Jeunesse

Jeux de pouvoirs tome 1 : La Reine Éxilée de Westley Diguet.

C’est le troisième livre des éditions Valentina que je lis et ce sera le dernier. Malheureusement, je n’ai vraiment pas accroché avec les publications de cette maison d’édition, que j’ai découvertes par le biais des réalisations de Tiphs, l’artiste qui illustre de nombreux ouvrages chez eux (couvertures, cartes des mondes, marque-pages, etc.). J’ai toutefois été extrêmement surprise en recevant un exemplaire dédicacé avec mon prénom et un petit mot de l’auteur (j’avais commandé par le biais de la boutique) et c’est une attention que je trouve touchante, d’autant que cela poussera certains lecteurs à acheter les romans de l’auteur justement.

Un complot a de lourdes conséquences sur le royaume du Vandil, laissant au pouvoir des princes inexpérimentés et des difficultés à identifier les alliés des ennemis. L’amour du Prince (le frère du nouveau roi) pour la princesse du royaume d’Elroniel est renié au profit d’une union arrangée et avantageuse.

Je confesserai qu’après la lecture d’Initiée et d’Evanescence, je n’attendais pas grand chose de ce roman-ci ; bien que j’avais découvert, grâce à sa page auteur Facebook, un personnage intéressant que Westley Diguet, passionné par son métier et plutôt boulimique d’écriture. Pourtant, j’avais plutôt une bonne impression puisque, une fois encore, le même problème se pose : le manque de révision sur le texte final qui permettrait un regard et un recul beaucoup plus critique sur le texte.

L’ouvrage s’ouvre sur une préface d’Ophélie Pemmarty, un descriptif des personnages par royaume et la magnifique carte du monde par Tiphs. Ce sont surtout les quelques extraits d’ouvrages du monde de la Terre Sacrée (monde de l’histoire) qui piquent notre curiosité. L’histoire est intéressante, surtout le prologue : il a quelque chose d’un cliff-hanger et nous permet de nous intéresser tout de suite au royaume maudit du Vandil. Pourtant, dès le dialogue, j’ai bloqué… Les personnages sont mielleux et le ton est relativement histoire-doudou : ça fait perdre son impact et son réalisme à l’histoire, d’autant qu’à cela s’ajoutent des dialogues interminables pour lesquels on ne sait distinguer les informations capitales du simple babillage. Le seul personnage que j’ai à peu près apprécié est Eowaril, du moins ses instants de contemplation, son rattachement au surnaturel et à la Déesse Lune… Niveau romance, si elle se veut tragique, le tout devient très vite cheesy car tout comme dans Initiée de Laëtitia Laridon on trouve une tendance à tout dire, plutôt que de suggérer au lecteur ; cela accentue le côté niais de l’histoire, plutôt que de renforcer la malchance qui pèse sur les deux amoureux. En fait, pour le coup, j’ai été plus touchée par Siobhan, son caractère entrepreneur et son destin ; plus forte, plus indépendante. Quant au personnage que j’ai le plus regretté, c’était la Reine Narlina, qui semblait une bonne héroïne, indépendante et courageuse, avec un titre qui impose des restrictions. Cependant, on est bien vite privé d’elle. Le personnage du nouveau roi du Vandil, Isundel, le frère d’Eowaril, a malheureusement trop peu de charisme –cela, je pense, accentué par le fait qu’il apparaît énormément et dans des situations qui ne soulignent pas nécessairement son titre.

J’ai bien aimé les actes des méchants plus que les figures elles-mêmes que j’ai trouvé un peu pathétiques au sens où ils font pitié plus que ce qu’ils font peur.

En fait, on a le sentiment que l’auteur écrit une histoire longtemps désirée et qu’il souhaite passer le plus de temps possible dans le monde qu’il crée… C’est compréhensible, bien sûr, mais pour l’efficacité de l’histoire, ça gâche tout. Le roman fait un peu moins de 400 pages, et avec une véritable révision poussée, en coupant dans ces dialogues et dans les conversations inutiles, tout en étoffant l’histoire de ce monde, en en développant la géopolitique –peu expliquée- de l’œuvre, on arriverait à optimiser un roman d’environ 300 pages sans longueur.

Ce que l’on perçoit presque immédiatement, les conflits à venir, tardent vraiment trop à arriver. La véritable action qui commence à la page 200 -comme ce fut le cas pour Initiée-, malheureusement cela peut décourager dans la lecture –même si cela me dérange moins que le ton, par exemple. En résumé : moins de dialogues, moins de mise en place, plus de narration et plus d’action.

C’était ma première lecture d’une œuvre de Westley Diguet et je dois dire que j’ai été plutôt surprise. Il a une plume douce, je dirais même sensible, on ressent beaucoup la personnalité de l’auteur derrière ses mots, tout en gentillesse et blessures. Si j’ai trouvé des maladresses dans le texte dues à un mélange pas toujours cohérent de registres soutenu et soudain relativement courant, j’ai pourtant beaucoup aimé les parties de narration. Les descriptions sont réussies, avec ce qu’il faut d’imagination, de beauté et d’exotisme pour évader le lecteur. Encore une fois, je regrette seulement le montrer plutôt suggérer.

Pas un avis complètement négatif donc, et peut-être lirai-je autre chose de l’auteur… Mais pas forcément chez les éditions Valentina, et en étant plus sélective sur le choix de l’histoire (les romances maudites sur fond, ce n’est pas forcément mon genre préféré). En revanche, son roman Les Déviants est à découvrir, je pense, ne serait-ce pour son engagement envers la cause homosexuelle, un geste et un écrit qui, je l’espère, pourront ouvrir quelques esprits.

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