Littérature Anglophone

Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage de Maya Angelou.


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Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage de Maya Angelou est un roman autobiographique publié en 1969 (l’apogée du mouvement pour Les Droits Civiques c’est 1965), un texte qui s’inscrit et résonne donc tout particulièrement dans le contexte dans lequel il est publié). L’auteure y raconte son enfance tout en dressant le portrait des Etats-Unis à leur époque ségrégationniste (1920-1930). Marguerite Johnson, dite Maya Angelou, vit avec sa grand-mère et son frère. Sa grand-mère tient l’unique magasin de la ville et c’est une situation très difficile à vivre, même si elle leur permet d’échapper à la misère que connaissent les ouvriers des champs de coton. Bailey, le frère de Maya est un personnage auquel on s’attache beaucoup, il a le sens des responsabilités et il est très proche de sa soeur ; j’ai beaucoup aimé leur relation.

Le quotidien est infernalIl faut faire attention à ne pas offenser un Blanc (on vous tuerait pour moins que ça). Maya grandit en se prenant insulte sur insulte dans la tête et celles-ci balancées avec un flegme et une assurance qui terrifient. Certains haïssaient les juifs et la littérature française le reconnait assez bien, mais elle est muette quant à la question des noirs et quel terrible erreur ! En lisant ce livre, on se dit qu’il devait être tout particulièrement difficile de grandir dans de telles conditions, de grandir normalement avec une certaine estime de soi-même et une envie d’avoir un futur.

C’est quelques lectures après celle-ci que j’ai lu Ne tirez pas sur un oiseau moqueur, mais je n’ai pas écrit les chroniques dans cet ordre et ce n’est donc que maintenant que je m’aperçois de la similarité des techniques de narration. Bien sûr, Maya est une petite fille noire et cela a un impact sur toute son histoire, mais le point commun c’est ce que cela crée dans le récit. L’impact contradictoire que cela a. Scout Finch ou Maya Angelou sont deux petites filles parlant de choses d’adultes, les analysant (au début du moins pour Maya, puisqu’on la suit jusqu’à un âge plus avancé que Scout) et les décrivant avec des visions d’enfants. Une innocence si pure qui se confronte au pire : la haine, les vices de l’humanité… C’est ce qui donne leur force à ces deux immenses textes de la littérature Nord-Américaine.

Je ne suis pas très témoignage et biographie, j’apprécie déjà beaucoup plus les autobiographies ; et lorsqu’elles prennent un aspect un peu fictif comme c’est le cas ici, cela m’intéresse vraiment plus ! Maya subit tout : racisme, cruauté… Et elle n’est qu’une petite fille (8 ans) lorsqu’un homme (son beau-père en fait) abuse d’elle… Elle cessera de parler durant les cinq ans qui suivront. Et bien sûr, blanc comme qu’il est, elle n’aura aucune crédibilité dans son accusation, n’est-ce pas ? Accusée d’avoir tout inventé (ah, la justice !), c’est sa grand-mère se chargera du destin du coupable.

En lisant ce livre, on a juste envie d’hurler « ce n’est qu’une enfant ! Quelle importance sa couleur de peau ? » Et quelle importance en effet ? Mais c’est un sujet désespéré quand on voit que certains insultent la chanteuse Adèle pour s’afficher avec un acteur noir dans son nouveau clip… Oui, ça fait perdre toute foi en l’humanité et ça montre surtout que celle-ci n’apprend jamais de ses erreurs. 2015 et on n’a pas bien avancé, pas même aux Etats-Unis où, malgré un président noir, le racisme fait toujours autant de ravages…

Cependant il faut reconnaître au livre qu’il expose sans juger, qu’il montre les cruautés qu’a vécu cette famille sans pour autant constituer un plaidoyer contre les blancs. Et puis, mêmes certains membres de la famille de l’auteure sont à considérer avec quelques réserves… Sa mère, qui n’a aucun instinct maternel et leur père, un fantôme éphémère. En fait, le ton est souvent humoristique. On sent que l’auteure a été assez forte (parce que oui, il en faut du courage pour oublier tant d’horreurs) pour prendre du recul et en parler avec des mots qui permettent au message de passer. Au début de l’oeuvre, son personnage est plutôt caractérisé par un complexe d’infériorité… Puis elle s’affirme et à la fin, sur ses 17 ans, on sent la battante en elle… La future militante pour une cause jamais acquise. C’est donc une oeuvre initiatique, que ses autres publications, je suppose, poursuivent tandis qu’elle-même grandit.

Je referme ce livre toujours plus emplie d’humilité et je suis vraiment contente et reconnaissante à ma mère de m’en avoir parlée et de m’avoir poussée à le lire car je serais passée à côté d’une oeuvre cruciale.

EN review:

France doesn’t really have a literature about black people and their conditions, since literature here is more focused on the WWII. I think it is a pity but I had the opportunity to read this book and I’m so glad because it was a beautiful reading.

I’m not really into testimonies nor biographies since it makes the reader really committed in the story and I’m really sensitive. But I really enjoy autobiographies (for example, I loved An Autobiography by Agatha Christie, which I reviewed on the blog but the review isn’t available in english yet). In the end, Maya Angelou has told her story, in this book, in such a way that it might makes the reader think it is a novel. She uses humor, irony and she takes a distance with the events which are told to the reader which provide the text to become too tearful, and also which make the reader able to handle all the terrible things that happened to her.

I found some similarities about the narrative techniques between To Kill a Mocking Bird and I Know Why the Caged Bird Sings. At the beginning of the two books, their narrator are really young even if they talk about importance matters, subjects that shouldn’t concern a child… It gives strength to the writing.

When she was 8, she was raped by her step-father and the justice accused her to have lied and settled up the whole story. Maya stopped talking for 5 years after that. That was a really difficult part for me to read. She was just a baby, and her skin colour shouldn’t matter in such conditions or accusations. I know that in order to live together we must try to understand each other… But I can’t understand racist people, and I understand them even less when a child is concerned and becomes the victim of an injustice. Unfortunately, I have no more hope for our world since there are people on this earth who finds the audacity to insult Adèle, the singer, because in her new music video she is fictively flirting with a black… I just… No, I just can’t understand. Of course, even black people make some mistakes and the author mentions it, speaking about her irresponsable mother and her father, as much present for them as a temporary ghost.

I finished this reading full of humility and I’m really glad I got to read this book. Maya Angelou was a great woman, who later became a militant for the Civil Rights and it was important to learn more things about her life.

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