Littérature Hispanique

Marina de Carlos Ruiz Zafón.

 

Il traînait depuis mon dernier passage à Montolieu dans ma pile à lire, ce qui signifie 2012, je pense… Anaïs, l’amie qui m’avait conseillée La vérité sur l’affaire Harry Québert, me pressait de le lire, disant que parmi tous les Zafón, qui est son auteur favori, celui-ci primait. C’est un bon argument, je trouve. C’est pourquoi l’été dernier je lui ai donné sa chance. L’ombre du vent demeure une épopée unique à mes yeux, un roman initiatique comme peu savent en écrire ; mais malgré ces 300 pages à peine, Marina est un immense coup de coeur que je ne cesserai de relire.

Dans les années 80, Oscar est un orphelin de quinze ans, vivant dans un internat de Barcelone. Il aime errer dans la ville, et surtout dans les quartiers abandonnés. Un jour, il entre dans une étrange maison et y dérobe une montre involontairement, pris par surprise avec l’apparition d’une silhouette. Lorsqu’il y revient pour retourner l’objet, il fait la connaissance de Marina, jeune fille qui habite la demeure avec son père. Tous deux se lient d’amitié et commencent à explorer Barcelone. Marina lui fait découvrir un cimetière dans lequel une mystérieuse femme capuchonnée de noir se rend régulièrement. Toujours, elle dépose une rose sur une tombe frappée d’un papillon noir. Marina est le seul livre de Zafón qui ne soit pas inclus dans une trilogie. S’il m’a autant plu, et à mon amie également, c’est qu’il reflète exactement le style de l’auteur.

« Je rêvais que je parcourais les salles d’un palais de marbre blanc, désert et plongé dans les ténèbres. Des centaines de statues le peuplaient. Elles ouvraient leurs yeux de pierre sur mon passage et chuchotaient des paroles que je n’entendais pas. »

Ce roman une ambiance particulière d’une Barcelone fantomatique, une situation économique difficile, une misère et la peur, souvenir du régime Franquiste qui vient à peine de chuter (1975 : mort de Franco). L’auteur entretient cela avec de grandes bâtisses abandonnés dans un quartier peu éclairé, mal famé, avec des propriétés non entretenues qui font se confondre paysages sauvages et civilisation. Certains jugent bon de le conseiller aux enfants, ou du moins de le faire figurer en littérature jeunesse… Pour moi, c’est un peu délicat que d’assumer cela, les sujets abordaient sont terriblement noirs et vicieux. Je ne pense pas qu’il soit adapté à des collégiens.

Les personnages sont vraiment attachants, comme toujours. Oscar nous fait sourire, innocent, amoureux, aventurier et surtout, avec des valeurs importantes : loyauté, courage. Marina, sa compagne d’aventure, apparait intemporelle, apparition magnifique, bouleversante et éphémère. Entre eux, c’est un peu le jeu du chat et de la souris. Ils sont jeunes, même si ce n’est pas explicitement dit, ils doivent avoir entre treize et quatorze ans : on ressent les premières attirances, les premiers flirts ; même si avec l’écriture de Zafón, le tout porte une dimension d’éternité. Pourtant, comme toujours avec cet auteur, ce sont les autres personnages que l’on adore, les mystérieux, ceux qui font peur, ceux sur qui reposent tout le mystère ; et dans Marina, il n’en manque pas, du mystère !

Je n’évoquerai pas un livre de Zafón, sans citer son écriture, qui toujours est un délice pour le lecteur. Je ne trouve jamais les mots justes pour la décrire. Ses mots vous embarquent, vous rêvez dans cette réalité d’un autre temps, inquiétante, pleine d’aventures. Le ton est complice, mystérieux, les descriptions nous donnent de terribles frissons. Avec Marina, le tout s’envole vers une fin vraiment émouvante… Zafón ne ménage pas ses lecteurs, on ne compte plus les morts et les atrocités et l’on se demande vraiment quel espoir il reste… J’ai détesté quitter ce livre, cet univers si terrible, et pourtant, qui donne le sentiment d’être dans un cocon si agréable. J’adore cet auteur, et tous ceux qui ont adoré L’ombre de vent dévoreront Marina ; pour ceux qui ne connaissent pas encore l’auteur, en revanche, je vous conseille vraiment de commencer par celui-ci !

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2 commentaires sur “Marina de Carlos Ruiz Zafón.

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