Littérature Française

Mémoires de deux jeunes mariées de Balzac.

 

Tout d’abord, vraiment désolée pour la qualité de la photo… Comme tout le monde, je crois, je redoutais de lire Balzac. On m’en disait tellement les longueurs… Juste avant de passer mon bac de français en première, je voulais avoir lu au moins 2 livres de l’auteur. Si je vous en parle aujourd’hui, c’est pour dédramatiser votre appréhension et peut-être vous présenter l’une de ses œuvres les plus accessibles. De plus, je l’ai découverte dans une édition reliée mais au format poche, absolument mignonne (chez les éditions Famot, où le roman est paru en 1979 avec une préface de Blaise Cendrars, rien que ça !).

Elles sont deux, Renée et Louise, qui, à peine sorties du couvent, vont suivre des destinées contraires. Faut-il mettre de la passion dans le mariage ? Ou y chercher un bonheur raisonnable ? Derrière cette « dispute », menée par correspondance, une lutte sourde oppose deux ambitions : Renée la sage n’exige pas moins de la vie que Louise la folle. Débat sur le mariage, les Mémoires de deux jeunes mariées sont aussi l’histoire d’une rivalité. Et si la sagesse finit par triompher du « romanesque », il ne faut peut-être pas trop se fier au dénouement : « J’aimerais mieux être tué par Louise que de vivre longtemps avec Renée », disait Balzac.

J’aime les récits épistolaires : Elle et Lui de George Sand ; Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows ; ou encore Inconnu à cette adresse de Kressman Taylor. Et celui-ci n’a pas échappé à la règle. Balzac n’est pas avare de ses mots, c’est vrai, mais ses descriptions sont un régal ; d’autant qu’il faut se replacer dans l’époque : ces deux jeunes filles ne peuvent communiquer autrement que par ces lettres, où, nécessairement, elles s’épanchent en détails. Ce n’était pas la poste express d’aujourd’hui et encore moins l’instantanéité des mails. Je me suis régalée de découvrir lettre après lettre leur vie respective. Découvrir que derrière une façade lisse et respectable des jeunes filles (surtout celle placée au couvent), se trouvait une jeune femme passionnée, irresponsable et vigoureuse de toute l’énergie de la jeunesse. Ces faux-semblants que pousse l’étiquette à adopter sont d’autant plus tournés en ridicules avec cela. De toute manière, vous connaissez à connaître mon attachement à la littérature du XIXe siècle.

Même si la mise en place prend du temps, j’ai trouvé que c’était un récit qui possédait un certain rythme, je me suis très vite retrouvée à vouloir connaître la suite, à attendre la prochaine lettre avec impatience. Et puis, cette fin ! J’ai adoré. C’est triste, un peu moralisateur, surtout moqueur, en fait. J’ai trouvé que l’histoire se concluait conformément à un récit de cette époque : les valeurs priment, quelque part justice est faite ; à cela de différent que le personnage transgresseur de règles est présenté sous un bon jour ; ce qui révolterait les auteurs du Grand Siècle (et ce que j’adore, bien sûr).

Ce fut donc une très belle découverte pour moi. Je me suis attachée aux personnages, j’ai adoré le caractère épistolaire du récit, l’écriture de Balzac est un vrai régal ! Je le recommande vraiment à tous ceux que les classiques effraient et qui, par exemple, ont aimé Mansfield Park de Jane Austen où le retrouve une certaine maturité dans l’écriture, une éthique rigoureuse chez le narrateur. Demain, vous pourrez découvrir mon avis sur Le colonel Chabert, que j’avais aussi beaucoup aimé.

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Un commentaire sur “Mémoires de deux jeunes mariées de Balzac.

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