Littérature Anglophone·Partenariats

Annihilation (Le rempart Sud tome 1) de Jeff VanderMeer.

Annihilation de Jeff VanderMeer
Aujourd’hui, je vous parle d’un service presse des éditions Au diable Vauvert que vous avez désormais l’habitude de voir sur le blog. Je ne connaissais ni l’auteur, ni le traducteur ni la saga… et comme je n’avais pas demandé ce titre, lorsqu’il est arrivé, j’ai eu une petite surprise. J’ai feuilleté les premières pages qui m’ont tout d’abord laissée perplexe, même si j’en lis quelques-uns, je ne suis pas trop romans écologistes… Mais celui-ci va au-delà de la simple leçon de morale.

On suit une biologiste (on ne connaîtra jamais son prénom), embarquée dans une expédition étrange dont on sait bien peu de choses, accompagnée d’une psychologue, d’une géomètre et d’une anthropologue ; leur métier étant le seul fait personnel que la narratrice connait d’elles. Elles sont toutes amenées dans une mystérieuse Zone X qui semble être isolée du monde actuel (le nôtre) et être le sujet d’études scientifiques poussées et risquées. Ça ne s’est jamais fini bien pour les onze expéditions précédentes mais ça, elles le découvriront petit à petit. D’autant que la narratrice cache un important secret.

Au début, j’étais un peu sceptique : beaucoup de vocabulaire scientifique et surtout de observations sur la nature environnante qui, même si compréhensibles (le métier du personnage les justifie), me paraissaient casser le rythme. Néanmoins, très vite, des détails et évènements étranges surviennent, attirent notre attention et le récit d’aventure commence véritablement. L’héroïne est très vite isolée, dans un premier temps de par sa personnalité associable, puis par des complications parmi les membres de l’équipe.

Alors commence la vraie quête et l’on découvre les dessous de ces expéditions étranges et si mystérieuses. Nous est également révélé le secret de la narratrice, ce qui la lie d’autant plus à cette expérience douteuse.

Grâce au carnet dans lequel l’héroïne rédige un compte-rendu journalier, on explore une zone géographique délimitée où la nature semble avoir repris le dessus, créant une faune et une flore tout à fait nouvelles et beaucoup plus dangereuses. Un retour au point zéro qui est communément associé à un retour aux instincts primitifs, la violence, la destruction (de soi ou d’autrui) et cela déclenche l’instinct de survie. Car c’est ce que l’héroïne va devoir faire : survivre, seule, abandonnée, cernée par les dangers. Dangers qu’elle ne peut identifier. Annihilation prend un sens tout particulier dans cette histoire. L’histoire se passe à deux points géographiques précis dans la zone X : la Tour et le Phare, deux endroits lugubres où l’étrange, l’horreur et l’humanité ne font plus qu’un. Les passages dans le phare étant mes moments préférés du livre.

J’ai beaucoup aimé ce retour vers le fantastique traditionnel, celui qui a donné son nom au genre : tout cela est-il réel ? L’explication est-elle vraiment surnaturelle ? Cela se passe-t-il uniquement dans la tête de l’héroïne ? On ne sait pas et on ne saura pas, si bien qu’on referme le roman un peu penaud mais surtout dépaysé et ça, j’ai adoré. J’ai adoré suivre cette narratrice un peu différente, parfois même un peu trop déshumanisée ; dans un monde dont on imagine la vie palpable, dense, dangereuse et les paysages incroyables et les nuits terrifiantes. L’atmosphère claustrophobique constante du roman nous prend des premiers chapitres jusqu’à la dernière phrase, cette dernière trace de vie (dernière transcription dans le carnet de la narratrice) et cette porte ouverte… À deux autres tomes, certes mais surtout, à d’autres aventures.

C’était le premier livre que je lisais de l’auteur et certainement pas le dernier. Jeff Vandermeer a su me transporter dans une aventure dangereuse, sombre et pourtant haletante et pleine de vie, d’humanité et d’espoir.

Cela a d’autant été une plus jolie surprise que, après avoir écrit cette chronique, j’ai reçu la version finale du livre, un beau livre-objet, toujours onéreux mais réalisé avec autant de minutie que ce à quoi les éditions Au Diable Vauvert m’ont habituées.

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