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Mangas shojos : ma découverte du genre.

Quand Mots Insatiables évoque les mangas…
Chronique d’une non-initiée !

Je ne sais jamais comment parler des livres accompagnés d’un travail graphique, je n’ai pas le vocabulaire ni le talent pour en parler avec justesse. Pourtant, durant mon D.U.T., une amie m’a initiée aux mangas… Attention, je ne revendique pas quoi que ce soit, et je parle, pour la majorité, de mangas shojo, qui, personnellement, m’ont plutôt plu… Bien que je n’ai pas beaucoup d’outil de comparaison.

Il y a tout d’abord le manga culte d’Ai Yazawa, Nana. Deux jeunes femmes dotées du même prénom, mais dont les caractères ne pourraient être plus opposés, se rencontrent et dès lors leur destin vont se croiser. Il y a Nana, la gothique-romantique, indépendante, intelligente, sensible mais plutôt fière… Et il y a Nana, la ménagère modèle, terriblement naïve… Toutes deux ont des histoires d’amours compliquées. Personnellement, je ne supporte pas la deuxième Nana et celui qui lui sert de compagnon… (une ordure capable de forcer sa petite-amie à.. ! mais apparemment, ça n’a pas choqué grand monde… pardon, excusez-moi, je ne savais pas que c’était tout à fait normal, quelle idiote je fais ! humhum). Si j’aime cette saga, c’est pour tous les autres personnages, auxquels je me suis vraiment attachée au fil des ans… Je crois avoir lu les premiers tomes de ces mangas au collège et avoir achevé de lire la saga (du moins là où elle en est rendue depuis l’hospitalisation de l’auteure) l’année dernière. Mon personnage préféré, c’est évidemment Ren, sinon, c’est pas drôle. Si l’on passe sous silence le destin incertain de cette saga, je dirai qu’elle est pour moi celle qui a placé si haut mes attentes en termes de personnages, d’écritures et de dessin. L’auteure a une écriture que je trouve personnellement très poétique, à tendance philosophique, mais surtout profondément mélancolique, humaniste. Les scènes d’expositions et les conclusions de chaque tome sont des plans larges dans lesquels l’une ou l’autre des deux Nana ont toujours une pensée profonde et touchante… Le tout porté par une douceur et une poésie qui sont intrinsèques, du moins est-ce que je pense, au Japon. Comme je le disais, j’adore les personnages de cette saga, ils sont tous terriblement chieurs, avec des caractères insupportables, des personnalités très distinctes, tous un peu hipsters sur les bords… et même quand, dans la réalité ils vous donneraient envie de les baffer, vous êtes obligés de rire.

Pour rester avec la même auteure, celle dont j’aime chacune des oeuvres, je citerai également Last Quarter et Paradise Kiss. Ces deux oeuvres sont très différentes, la première est une étrange histoire dans laquelle la chronologie est si floue et les personnages si peu encrés dans une réalité, que le lecteur est un peu noyé dans un torrent de mélancolie, de tristesse qui rend toute l’oeuvre chargée d’une certaine poésie universelle, avec l’envie de lire les quatre tomes roulés en boule sous la couette avec des mouchoirs. Paradise Kiss, elle, comporte six tomes. L’oeuvre évoque le monde de la mode, les premiers amours et le duel personnel d’une jeune fille entre la voie de la raison (celle de la survie aussi : étudier le droit, qui assure un revenu stable, ou céder à sa passion pour le mannequinat et mener une vie pleine d’incertitudes ?). C’est l’oeuvre pour laquelle je me suis le plus penchée sur les dessins de l’auteure et j’adore ces figures élancées, parfois vraiment très sveltes, qui ne manquaient jamais de me rappeler Ren et Nana. Ici aussi, l’oeuvre est poétique et l’histoire d’amour, très touchante, bien qu’un peu compliquée. J’avais également lu les premiers tomes de Je ne suis pas un ange de la même auteure, mais je n’avais pas eu l’occasion d’achever la lecture de cette saga-là, aussi ne fais-je que l’évoquer.

