Littérature Hispanique

Le vieux qui lisait des romans d’amour de Sepúlveda.

 

J’ai dû lire ce livre pour mes cours de littérature hispanique dans le cadre du D.U.T. ; pourtant, j’étais déjà tombée amoureuse des écrits de Sepulveda avec ses nouvelles Histoires d’ici et d’ailleurs, qui m’avaient beaucoup émue et qui parle de son retour dans son pays après vingt ans d’exil contraint. Ce livre-ci l’a propulsé au rang d’auteur international et j’avais hâte de découvrir l’histoire qu’il renfermait.

Le vieux qui lisait des romans d’amour est une ode touchante et sincère qui incite au voyage, à la simplicité, à la beauté du quotidien. Le personnage principal, Antonio Jose Bolivar, est un reclus dans la forêt Amazonienne, où il vit entouré de la nature et occupé par la lecture de romances, son genre littéraire favori. Dans le village d’El Idilio, il est très respecté, car il connaît la forêt mieux que personne et il a vécu quelques temps avec le peuple indigène voisin après la mort de sa femme (causée par la Malaria). Alors que la saison touristique bat son plein, le cadavre d’un touriste (un chercheur d’or) est retrouvé dans la forêt. Le maire, un gringo (désigne péjorativement un blanc anglophone chez le peuple hispanique) pathétique et grotesque personnage, dont la punition a consisté à être relégué à la présidence d’une mairie si isolée, accuse à tort la tribu, qu’il méprise. Le vieux, connaisseur de la forêt, démentira cette affirmation en prouvant qu’il s’agit d’une attaque d’ocelot, un félin de la jungle dont on a blessé le mâle et tué les petits (à cause de la recherche de l’or et du tourisme). Atteint dans sa fierté, le maire le contraindra de traquer et tuer l’animal coupable.

Ce court roman, de moins de 150 pages, est une histoire d’humilité. L’auteur oblige son lectorat à remettre en question l’instinct premier de l’homme : sa haine, sa rancoeur, sa soif nocive de vengeance. Un touriste blesse un animal sauvage, c’est dans les lois de la nature qu’attaque il y ait. Tout comme on ne peut s’étonner que les requins ne mordent/tuent si l’on envahit leur espace vital. Cela est appuyé par la figure du personnage du vieux, quelqu’un d’harmonieux, de juste, avec un passé douloureux, mais qui n’en a gagné que des valeurs honorables. Cela crée un contraste important avec le personnage du maire, qui apparait comme un citadin fermé d’esprit, hautain alors qu’il arbore une hygiène vie bien peu estimable et évidemment, raciste.

Antonio José Bolivar qui ne pensait jamais au mot liberté jouissait dans la forêt d’uen liberté infinie. Il tentait de revenir à ses projets de vengeance, mais il ne pouvait s’empêcher d’aimer ce monde, si bien qu’il finit par tout oublier, séduit par ces espaces sans limites et sans maîtres.

Cette histoire, cependant, montre surtout à quel point la forêt Amazonienne est un berceau de vie primordial, qu’il faut préserver, protéger. L’auteur lui rend un hommage touchant, dans une atmosphère exotique et humide de la forêt, où le temps s’écoule différemment, sans que l’humain en est réellement conscience. On a d’autant plus l’occasion de la découvrir que l’auteur nous dévoile les souvenirs du vieux lorsqu’il vivait avec la tribu. Tout cela, bien sûr, est suggéré, le tout emballé subtilement dans la plume légère, accessible, innocente à la surface, de Luis Sepúlveda ; d’autant que cet ouvrage est un hommage, une dédicace à la personne de Chico Mendes, amoureux de l’Amazonie, assassiné sous l’ordre de riches propriétaires.

La fin est magique : philosophique, profonde, humaniste. Je compte lire toute l’oeuvre de cet auteur, dont l’écriture me bouleverse à chaque fois ; d’ailleurs en refermant le livre, je n’avais qu’une envie : prendre un sac à dos et partir pour la forêt Amazonienne. À noter : il existe une adaptation cinématographique de ce livre.

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