Films d'animations

Zootopie

Je n’avais jamais trop osé rédiger des chroniques sur les films et séries que je regardais mais plus le temps passe, plus je me dis que c’est mon petit blog, alors pourquoi pas ?

Disney et moi.

J’ai quelques Disney en cassettes, les plus populaires si l’on veut. Petite, très petite, je les ai regardés quelques fois et puis, en grandissant, ça a été fini. J’ai seulement renoué avec les films d’animation en arrivant au lycée, grâce aux productions des Studios Ghibli. Quand je suis arrivée à l’I.U.T., ma bande de copines connaissait littéralement chaque Disney par coeur ; j’étais impressionnée et surtout, j’avais l’impression de louper quelque chose de cool. Alors j’ai commencé à re-visionner les grands classiques, j’ai tout regardé en notant ce que j’aimais particulièrement et les autres. Et depuis, je suis activement les nouvelles sorties au cinéma (je le faisais déjà plus ou moins depuis la sortie de Tangled mais désormais je n’en manque presque aucune).

Mon cerveau bizarre et moi avons réalisé que, autant pour un film, il me fallait le voir en 4 ou 5 fois par manque de concentration… autant un film d’animation, je retombe en enfance et je suis collée à l’écran.

Je vous ferai sûrement une chronique sur Vice-Versa, qui m’a chamboulée comme pas possible et pourquoi pas sur Tangled, Mulan, Alice et Kuzco, mes préférés. En vérité, je les aime presque tous. De tête, je dirais que seulement Blanche-Neige et La Belle au bois Dormant m’insupportent. La vision conservatrice de la femme m’horripile mais vous connaissez la féministe que je suis (même si j’ai conscience que c’était une autre époque).

Les derniers Disney que j’avais visionné étaient Le voyage d’Arlo (une fontaine suis-je devenue) et Richard au pays des livres magiques (a un peu vieilli mais qu’est-ce que j’ai rêvé !). MAIS. La bande-annonce de Zootopie : les paresseux ! j’étais juste OB-LI-GÉE d’aller le voir !

Zootopie.

Dans le monde dans lequel nous sommes entraînés, les animaux n’ont rien d’impulsifs ou d’instinctifs, ils parlent, travaillent, fondent des familles et ont des hobbies divers et variés. Or, Judy Hopps est une lapine et elle rêve de devenir flic. Eh oui ! Problème : aucun lapin ne l’est jamais devenu, alors une lapine, faut pas rêver ! Mais c’est sans compter sur le caractère de cochon de notre chère héroïne qui réussit le concours avec mention et prend sa valise, direction la capitale, Zootopie. En arrivant à sa première affectation, elle va vite déchanter : elle est entourée de prédateurs (les animaux redoutés autrefois) et elle devient contractuelle (elle met des PV quoi). Oui mais voilà, Judy a ce métier dans le sang et elle s’embarque dans une affaire beaucoup plus grosse et dangereuse qu’elle : 14 prédateurs ont disparu dans Zootopie, à Judy de trouver le coupable ! Aidée de Nick, un renard arnaqueur à qui elle a montré de quel bois elle se chauffait, les voilà partis pour de sacrées aventures.

Les dessins sont magnifiques, on rêve tout en couleur et en énergie, les personnages sont adorables, de nos deux héros aux rôles secondaires, quelles que soient la catégories d’animaux à laquelle ils appartiennent, ils sont tous irrésistibles et terriblement bien animés. Les décors sont impressionnants, les couleurs sont vives, l’originalité est omni-présente. J’ai adoré le quartier où vivent les souris (tout est de taille minuscule) et également le voyage que fait Judy de Lapinville jusqu’à Zootopie, ce qui nous donne l’opportunité de voir des paysages différents (et ouvre potentiellement la porte à des suites).

L’intrigue est haletante, on est tenu en haleine jusqu’au bout. Le début n’est pas explosif, c’est un film qui s’apparente au registre des contes initiatiques, le personnage principal est confronté à la brusque rupture entre ses rêves et la réalité mais… Bon sang, Judy est énorme. Elle fait des gaffes, elle a un caractère insupportable, elle est complètement trop dévouée à son métier… Et pourtant, j’ai adoré cette fille. Lapin ou pas, elle a un SACRE CULO. Sans elle, le film aurait été d’un plat. Elle met le doigt où ça fait mal et surtout elle donne un énorme coup de pied dans le nid, c’est une pile électrique, elle est toujours en train de courir, de crier, de péter un câble, de stresser (j’ai adoré quand ils la font taper de la patte nerveusement, c’est juste un détail mais trop bien pensé). Une boule de nerf ambulante Elle est tellement manipulatrice avec Nick, c’est juste délicieux de le voir maronner tout le long.

