Littérature Anglophone

Imriel tome 1 de Jacqueline Carey.

Imriel

Kushiel, la célèbre de trilogie de Jacqueline Carey, m’avait été recommandée par Accrocdeslivres et je ne la remercierai jamais pour m’avoir fait découvrir ce merveilleux univers. L’année dernière, dans la même initiative de réédition en format poche, est paru le premier tome du deuxième arc de la saga de Kushiel, une nouvelle trilogie, qui se situe entre spin-off et continuité, Phèdre, notre héroïne préférée, reste un personnage central mais c’est autour d’Imriel de la Courcel que les intrigues se forment désormais. Si vous n’avez pas lu Kushiel, ne lisez pas cette chronique qui ne peut éviter les éventuels indices sur la premières trilogies.

Je craignais de commencer cette nouvelle trilogie, c’est vrai. Je trouvais à Kushiel un fait très appréciable : on obtenait un chef-d’oeuvre d’écriture et de fantasy avec un personnage féminin absolument inimitable. Je n’avais pas envie de revenir à un narrateur masculin et perdre la grâce, le raffinement de Phèdre et de sa vie de Cour. Heureusement, je me trompais. Désormais en vacances, je l’ai donc sorti de ma pile à lire en sachant que j’avais le temps de le savourer, délicieuse sensation face à tome de 960 pages que j’ai dévoré en une -longue- soirée.

Ce premier tome est dense. On suit Imriel de ses dix ans jusqu’au stade de « l’âge d’homme », la maturité. L’action est au rendez-vous mais c’est avant tout l’histoire d’un être humain, faillible, perfectible. On le voit grandir, gauchement, commettant des erreurs, par orgueil, par honte. Imriel rêve de simplicité mais il porte le fardeau de sa naissance, il est le fils d’une traitresse, la plus haïe de toute, qui plus est. Malgré cela, il doit apprendre à se construire, il doit apprendre qui il est, lui, dans son individualité, loin de Mélisande, loin de son statut de prince de sang. Loin de Phèdre, sa mère adoptive et Joscelin, son modèle. Ce livre est une ode à l’amour, si je devais résumer le caractère du personnage d’Imriel, j’utiliserais l’attribut du sujet « reconnaissant ». L’auteure développe une idée que je partage, on ne nait pas ce que l’on est, on le devient par l’éducation et notre histoire ; or, Imriel est né dans l’amour et la protection implacables des deux lionnes de Terre d’Ange, Ysandre et Phèdre. Il connait les regards soupçonneux, les murmures derrière lui, les regards haineux mais il sait également qu’il n’est pas sa mère, que cette filiation ne doit pas le définir. Et c’est ce que ce premier tome nous raconte : la quête d’un jeune garçon pour se connaître.

Au final, il s’avère qu’Imriel est drôlement courageux, pour un garçon aussi jeune et sur qui la vie ne cesse de s’acharner. Il n’est pas seul, à la manière de Phèdre, il semble attirer un petit nombre de fidèles qui lui voue une loyauté sans faille et qui ne manque pas d’apporter leur touche d’humour et d’amitié à l’oeuvre. On oscille entre l’horrible passé d’esclaves du jeune garçon et ses multiples possibilités pour l’avenir. Tout d’abord emprisonné par les mondanités, encore timide, dissimulé dans l’ombre de la lumineuse Phèdre, il finit néanmoins par s’émanciper, même si c’est par le biais de la fuite en quelque sorte et va chercher aventures et grands frissons dans la cité de Tiberium où moults rencontres et péripéties l’attendront effectivement. Le tout est déclenché par un rebondissement concernant la mère d’Imriel. A Tiberium, il découvre des secrets que cachèrent nombre d’éminents personnage, dont le mentor de Phèdre, Anafiel ; entre manipulations, doubles vies et mensonges, Imriel va devoir grandir, toujours plus vite, à force de plus grands sacrifices. Même en Terre d’Ange Imriel a des devoirs, notamment envers la Reine qui voit en lui une opportunité de paix entre les différents royaumes et qui promettent de nouvelles aventures amoureuses pour le jeune homme, qui les multiplie.

