Littérature Anglophone

Les vestiges du jour de Kazuo Ishiguro.

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Kazuo Ishiguro est né au Japon, avant que ses parents, alors qu’il n’était âgé que de cinq ans, ne déménagent en Angleterre. Ecrivain s’exprimant dans sa langue d’adoption, il en pourtant parfaitement acquis la culture et figure parmi les plus grands auteurs britanniques contemporains. Son livre, Auprès de moi toujours a été un succès international. Pour ce roman-ci, Ishiguro recevra le Booker Prize en 1989.

Les vestiges du jour, dont le narrateur est un traditionnel majordome anglais, Mr. Stevens, nous peint le portrait des maisons anglaise du XXe siècle, mélangeant Downton Abbey et The Grand Budapest Hotel ; le tout sur fond de l’entre-deux guerres.

Lord Darlington à qui appartient dans un premier temps la demeure, Darlington Hall, est un personnage important des relations internationales de l’Angleterre. Aristocrate, on le voit d’abord réunir des personnalités éminentes, assez influentes pour envisager de faire bouger les choses. Darlington désirait alléger la dette que l’Allemande se doit de payer après la signature du Traité de Versailles et qui a mis le pays complètement à terre. On est face à Stevens, maladivement loyal envers son maître qui, on le devine petit à petit en lisant entre les lignes et en le déduisant des non-dits, est un partisan du Nazisme grimpant de l’époque. On grince tout particulièrement des dents lorsque Darlington lui fait renvoyer deux jeunes filles juives sous prétexte qu’elles sont juives… L’ambiance est lourde, oppressante, on est dans l’attente, c’est la bombe à retardement qui ne pourra donner lieu qu’à une autre guerre et tout le monde en a plus ou moins conscience.

Le dévouement de Mr. Stevens pour sa Seigneurie, comme il l’appelle, n’a de limite que sa propre aliénation. M. Stevens, ce nom de famille porté à son apogée par la grande figure de majordome que fut son père, est bien la seule chose qui marque l’identité du narrateur. Il n’a pas de vie de famille, pas de loisir en dehors du travail, pas même, on le verra au fil de la lecture, de pensées personnelles ou d’avis sur quelques questions que ce soient. Son travail, c’est vraiment l’unique chose qui compte. A peu ou proue, c’est un robot.

Pourtant, lorsque son employeur l’invite à partir une semaine, il accepte. Il prend la voiture de son employeur afin de visiter une ancienne collègue de travail (que j’ai trouvée particulièrement antipathique pour ma part), qui s’est retirée de Darlington Hall après son mariage. On découvre vite que malgré la beauté des paysages qu’il traverse, son travail et les souvenirs qui y sont liés le hantent jusqu’à en oblitérer ses vacances. Stevens ne sait pas lâcher prise, son travail, c’est toute sa vie ; et il éprouve une appréhension trop grande à s’éloigner de cet état de fait, car son poste, c’est son identité. Si bien qu’il devient, lui-même, un objet, une possession à part entière de Darlington Hall.

Avec l’arrivée du nouveau propriétaire, M. Farraday, on marque la fin d’une époque, le déclin des maisons anglaises et de leurs traditions. Les butler ne font plus grand sens et Farraday recherche plus un ami qu’un serviteur-fantôme, ce à quoi Stevens semble incapable de s’adapter ; même si, comme il le laisse entendre à la fin, il ne cessera d’essayer. En fait, il reproduit exactement ce que son père fut.

J’ai adoré l’idée, l’ironie, le fait que l’on sente plusieurs niveaux de narration et notamment celui de l’auteur. J’ai trouvé ça terriblement original, incroyablement bien écrit. Sophie Mayoux, chargée de la traduction de cet ouvrage, The remains of the day en anglais, a fait un excellent travail : le tout donne une oeuvre qui est poétique, intimiste, drôle et à la fois terriblement réaliste. Pour le coup, on ne perd vraiment rien avec la traduction ici.

Néanmoins, 338 pages de quelqu’un qui parle de son métier de majordome… Ca peut être long… Ainsi, je pense que ce livre aurait été un énorme coup de coeur s’il avait eu le format d’une longue nouvelle, par exemple. Mais sous la forme d’un roman, on n’est pas toujours hyper motivé à l’idée de reprendre sa lecture.

Pour les lecteurs un peu curieux, qui aiment être décontenancés par leur lecture, je vous recommande cet auteur. J’ai beau n’avoir lu que deux de ses livres, Ishiguro m’a totalement surprise à chaque fois et surtout, je suis irrémédiablement amoureuse de son écriture. A noter que James Ivory a adapté cette oeuvre en film avec Emma Thompson et Anthony Hopkins.

EN review:
Ishiguro was born in Japan, but his parents decided to move to England when he was 5 years old. Today, he is one of the most successful author of England. He has chosen to write his books in this language and his most famous book is Never let me go (I reviewed it on the blog, but it is only in french for now), which also has been turned into a movie. With his novel The remains of the days, Ishiguro received the Booker Prize in 1989.

This novel deals with a butler, Mr. Stevens, of a traditional British house, Darlington Hall near Oxford. It takes place in England at the 20th century, between the two wars. The novel reminded me of Downton Abbey and The Grand Budapest Hotel by Wes Anderson.

The narrator, Mr Stevens, has the opportunity to travel to the countryside in order to go meet a former employee of Darlington Hall. Mr Stevens had two masters, Lord Darlington and the new owner of the place, Mr. Farraday who comes from the US.

Lord Darlington is a man of the British Gentry who wields a lot of influence. Keeping on reading, we discover he actually is a partisan of the Nazism. The atmosphere is breathless, everyone is waiting for something to explode and indeed, this will be the second World War. Especially when he asks Stevens to fire two girls only because they are jewish.

Stevens’ devotion for his masters is disturbing. He becomes an object, a possession, a part, denied of its humanity, of Darlington Hall. His work defines him, he can’t think by himself, he is only acting, always. He never worries about the word, about what are the right things ; he executes the orders, without judging. He is a human robot.

But after the death of Lord Darlington, the house is sold to Mr. Farraday who comes from the U.S. and it shows the end of a period. Butler are no longer needed, Mr. Farrader is looking for a friend more than a servant and the social behaviour of Steven’s position is too deeply settled in his mind. He can’t adapt himself to this new society ; even if he promises to do so the best he can.

I loved the idea, the plot, the irony of the book. It’s original, the atmopshere is intimist, sometimes funny and it perfectly depicts the society of the 20th century. I really liked the translation that has done Sophie Mayoux, I didn’t feel like I was loosing a part of the nature of the book.

But, in the end, I must say that, sometimes, I get bored. I needed to push myself to go back to reading it because 338 pages of reading someone talking about his work is a bit too long. I think it would have been a marvelous reading if it was a long short-story for example: it would have been original, but short enough to keep the disturbing feeling without creating boredom.

This book will please those who like to discover something strange and different. You can also watch the adaptation, made by James Ivory with Emma Thompson (the greatest!) and Anthony Hopkins.

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Un commentaire sur “Les vestiges du jour de Kazuo Ishiguro.

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