Littérature Anglophone

Northanger Abbey de Jane Austen.

Reçu pour mon anniversaire, j’avais bien trop hâte de lire ce livre ! Écrit en 1797 par Jane Austen, mais publié pour la première fois en 1818 (posthume donc), il est une parodie d’une littérature alors déjà sur le déclin : le mouvement gothique anglosaxon. C’est une littérature que j’aime, pour ma part, tout particulièrement, aussi avais-je très envie de découvrir ce que Jane Austen lui reprochait. L’auteure réussit ici l’exploit d’une oeuvre critique qui, pourtant, réussi parfaitement dans le genre dont elle se rit.

Catherine Morland, dix-sept ans, est issue d’une famille modeste, dont des amis, les Allen, invitent la jeune fille à séjourner dans la station balnéaire de Bath auprès d’eux pour six semaines. La jeune fille accepte et y découvre la société anglaise, s’y fait des connaissances et surtout tombe amoureuse de M. Tilney qui l’invitera dans son intrigante demeure de Northanger Abbey pour y faire découvrir les mêmes tourments que dans le roman d’Ann Radcliffe, Les Mystères d’Udolphe (pour lequel Austen a particulièrement éveillé ma curiosité) et qui était très populaire au XXIe siècle.

Catherine est un personnage attachant de naïveté : elle comprend tout à l’envers, elle est résolue à ne froisser personne, elle se sent obligée envers chacun ; et surtout, elle vit tout de manière très sensible. Elle est amoureuse maladive, lectrice passionnée. Enfin, une véritable caricature de l’héroïne de cette littérature. On rit beaucoup d’elle, mais ce n’est jamais méchant, c’est vraiment un personnage que j’ai trouvé touchant.

Je me suis énormément amusée de sa vie quotidienne à Bath, où elle s’ennuie à mourir jusqu’à rencontrer une amie, Isabelle Thorpe qui n’en a que faire d’elle -qui charme son tout aussi niais de frère, James Morland- et dont le propre frère, John Thorpe est insupportable (des claques, je vous jure !). Il y a également la compagne qu’est Mrs Allen, une idiote finie qui nous fait lever les yeux au ciel à souhait ; et toutes ces parures qui, bien malgré leur nature de textiles, deviendraient presque des personnages à part entière. Puis surviennent les Tilney et l’on se dit tiens ! un peu de bon sens… Et ici Jane Austen commence à tisser sa toile d’intrigues, de rebondissements et toutes ces choses compliquées et qui prêtent à sourire, qui caractérisent ses romans. En fait, aucun personnage n’est un héros, aucun ne peut être admiré, et ils sont aussi sots les uns que les autres (ce qui fait que, bien sûr, nous hurlons de rire !)

Si quelque chose frappe en contradiction, c’est le ton. Jane Austen manie l’ironie avec brio, on le sait, la preuve en est son célèbre Orgueil et Préjugés. Pourtant, ce dernier est innocent vis-à-vis de Northanger Abbey où tout, absolument tout est critiqué ! Et bon sang, qu’est-ce qu’on rit ! À la lecture, on a fou-rire sur fou rire, et assurément la conversation de Jane Austen devait être un concours de répartie, auquel elle gagnait toujours sans aucun doute possible. C’est vraiment ce qui fait de ce roman un bijou de la littérature, parce qu’il est une parodie si ingénieusement critiquée que sa lecture est délectable !

« Mais quand une jeune lady est destinée à être une héroïne, le caprice de cinquante familles de l’environ ne saurait prévaloir contre elle. Sur sa route, le destin doit susciter et suscitera un héros. »

Dans ce roman se dénote deux parties : dans la première y est présentée l’héroïne, sa personnalité, son caractère stéréotypé. C’est une partie très dynamique, où rencontres, sorties et révélations s’entremêlent. Dans la deuxième, on quitte Bath, la société anglaise hypocrite, pour s’installer à Northanger Abbey, où la vie est beaucoup moins animée et les sujets de préoccupations différents, ce qui donne un nouveau rythme au roman, beaucoup plus lent et mystérieux. Northanger Abbey n’est pas le lieu le plus accueillant du monde et l’héroïne commence à se figurer certaines choses sur la famille Tilney malgré son amour pour Henry. Mais l’intrigue est toujours aussi prenante et je n’ai jamais cessé de tourner de plus en plus vite les pages.

L’édition Archipoche dans laquelle je l’ai découvert est agrémentée d’illustrations que j’ai beaucoup apprécié, très réussies et elles apportent un vrai plus à l’histoire. Concernant le film, j’éditerai cette chronique après visionnage, mais j’ai très hâte de le découvrir car y figure l’acteur qui jouait dans Austenland et que j’avais particulièrement aimé !

En somme, j’affirmerai que ce roman ne sera pas mon préféré de l’auteure en terme d’histoire. Par contre, le ton, l’écriture et l’ingéniosité d’Austen m’ont beaucoup impressionnée avec ce titre tout à fait décalé et que je recommande à tout le monde, d’autant qu’il est très accessible pour tout lecteur !

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6 commentaires sur “Northanger Abbey de Jane Austen.

  1. Non, ce ne sera pas mon préféré non plus, mais c'est voulu, puisqu'il s'agit d'une simple pastiche ! Je viens de finir Mansfield Park et j'ai envie de dire que c'est mon préféré… Mais je n'ai pas encore lu Emma ni Persuasion. 😉

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