires sur “Docteur Jekyll et M. Hyde de Robert Louis Stevenson.

  1. C'est une chronique vraiment très intéressante ! Et puis comme ça, j'ai découvert que l'épouse de l'auteur avait détruit le premier jet, c'est une anecdote surprenante, elle n'avait pas l'air de porter le travail de son époux dans son coeur !
    Tout comme toi, je crois que le passage que j'ai préféré est le dernier chapitre, correspondant à la lettre du Docteur Jekyll. Le plus surprenant dans cette nouvelle, c'est la facilité avec laquelle l'auteur a retranscrit l'ambiance de l'ancien Londres, c'est incroyable.

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  2. Oui, c'est révoltant, même. Elle trouvait qu'évoquer le mal, avec autant de détachement, c'était un blasphème donc… Enfin, les femmes étaient très endoctrinées avant, je ne pense pas qu'elle pensait à mal, mais c'est dommage de ne pouvoir comparer les deux versions de l'oeuvre.
    Oui, j'adore son écriture, j'ai hâte de la découvrir plus avant 🙂

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