On trouve une certaine continuité entre Phèdre et Imriel, au-delà de leur filiation de mère adoptive à fils adoptif ; au fond, ils sont chacun les héritiers de Kushiel et cela leur donne des points communs sur un sujet qui s’éveille en Imriel au seuil de sa maturité. Ecrits avec beaucoup de douceur, retraçant l’hésitation des premières fois et l’émerveillement qu’elles engendrent également, Jacqueline Carey poursuit avec cette saga qui place au centre de la vie, l’amour, charnel et spirituel. Le tout est évidemment porté par des décors somptueux, des vêtements luxueux et le raffinement d’une société qui rappelle l’âge d’Or de la Renaissance. D’ailleurs, en tant que re-lectrice inconditionnelle, j’ai beaucoup apprécié les rappels aux personnages qui nous ont initié à cet univers enchanté, les moments d’intimité entre Phèdre et Joscelin, le recul qu’apporte le point de vue d’Imriel rend la figure de Phèdre proche du statut de Divinité, surtout après les évènements de la fin du troisième tome, L’avatar et Joscelin apparait plutôt comme une figure protectrice dans le retrait mais bel et bien fiable et impliqué.

Il se passe donc énormément de choses dans ce premier tome mais on sent que le plus gros reste à venir, entre l’ombre conspiratrice de Mélisande, l’avenir d’Imriel dans ses nouvelles vies. C’est donc particulièrement curieuse de ce que l’auteur a réservé à notre jeune héros que je referme ce premier tome, conquise par ce monde si riche et cette écriture si poétique, si raffinée. Je souligne la merveilleuse traduction de Frédéric Le Berre.

ENGLISH
I read the Kushiel saga some years ago, thanks to the book blogger Accrocdeslivres and I’ll never stop thanking her for making me discover this marvellous universe. Last year, the second trilogy, Imriel, was republished in France and I picked it up. I would advise you not to read this review nor this book if you have not read the Kushiel trilogy yet, you’ll be missing something/be spoiled.

I liked Kushiel because of its main female character who was just an amazing character, a strong female character in a fantasy saga, this was refreshing in this publishing context with all these young adult novels which present heroins as dumb as you could never imagine. However, starting to read Kushiel’s scion, I was afraid to come back to a more traditionnal novel of fantasy. Fortunately, this big novel (950 pages in the french pocket edition) has made his way through my heart. I read it in one evening.

This first tome is dense. We follow Imriel since he was ten years old until he reached the state of manhood, around eighteen or so. There is a lot of action in the novel but mostly, this is a coming-of-age novel. This is the quest of a young boy to find who he really is despite his status of prince, of son of a traitor, of adoptive son of a spying courtesan. He appears as a grateful boy who struggles through his very dark past of being an esclave to a more brightful present, having funny and reliable friends and several adventures. However, the future is not really clear for him, people are whispering, trying to get him out of the way of the throne, and some others try to use him, such as his mother or the queen. In the end, Imriel appears as someone really brave.

He can counts on the support of Phèdre and Joscelin, who love him as if he was their real son. I liked the fact that they appeared as a real committed couple, remaining crucial characters in the story. Phèdre appears as someone who is more than human, having the knowledge of the name of God, which has changed her forever. I liked their intimate moments and their discussions, their struggles because happiness does not come easily, it’s a work of a lifetime.

From Terre d’Ange to Tiberium to Alba, Imriel will have to face obstacles and ennemies and challenges. He is quite smart, he can count on his friends and he is a good boy. I love reading his story. He also has something to share with Phèdre: his sexuality, in deed, Imriel cannot ignore having some Kushiel’s blood in himself and so, we follow him discovering the whole thing from his 15. Between innocence, gentleness, and the marvellous universe of settings and sophisticated clothes and habits.

I really liked seeing Phèdre as a mother and Joscelin as a protective figure. They use dialogue, discussions and the fact that they are smart an tolerating in order to help Imriel being free and making his own choices.

To sum up, this first tome is dense and yet it is only introducing the mess that is to come between the threatening shade of Melisande and the future of Imriel in Alba. As always, I was amazed by the writing-style of Jacqueline Carey, it is just so beautiful, so delicate, so refined. I’m diving into this world and then, I don’t want to get out of it, I love this universe in which terrible things happen which are told with such softness. In french, we had the impressive translation from Frédéric Le Berre.

Publicités

Je suis une grande bavarde, si vous aimez papoter aussi, dîtes-moi ce que en avez pensé de votre côté, par ici !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s