Coups de coeur !·Littérature Anglophone

A Darker Shade of Magic tome 1 de Victoria Schwab (V. E. Schwab).

 

If you click here, you’ll be able to read this review in english!

« Des pirates, des voleurs, des rois sadiques. » Telle était la description que faisait l’auteure, Victoria Schwab, à propos de son nouveau roman A Darker Shade of Magic. Je venais juste de finir The Unbound, intriguée, j’ai donc commandé le livre. Je ne lis jamais les quatrième de couverture, mais l’auteure, dans son contrat éditorial, est chargée d’assurer elle-même la promo de son livre, ce qui fait qu’elle postait des petits extraits, fanarts, sur twitter. Elle a mentionné Londres. Le livre est arrivé et là, bam, hardcover, illustré par Will Staehle, une petite merveille où on voit un des deux personnages principaux dans un manteau sublime… Oui, parce que l’auteure est obsédée par les manteaux de ce type, elle en a de toutes les couleurs, ça et les chapeaux.

Kell est l’un des derniers Antari, des magiciens de sang, seuls héritiers de la situation d’il y a 200 ans durant laquelle les portes entre 4 dimensions étaient ouvertes et laissaient librement circuler la magie jusqu’à ce que celle-ci fasse imploser l’une des dimensions, Black London et que les autres décident pour se protéger de se refermer sur elles-mêmes. Kell est l’ambassadeur de Red London, où l’on traite la magie comme une égale, c’est la dimension la plus puissante depuis la chute de Black London au temps de laquelle White London surpassait toutes les autres avant de tomber dans la déchéance qu’elle connait désormais. Il y a aussi Grey London, dimension qui a préféré oublié l’existence de la magie et des autres dimensions. Kell est chargé de livrer les correspondances entres les différentes familles royales de chaque dimension… Pourtant, il a une autre activité, complètement illégale, c’est un trafiquant, il échange des objets interdits contre d’autres. Un jour, au cours d’une transaction, on ne lui dit pas toute la vérité et il se retrouve avec une relique de Black London, qui sont censées avoir été détruites dans leur intégralité. Lorsque Lila Bard, voleuse professionnelle, la lui dérobe, leur deux vies basculent dans un chaos sans nom.

Dès les premières lignes, c’était exactement ce que j’imaginais. Riche, imaginatif, jamais vu. On découvre le premier narrateur Kell, qui se distingue dans la foule. Il est craint pour sa singularité, ses capacités et nous, lecteurs, devenons très intrigués par ce personnage. Il semble connaître tous les secrets des différentes dimensions, les pions des différents jeux et pourtant, il reste prudent, sur ses gardes. Il n’est pas tout à fait innocent, il a pas mal de choses à se reprocher, ce que l’on découvre tout au long du livre. Il n’a pas nécessairement confiance en lui et n’a absolument pas confiance en autrui. La famille royale de Red London le considère comme leur « fils », bien qu’il sache pertinemment qu’il est plutôt « leur possession » ; mais Kell vit pour ceux qu’il aime et toute sa loyauté va pour Rhy Maresh, le futur Roi de Red London ; un charmant jeune homme qui a un sacré caractère et très bon coeur. Je suis tombée amoureuse de deux personnages, Rhy bien sûr, ainsi que Lila.

Delilah, dite Lila, nous la découvrons quelques chapitres plus tard. Elle vole pour survivre dans un Grey London, où la pauvreté est omniprésente, le Whitechapel du XIXe siècle en quelque sorte. L’auteure a révélé que si l’histoire prenait place dans notre monde, cela serait en 1819 et on le sent. Le droit des femmes ? Inexistant ! Et c’est pourquoi Lila a dû tuer pour survivre. Sa langue est aussi acérée que ses lames et son pistolet est bien chargé. Elle vit pour l’aventure et ne laissera rien ni personne lui dicter sa vie. Elle a des rêves plein la tête et elle deviendra pirate, pour sûr (en témoigne la couverture du tome 2). Si tous les personnages féminins étaient aussi déterminés que Katniss, croyez-moi, on aurait une femme présidente et non pas une remise en questions des droits que l’on devrait attribuer ou non à ces dernières. Lila Bard, en plus d’avoir un nom génial, est l’héroïne que l’on a toute au fond de nous.