Je voulais également vous parler de Kimi wa pet de Yayoi Ogawa, j’ai d’abord découvert le drama japonais de cette oeuvre avant de connaître les mangas. Je ne sais pas si je l’ai déjà évoqué, mais au lycée, j’étais folle du drama japonais Hana Yori Dango, j’adore l’actrice principale… Et bon, j’ai une PETITE obsession pour Oguri Shun, comme tout le monde ! Or, dans Hana Yori Dango, l’héroïne, Mizuki, a pouyr love interest un acteur qui joue également le personnage principal dans le drama de Kimi wa pet (le drama s’appelle d’ailleurs Kimi Wa Petto). Et je n’avais pas particulièrement accroché au drama… même si j’adore l’acteur. Je trouvais le personnage féminin bien trop froid et distant. En commençant les mangas, j’ai découvert tout autre chose. Kimi wa pet, c’est la rencontre d’une femme très indépendante, une working-girl, une career-woman, en quelque sorte, avec un jeune perdu en fait. Elle découvre sur le pas de sa résidence un carton dans lequel se trouve un garçon qui s’est fait agresser, dès lors elle le recueille. Cependant, elle ne supporte pas sa présence en tant qu’être humain, elle a du mal avec le côté social de la chose… Dans l’univers étrange que crée l’auteur, le personnage du garçon se propose tout naturellement de devenir son animal de compagnie. Ainsi, les mangas instaurent une atmosphère intimiste et ce personnage-animal de compagnie devient la seule personne avec qui, au final, l’héroïne peut se laisser aller, avec qui elle s’autorise à être faible. C’est une oeuvre intéressante dans un monde comme le nôtre où le patriarcat stigmatise toute femme qui réussit… À noter que ce manga est décrit pour certains comme étant un josei manga… Personnellement, je ne trouve pas que cela jure vraiment avec une sélection shojo.. Les indices de la future histoire d’amour entre les deux personnages demeurant constants. En tout cas, j’ai dévoré les quatorze tomes en un après-midi !

Pour les plus jeunes, je voudrais aussi évoquer H3 school de Rie Takada, qui est un petit manga en six tomes si je me souviens bien, qui raconte les péripéties d’une jeune fille au collège qui tombe amoureuse d’un garçon un peu différent qui lui en fait vraiment voir de toutes les couleurs. On est vraiment dans l’épanchement sentimental, avec des réactions souvent démesurées et des petits chipotages pendant quelques pages sur un bisou, le tout donnant à l’oeuvre un côté très jeunesse qui fait sourire. Je sais que je l’aurais plus apprécié si je l’avais découvert au début de mon collège et c’est pourquoi je vous en parle ici.

Je voudrais évoquer un dernier manga, il s’agit de Quartier Lointain de Jirô Taniguchi. Au D.U.T., tout le monde en parlait comme d’un classique à avoir lu. Enfin, bref, j’ai donc découvert ce mangaka et son célèbre titre. J’ai trouvé cette oeuvre profonde, avec une réflexion un peu pessimiste, mais importante : il faut savoir se poser les bonnes questions pour pouvoir se coucher sans regret. Qu’est-ce qui est important/essentiel pour nous ? À la fin de la journée, que veut-on avoir accompli ? Et le personnage principal a l’occasion de rectifier le tir, ce qui évidemment n’advient que dans la fiction. Certaines scènes étaient particulièrement touchantes et j’ai bien aimé l’écriture. Je n’ai pas trouvé les dessins exceptionnels, par contre. En tout cas, j’étais très contente de l’avoir lu et découvert.

Ces lectures sont, personnellement, surtout le sujet de moment de détente. Si vous voulez me proposer/conseiller des titres, n’hésitez surtout pas !
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5 commentaires sur “Mangas shojos : ma découverte du genre.

  1. Ton article est très intéressant et m'a rappelée ma passion avortée pour les mangas que j'ai découvert au lycée. Y'a eu Nana, forcément et pour lequel je partage entièrement ton avis. J'avais commencé Ayashi no ceres que j'adorais, Fruit Basket également… Seulement j'ai vraiment été découragée par le prix de chaque titre. Trop trop cher par rapport au temps que te fait la lecture d'un manga. Pourtant, j'avais trouvé à Aix, une boutique rétro-gaming, manga (bon geek en gros) qui faisait dans l'occasion. Tiens, tout en écrivant, ça me donne envie d'y retourner et de m'y remettre. Je sais pas si je dois te dire merci Laurie 😉

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  2. Fruit Basket, j'avais bizarrement pas accroché, je trouvais ça encore plus jeunesse qu'H3 school ^^ Le prix, c'est aussi la raison pour laquelle j'ai emprunté et non acheté les Nana. En tant que grosses lectrices, on lit trop vite pour payer un livre 8,50 et le lire en 15 min x)
    Dis-moi, tu es d'Aix ? C'est trop cool ! Je ne savais pas (ou j'avais complètement oublié ?) ! En tout cas, il y a une librairie mangas/comics/BD, si je ne me trompe pas, elle s'appelle La Licorne ou quelque chose d'approchant 🙂 Il y avait eu des rumeurs de fermeture, maintenant, je n'en sais pas plus.

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