Judy
C’est vraiment Judy qui vous embarque dans cette folle histoire mais vraiment, tous les personnages sont géniaux. Et dingues. L’ami arnaqueur de Nick est à se tordre de rire. Les paresseux sont géniaux (et la fin est bien tournée ahah). Mais SURTOUT. Mr Big. Au début, je me disais ça va être le GRAND méchant. LOL comme on dit. J’ai explosé de rire. Je vous jure, ce film, c’est un concentré de petits détails énormes. Pour vous dire, le maire de la ville est un lion. Alors, oui, forcément, j’ai pensé à Narnia, tout ça, j’avais 4 ans à nouveau quoi. Oh et petit big up aux tigres danseurs-stripteaseurs, c’était clairement inattendu !

Plus qu’un film d’animation, une ôde au vivre-ensemble.

Les Disneys ne peuvent pas être pris au premier degré, jamais, ils sont toujours méticuleusement, ingénieusement travaillés afin de véhiculer des morales. Les plus vieux reflétant ainsi une société sacrément conservatrices et les nouveaux évoluant vers des messages beaucoup plus progressistes (la Reine des neiges qui casse avec les codes du mariage ; ou encore la Princesse et la Grenouille qui met en avant pour la 1re fois chez les studios une héroïne noire).

On vit dans une période étrange. Il semble parfois que la seconde guerre mondiale et ses atrocités n’aient pas suffi. On déteste ce qui ne nous ressemble pas, on en a peur. Un homme écrase son pays sous les bombes, y fait un génocide et pourtant on rejette des gens qui fuient les bombes… Qui fuient nos bombes… Qui tentent de sauver leur vie et celle de leur famille. Nous Européens, voyons nos politiques gagner leurs sondages/élections grâce à une crise migratoire, grâce à la haine d’autrui et la peur ; parce que l’argent et le pouvoir leur ont fait tout oublier, alors on regarde/croit bêtement nos télés, ces informations qui ne sont rien d’autre que de la désinformation. Et on serait capable d’haïr notre voisin simplement parce qu’il a eu le malheur de respirer.

Dans Zootopie, les prédateurs sont pris pour cibles. On les accuse d’avoir gardé leurs instincts destructeurs. On les montre du doigt, on les exclue, on les muselle. Dans une ville où chacun vivait en paix, on instaure la peur qui rampe tel un virus instoppable. Vicieuse et irrationnelle, cette peur, donc invincible. Et dans ce capharnaüm, des gens se battent, ils se battent, du haut de leur petite taille, pour réapprendre aux autres à ne pas avoir peur, à voir ce qui nous rassemble avant de nous éloigner. Et ça marche. Le méchant tombe et la paix est restaurée.

Ce n’est pas leur différence qui empêche les hommes de vivre ensemble, c’est leur connerie.

Anna Gavalda

Judy est moquée, méprisée, peu considérée. Parce qu’elle est une lapine (pas standard -les policiers sont des bêtes féroces) et aussi une femelle, parce qu’elle a des rêves et de l’ambition. Parce qu’elle pense, à juste titre, être l’égale de chacun. Dans un monde avec d’aussi grandes dents, elle doit crier plus fort, gagner plus gros, dépasser de plus nombreux, de plus dangereux obstacles pour y arriver. Que l’on parle de féminisme, de racisme, donc de discrimination ; mais également de corruption (les affaires peu réglo de la mairie de Zootopie), ce film d’animation est sévèrement actuel.

Je ne recommanderais pas ce Disney aux enfants, les quelques-uns qui étaient présents durant la séance ont eu trop peur pour rester. Néanmoins, dans une période aussi troublée, regardez-le en répétition, pour ne pas oublier que ce qui nous différencie nous enrichie ; pour comprendre que nous éloigner, cela ne sert que les ambitions des plus grands, de ceux qui abusent de notre laisser-faire.

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Un commentaire sur “Zootopie

  1. J’aime beaucoup à la fois Disney et les films d’animation, et comme toi j’ai adoré Zootopie ! C’est vrai que les blagues et les références sont recherchées et qu’il y a un vrai message de fond derrière tout ça ! C’est un film pour adultes, définitivement !

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