Lila et Kell forment le tandem principal, mais tous les personnages sont intéressants. Contre eux se dresse l’énigmatique Holland qui, à la connaissance de Kell, est le seul autre Antari qui existe. J’ai tout de suite adoré son personnage, charismatique, mystérieux, un petit côté charmeur que j’ai déduit de certains posts twitter de l’auteur, mais que l’on pressent dû à ses visites fréquentes auprès de Rhy. Pourtant, au fil des pages, une part plus sombre apparaît sur ce personnage. Les pouvoirs de Kell lui ont accordé une liberté dont il considère parfois que c’est un fardeau. Mais Holland appartient à la famille de White London et les jumeaux Dane qui règnent sur le trône, n’ont rien de la famille royale de Red London et peu à peu on découvre que leur attrait pour la magie fait en sorte qu’Holland leur doive totale obéissance. C’est donc un personnage que j’ai hâte de découvrir plus avant dans le tome deux.

J’ai depuis peu appris à aimer les personnages des méchants pour ce qu’ils avaient été premièrement construits et pensés ainsi par leur auteur et cela au-delà du simple fait que, en lectrice de fictions pures comme je l’étais au début, leur rôle était de l’être. Ainsi, ai-je découvert les Dane, couple de jumeaux, à qui est revenue le trône sanguinolent de White London. Autour d’eux s’organise un véritable culte du sang, si bien que, lorsque Athos Dane s’ennuie il se penche vers vous et vous murmure « Coupe-toi la gorge, je m’ennuie » à peu de choses près ; pour Astrid, c’est plutôt :

The bodies in my floor all trusted someone. Now I walk on them to tea.”
(Traduction personnelle, approximative).
Les cadavres sur mon sol avaient tous accordé leur confiance à quelqu’un. Maintenant, ils sont le sol sur lequel je marche pour aller prendre mon thé.

Après ces petites phrases délicieuses, vous comprendrez pourquoi j’ai adoré haïr ces personnages. Il y a des scènes d’une intensité vraiment terrible, l’être humain n’a aucune valeur à leurs yeux, seulement le pouvoir et toujours plus de magie. Le truc, c’est que l’auteure a écrit un livre sur les méchants, qui s’intitule judicieusement, Vicious (Vicieux, malintentionnés) ; or, le niveau imposé par les jumeaux me fait craindre que ce livre ne me donne de terribles cauchemars !

Comme le savez, les personnages sont la clé d’une histoire pour moi. L’auteure n’aurait pas pu mieux faire en ce sens. Ils sont tous charismatiques, hypnotiques, passionnants. Ils ont chacun leur propre identité, ce que j’adore, les faisant se distinguer radicalement. Comme je l’ai dit, je suis tout particulièrement tombée sous le charme de Rhy et surtout de Lila. Et que j’ai hâte de les retrouver dans les autres tomes !

À cette épatante galerie de personnages s’ajoute autre chose : la complexité du monde créé par l’auteure. Le résultat, qui a demandé une réécriture énorme au vu des photos-preuves postées sur twitter par l’auteure, parait tellement abouti. On a le sentiment que cet univers pourrait exister quelque part. Et pourtant, on sent bien notre réalité, dans les thèmes abordés (la réflexion de l’auteure sur la condition de la femme, la légitimité des dirigeants, la pauvreté et ses conséquences ; mais aussi sur sa propre sexualité) ; notre monde transparait notamment à travers Londres, que l’auteure a parcouru dans tous les sens pour déterminer les allers et venues de Kell. Londres, le point commun aux quatre dimensions.

J’ai beaucoup aimé l’idée d’un point d’encrage entre les 4 dimensions, représenté par la taverne qui, bien que gérée par différents propriétaires et nommée différemment, reste au même endroit et a les mêmes utilités (un lieu de trafic d’objets illégaux, où toutes sortes de gens viennent).

