Littérature Anglophone

Haute fidélité de Nick Hornby.

 

Je connaissais cet auteur de nom jusqu’à ce qu’une amie de ma mère ne lui prête ce livre pour que je le lise. Lorsque j’ai appris que Nick Hornby était britannique, je me suis jetée dessus. J’aime l’humour britannique, caustique, ironique, les personnages des romans sont souvent hypocrites et manipulateurs. J’adore. Pour Nick Hornby, c’était un peu différent, j’ai eu l’impression de lire L’attrape-coeur de Salinger, et finalement, j’ai adoré ce petit roman malgré le fait qu’il soit écrit au présent et que ce ne soit pas vraiment mon truc.

Années 70, Rob Fleming, le personnage principal, est un loser. Il possède un magasin de disques (vinyles) qui ne tourne pas très bien, ses collègues de travail et ami sont inutiles, bêtes et méchants. Il est pathétique, pas forcément sympathique, relativement égoïste et surtout, toutes ses relations mènent à une impasse ; sa copine actuelle, Laura, vient de le quitter pour le voisin du dessus, et c’est peut-être le temps d’une crise de la trentaine.

J’ai adoré Rob, comme j’ai adoré Holden dans L’attrape-coeur. Il est détaché de tout, désinvolte, égoïste, critique et de mauvaise foi à souhait. Rob, c’est Bridget Jones, clairement ! On est noyé sous ce flux de conscience, hérité de la grande Virginia Woolf, qui se déverse en longues réflexions sur tout et rien que j’adore parce qu’on apprend à connaître le personnage de fond en comble, même des choses qui ne sont pas nécessaires à l’histoire nous sont dites et l’on se sent proche de lui. Le roman s’ouvre avec un récapitulatif de toutes ses déceptions amoureuses, les pourquoi du comment. On arrive à le plaindre, alors que sérieusement, Rob est insupportable.

Faire en sorte que le lecteur s’attache au personnage est déjà énorme, mais faire rire le lecteur tout le long, c’est encore meilleur. Je crois que Rob est si pathétique, si désinvolte que c’est ce qui le rend si comique… Il apprend qu’il a encore une chance avec sa copine (on sent tout de suite que Laura, c’est la bonne, l’élue) et part coucher avec une autre… Cette autre lui dit oui, il perd intérêt en elle : infernal, le personnage et pourtant on l’adore, on rit et on continue à lire, un véritable page-turner ce livre ! Et pourtant, l’ambiance est désespérée, Rob est au fond du trou, une loque vagabonde réellement, mais paradoxalement attachant. En fait, c’est l’histoire d’un mec normal, qui vit une vie banale avec des potes et des emmerdes amoureuses… C’est tellement loin des fioritures et des podiums, des romans d’éloquence et d’emphase que ça en devient original et c’est ce que j’ai aimé.

Par certains aspects, ce roman m’a rappelé Just kids de Patti Smith, c’est un peu une bible pour les mélomanes. Je m’y connais très peu en musique, mais l’auteur est sacrément calé et selon les critiques, les goûts de Rob s’associent aux goûts de l’auteur également, apparemment très amateur de pop britannique. J’ai aimé découvrir ce petit guide musical et écouter quelques morceaux tout en lisant le roman. Il y a aussi les soirées, les concerts auxquels Rob assiste, ainsi que la vie à la boutique où l’on découvre toujours plus sa passion… Et sa manière de changer l’organisation de sa collection de CDs chez lui, un peu comme nous, lecteurs obsédés par notre bibliothèque.

 

Il a été adapté, et le film a l’air juste aussi drôle et caustique que le livre !

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2 commentaires sur “Haute fidélité de Nick Hornby.

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