Littérature Anglophone

La Transe du Crystal d’Anne McCaffrey.

 

Traduit par Simone Hilling.
Intégrale parue en 2014, 1023 pages, Pocket.
11,20€.

 

Lorsque j’ai fait mon stage à la Librairie Passerelle à Dole, je me suis notamment occupée du rayon jeune-adulte/SF/Fantasy. La librairie avait un problème avec cette section : le manque de place s’y faisait sentir. C’était donc au détour d’un escalier qu’on les trouvait, les gens passaient devant sans les voir… et chaque jour, je voyais ce pavé au format semi-poche, tout violet, qui me disait allez, regarde-moi. J’en avais vite fait parlé avec un des libraires, qui m’avait encouragée à le découvrir. Ainsi ai-je découvert Anne McCaffrey pour la première fois… et la SF. On lit beaucoup de livres dans une vie, mais jusqu’à celui-ci ne pensais pas avoir lu d’ouvrages de SF pur et dur. Pour certains, la trilogie de la Transe du Crystal n’en sera peut-être pas… Pour moi, ça l’était vraiment. Je me suis retrouvée dans un monde futuriste, où l’on peut plus ou moins aller de planète en planète : elles sont très nombreuses et ont chacune leur spécificité.

Killashandra, l’héroïne, aime tout particulièrement le chant et ambitionne de devenir soliste, jusqu’à ce qu’un jury brise tous ses espoirs. Perdue et rancunière, elle se dirige inconsciemment vers l’aéro, où elle fera la connaissance d’un chanteur crystal (oui, ici, c’est y) ; en elle, il verra les capacités nécessaires à un tel métier… Killashandra s’embarque donc pour la planète Ballybran où, grâce à sa voix et son ouïe, elle va extraire le crystal. C’est un métier qui fait rêver, une longévité exceptionnelle, une position confortable, un égo surdimensionné, une reconnaissance interplanétaire… Et Killashandra refuse d’en voir les côtés obscurs : la folie qu’il y a à chanter le Crystal, puisque, peu à peu, il dévore votre esprit en vous rendant obsessionnel, et surtout il vous dérobe votre mémoire.

Je vous en parle dans un seul article, en réalité, il s’agit d’une trilogie ; cependant, les ayant lus à la suite, je ne saurais guère écrire un article sur chacun.

Killashandra est une héroïne intéressante, elle a conscience de son talent et de ses capacités, elle peut paraître un peu prétentieuse, mais c’est assez rafraîchissant, un personnage féminin choisi comme héroïne d’un space-opera, avec un sacré caractère et un certain charisme. Pour le coup, et dans un tout autre genre, les amoureux de Celeana (Throne of glass de Sarah J. Maas), l’apprécieraient j’en suis sûre. Killashandra est une bad-ass, à sa manière. Elle prend souvent des décisions sur des coups de tête et elle propulsait dans un monde qui n’a rien à voir avec sa zone de confort. Pourtant, elle se démène et on a affaire à une véritable battante. Je me suis beaucoup attachée à elle, elle est très intelligente et elle n’est pas passive dans sa vie, ce qui fait d’elle une narratrice intéressante et agréable à suivre.

Ce n’est pas mon genre de prédilection, je l’ai déjà dit, et j’avais très peu de ne pas accrocher, et pourtant, mélanger le chant avec des techniques et de la technologie aussi avancée a permis de faire passer la sauce. J’ai eu beaucoup de problèmes de vocabulaire, des objets issus de la technologie qu’un lecteur amateur du genre n’aurait aucun souci à identifier, mais pour lesquels un non-initié aurait apprécié quelques notes de bas de pages et c’est bien ce que je reproche à l’édition de chez pocket, un peu avare en la matière pour le coup. Néanmoins, j’ai apprécié le fait que ce vocabulaire très spécifique et mon manque de connaissances vis-à-vis de cela, n’empiètent pas sur ma compréhension générale de l’histoire. Je ne comprenais pas toujours comment tout fonctionnait (tel ou telle machine ou objet, etc.) ; mais je comprenais l’action et c’était le principal.

J’ai beaucoup aimé la bulle créée par l’auteure autour de ces individus qui perdent peu à peu leur humanité et leur identité au profit de leur profession. Ils chantent le crystal et cela les définit entièrement. Au final, tandis que les tomes passent, Killashandra ne vit que dans une sphère restreinte autour de cet état de fait, cela s’étendant même à ses amours… Sans trop exagérer, c’était un peu comme être au sein d’une famille, d’une maison. Un cocon qui nous permet de nous évader le temps de la lecture vers cette vie alternative que mène l’héroïne, j’ai lu l’intégrale en l’espace de deux-trois jours et chaque fois que je m’arrêtais, j’avais envie d’en retrouver le monde et son ambiance si particulière, cette course à l’ambition un peu enivrante. J’ai trouvé que tous les personnages gravitant autour de Killa étaient attachants. On assiste aux arrivées, aux formations et aux départs dus aux échecs des uns et des autres… Ballybran est une planète très dangereuse et on le découvre au fil des trois tomes, les disparitions se saupoudrant peu à peu dans la jolie coquille dorée de l’héroïne.

L’héroïne ne s’inscrit pas dans une tradition de l’Élue, Ballybran ne l’épargne pas et j’ai trouvé d’autant plus intéressant de voir sa déchéance, de la voir réduite ainsi, s’abrutir dans un métier qui l’obsède. Humaine, et désespérément fragile, faillible. L’auteure travaille la psychologie de ses personnages, elle joue avec les forces mentales de ceux-ci, dès l’initiation à la formation de chanteurs crystals, et pour le peu on n’est pas loin d’une sélection pour l’entrée aux classes préparatoires les plus cruelles.

J’ai trouvé le troisième tome un peu différent des autres. Situé des années plus tard, Killa y est le plus atteinte et cela change complètement son comportement, impactant mêmes ses proches. En tant que lecteur, on sait très bien ce qu’il se passe, mais pas elle, et cette complicité avec l’auteure est très intéressante. Les missions dans ce troisième tome sont particulièrement intrigantes, rythmées et renouvellent un peu la trilogie. Un personnage nous intéresse tout particulièrement dans ce tome, et je l’ai trouvé très attachant, la perte de mémoire de Killa est très difficile à vivre pour lui et cela rend les choses d’autant plus excitantes.

Même si c’est un ouvrage dans lequel l’histoire surpasse la plume, j’ai pris plaisir à découvrir Anne McCaffrey, même si cela s’est fait posthume (l’auteure nous a malheureusement quittée en 2011). L’intégrale se constitue de 1023 pages, mais je ne me suis pas ennuyée le moins du monde. Je recommande chaleureusement cet ouvrage, que j’ai découvert si par hasard. À noter qu’une importante partie de l’histoire se consacre également aux amours de l’héroïne, ce qui ne sera pas forcément du goût de chacun ; pour ma part, j’ai trouvé que cela était abordé de manière très mature, si bien que cela n’a pas dérangé ma lecture. Je suis vraiment reconnaissante d’avoir découvert cette trilogie qui a frôlé le coup de coeur !

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