Coups de coeur !·Littérature Anglophone

Just Kids de Patti Smith.

Je connaissais vaguement Patti Smith jusqu’à ce qu’on l’évoque dans mon groupe d’amie et que je découvre ses productions musicales et son intérêt pour la littérature. Céleste, qui m’avait fait découvrir Silvia Avalonne et Didier Van Cauwelaert, avait acheté Just Kids de Patti Smith, justement, paru en poche chez Folio, et je me suis laissée tentée lorsque j’ai vu qu’il s’agissait en quelque sorte de ses mémoires.

Just kids, c’est l’histoire de Patti Smith et de sa dévotion pour l’art dans toutes ses formes et expressions. Patti Smith fait partie de ces icônes d’avant, qui ont vécu les enfances difficiles pour en retirer une inspiration sans borne. À 20 ans, fauchée, elle rencontre Robert Mapplethorpe et c’est le début d’une histoire sacrément compliquée (amour, amitié, fidélité mais homosexualité), c’est l’art qui les a fait se trouver. Le fait d’être prêt à tout pour devenir artiste, quelque soit la production finale. Du coup, Just Kids, c’est un peu un tribu pour l’art.

Je pourrais faire une liste de toutes les raisons pour lesquelles j’ai adoré ce livre, ça m’éviterait de vouloir fangirler dessus ; mais j’ai envie de tout vous dire pour qu’à votre tour vous désiriez le lire. Tout d’abord, je dirais que c’est le personnage qui m’a poussée à continuer la lecture, cette fille qui veut être artiste à tout prix : chanteuse, dessinatrice, peintre, poète. J’ai aimé la voir grandir, évoluer dans une famille qui ne correspond pas forcément à sa personnalité. Puis s’émanciper et ne jamais lâcher son rêve quitte à finir dans la rue. Bien sûr, après il y a la rencontre avec Robert Mapplethorpe et cette rencontre-là, elle a des airs de films d’auteur tellement ces deux êtres sont talentueux et ensemble forment un tandem créatif qui inspire. On les voit galérer avec leur appartement trop petit, leurs créations encombrantes, leur inspiration dévorante. On les voit passionner, on les voit profondément humains, éponges des évènements d’alors et surtout figures des célèbres années 60 et ce que cela a engendré aux Etats-Unis.

Mais ce qui m’a le plus intéressée dans ce livre à l’ambiance aérienne, tellement inspirante, c’est l’intertextualité qu’on y trouve, toutes les œuvres citées que ce soient littéraires, ou autres. On s’abreuve, on lit en checkant google, on s’enrichie et c’est vraiment ce que j’adore dans ce genre de lectures (d’où mon gros coup de cœur pour l’autobiographie d’Agatha Christie), c’est quelque chose que les simples biographies n’ont pas : cette essence de l’âme passionnée qui s’inspire de tout et qui a ses maîtres spirituels. En l’occurrence, Patti Smith adore Rimbaud par dessus tout et il se trouve que c’est mon poète préféré, alors j’étais aux anges.

Et puis, il y a Robert Mapplethorpe. Leur relation, leurs conversations, leur loyauté l’un envers l’autre. C’est unique, beau et poétique. On s’attache à cet homme, on est touché par sa vie et les épreuves qu’il a dû passer dans un pays aussi conservateur et puritain alors qu’il incarne la parfaite figure de l’androgyne, et qu’il n’a pas le droit d’assumer son homosexualité (surtout avec de tels parents… bon sang !). Encore une fois, aimer l’art, c’est être ouvert d’esprit, et Patti l’écrit avec talent.

D’ailleurs, l’écriture est ce par quoi je conclurai cette chronique : Patti Smith se voyait poète, c’était son but ultime. Elle a commencé à écrire des poèmes, puis des chansons. Mais elle ne parvenait pas à en vivre, et elle fut déboussolée lorsque c’est sa musique qui parvint à la faire percer : ce n’était pas ce qu’elle voulait incarner à la base. Je n’ai pas lu ses poèmes, mais Just kids si, et ce texte si personnel, est magnifiquement bien écrit. Le ton est humble, altruiste et souvent introspectif, l’auteure s’interroge beaucoup, remet en question ses souvenirs et actes… Mais ses mots sont comme un hommage, et en particulier lorsqu’elle évoque Robert, son grand ami. Même si je connaissais la fin, je n’ai pas pu retenir mes larmes et pourtant, j’avais découvert Robert seulement au début du livre ; mais les mots de Patti sont si bons envers lui que sa mort nous affecte autant que si l’on avait été un de ses fans.

Just kids est un hommage à beaucoup de choses, mais en particulier aux passions de l’auteur, dont l’art et Robert Mapplethorpe, son ami. Même sans être fan de ces deux personnages, je pense que c’est quand même une lecture qui gagne à être découverte et j’ai très hâte de lire autre chose de Patti Smith.

Publicités

Un commentaire sur “Just Kids de Patti Smith.

Je suis une grande bavarde, si vous aimez papoter aussi, dîtes-moi ce que en avez pensé de votre côté, par ici !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s