Ce qui m’a le plus fait rêver cependant, c’est la vision de la magie présentée dans ce livre. L’auteure n’a pas repris les mythes et légendes habituels, mais a créé son propre code. C’est unique, effrayant, vibrant… Vivant. La magie est vivante, elle a sa propre volonté, elle est ambitieuse et avare et c’est encore Kell qui en parle le mieux.

But the thing about magic,” added Kell, “is that it preys on the strong-minded and the weak-willed, and one of the worlds couldn’t stop itself. The people fed on the magic and the magic fed on them until it ate their bodies and their minds and then their souls.
(Traduction personnelle, approximative)
« Mais le truc, à propos de la magie, ajouta Kell, c’est qu’elle cible les plus forts comme les plus faibles et une des dimensions en demandait toujours plus. Les gens puisaient dans la magie et la magie puisait en eux jusqu’à ce qu’elle ait dévoré leur corps et leur esprit et enfin, leur âme. »

L’auteure en fait un système à part entière qui est en fait le vrai commandant des différents mondes, même si les différents peuples ont une approche différente envers la magie, elle reste une source d’obsession dans laquelle elle puise sa propre force. Dans l’histoire, cela se traduit par une atmosphère lourde, comme si l’air vibrait autour de vous, comme si cligner des yeux ou se retourner pouvait vous mener à votre perte. Le sentiment d’être une proie. Cela crée une tension qui sert beaucoup à l’oeuvre. Kell est un peu le miroir qui nous permet de la découvrir, puisqu’il l’utilise au quotidien. J’ai adoré découvrir ses capacités, ce qu’il en faisait. Tout ce est passage entre les deux dimensions est très intéressant et surtout, le système de porte ne peut m’empêcher de repenser à The Archived, où elles sont la clé de… tout.

Voyant le personnage de Holland revenir en tant qu’obstacle à plusieurs reprises, je craignais que le motif devienne un peu répétitif… Mais en vérité, l’intrigue a tellement de niveaux. Quand on pense que quelque chose est réglé, les personnages se retrouvent confrontés à un nouvel obstacle, survenant du passé de l’un d’entre eux, ou lié à l’affaire de la relique… C’est tellement complexe qu’en fin de compte, on ne reste jamais avec un goût de péripétie prévisible.

Ce que j’apprécie grandement, c’est que la fin n’a pas un goût de fin. C’est une vraie fin sans cliff-hanger, mais plein de choses donnent envie de retourner dans cet univers : je veux voir Lila pirate et Kell galérer dans une autre aventure rocambolesque, je veux découvrir la romance de Rhy et Holland… Je veux explorer ces mondes encore et encore !

Pour finir, je voulais consacrer un dernier paragraphe de cette longue chronique à l’écriture de l’auteure qui est toujours aussi hypnotique, poétique, avec quelque chose de transcendant et de magnétique que j’adore. Merci Victoria pour ses heures d’évasion. Une relecture s’impose, durant les vacances de Noël pour être entourée de magie ; mais je vais conclure cette chronique en disant que oui, j’ai trouvé mon coup de coeur de l’année 2015 et je ne sais pas comment trouver assez de patience pour 2016 et la sortie du tome deux, A Gathering of Shadows.

Publicités

5 commentaires sur “A Darker Shade of Magic tome 1 de Victoria Schwab (V. E. Schwab).

  1. Olalala c'est pas sympa de faire saliver les copines sur un livre qui n'est pas sortie en VF (parce que les dits copines, c'est à dire moi, ne lisent pas en anglais !). Je le note dans un coin de ma tête en espérant une édition française très mais alors très prochaine !

    J'aime

  2. J'adore aller sur mon blog et découvrir tes commentaires ! 😀
    J'ai rien entendu concernant une possible trad… Ils veulent des ventes, et c'est le premier de ses livres à avoir eu un certain succès… C'est nul, leur système… Elle mérite vraiment d'être découverte :/

    J'aime

Je suis une grande bavarde, si vous aimez papoter aussi, dîtes-moi ce que en avez pensé de votre côté, par ici !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s