Littérature Anglophone·Lus en anglais

Harlem Duet by Djanet Sears.

harlem-duet

Even if I’m not proud to confess it, I barely read anything except novels. Short-stories, graphic works, plays or poetry make me feel uncomfortable since I haven’t done that much reading in these literary genres; hence my apprehension of reading this play for my Literature class this semester (as a companion reading of Othello by W. Shakespeare obviously). Last year, we studied a short-story by James Baldwin and I just thought it was so poetic, human and rich (the short-story referred to a lot of jazz musicians and Biblical passages) and yet, I had the feeling I was missing on something: first, I’ve never read the Bible and being an atheist myself, I struggle to understand the references; and secondly, my cultural background in music is absolutely nonexistent. So, I’m always feeling self-conscious of my lack of knowledge when we’re assigned to read works influenced by the Civil Rights Movements. However, even if I’m definitely missing on some parts of the intertextuality, they’re always wonderful discoveries to make.

Djanet Sears is a Canadian playwright and she is also an actor and a producer. I had never heard of her, as you by now would have understood but I like the idea of retellings and I really enjoyed reading Othello -what I mean is, I was fascinated by these whole bunch of naive characters being so easily manipulated by a fascinating villain, Iago. Nevertheless, Djanet Sears does not strictly retell the famous play, in fact, she uses something in Othello that is merely a subplot in the original story: Othello’s quest for whitewashing his life by converting to Christianity, marrying a white European girl, educate himself with occidental culture, etc. She sets her story before the events of Shakespeare’s play, pretending that Othello is divorced of his first wife, Billie and that’s their story, taking place in Harlem, that she wrote; using three different timelines: first setting the story in 1860, when slavery was still legal, then in 1928, and then in present time (the play was written in 1997 so, « present time » refers to a period close to the Civil Rights and this difficult time for black people in the U.S., if ever there was an « easy » time for them in such a place…).

At first, I was kind of worried that the three different timelines would turn the play into something really repetitive, but the author plays with it and what happens in one timeline, happened in the other, hence we never get bored seeing repeated scenes and yet, it gives the story a sense of fatality and of eternity.

I became so deeply and rapidly attached to the characters, all of them equally, they were all so broken, so deeply messed up, trying to survive in a word that is constantly rejecting them. They all do things that they should not, they all have some addictions that they should get rid of… They are all full of defects. And yet, that’s what makes them so fascinating to me. Especially Billie. Her mental illness is so efficiently described, revealing itself page after page, by subtle fragment until it explodes everywhere and turns the whole play into a tragedy. Every line of this character was heart-wrenching, poetic and beautiful and I just wanted to get up and read the text outloud. On stage, it must be breathtaking really.

The feeling of heartbreak and passion for literature and human beings that you get by closing this book is so warm, so satisfying. I definitely want to read more of Djanet Sears’s work.

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*FR*

Je ne me sens pas à l’aise dans les genres littéraires autres que le Roman : je n’en ai pas lu les oeuvres fondamentales et n’en ai que brièvement étudié les mouvements littéraires, notamment le théâtre et la poésie. Néanmoins, la fac s’arrange toujours pour nous varier les genres littéraires dans les bibliographies. Ce semestre, Othello de Shakespeare était au programme, ainsi qu’une réécriture de cette pièce par une auteure CanadienneHarlem Duet de Djanet Sears, publiée en 1997 -et qui est disponible en français, traduite par Janice Valls-Russel. L’an dernier déjà, nous avions dû lire une nouvelle de James Baldwin, Sonny’s Blues, sur les mêmes thèmes : un professeur qui essaie de s’émanciper de son identité de « Noir » stigmatisée par la ségrégation rampante des U.S.. J’avais trouvé la nouvelle magnifique de par la plume et la richesse de l’intertextualité ; malheureusement, je déplorais mon manque de baguage culturel concernant la musique Jazz qui marque le XXe siècle et les grandes figures du Mouvement des Droits Civiques des années 60 aux Etats-Unis, ainsi que les références omniprésentes à la Bible que je ne détectais pas, en tant que complète athée. J’avais l’impression de passer à côté de ce qui donnait de l’âme et de la résonance à l’oeuvre, elle ne pouvait pas s’inscrire dans une continuité dans mon esprit, puisqu’il me manquait les repères culturels sur lesquels elle se basait. Et les mêmes craintes sont revenues à l’idée de lire Djanet Sears et son travail sur la Négritude.

Je n’avais donc jamais entendu parler de Djanet Sears avant de devoir la lire ce semestre, comme doivent le suggérer mes lacunes. C’est donc ainsi que j’ai découvert cette dramaturge, actrice et metteur en scène (elle monte ses propres pièces). J’ai lu Othello en Septembre, puisqu’on l’étudiait en premier en cours, pièce que j’ai aimé plus pour son antagoniste fascinant, le grand Iago, que pour ses personnages crédules et son développement relativement prévisible. La plume de Shakespeare, en anglais du XVIe, a été une sacrée épreuve également mais quel plaisir lorsque notre professeure nous lit des monologues avec fluidité et accent Britannique combinés ! J’aime beaucoup les réécritures, je trouve que l’on redécouvre les oeuvres sous des angles que l’on n’aurait peut-être pas étudié/considéré avec notre seule vision. Ce que j’ai le plus aimé dans le travail de Djanet Sears, c’est que la pièce d’Othello a résonné en elle sur un plan de l’intrigue que l’on discerne à peine, qui se noie dans la tragédie de Shakespeare : la quête d’acculturation du personnage. Othello a soif de devenir un homme Occidental, il veut compenser la couleur de sa peau par maîtriser mieux que tout autre les codes de la société blanche élitiste occidentale… Et malgré son mariage avec une Européenne blanche, malgré son grade militaire, malgré sa conversion au Christianisme, malgré son éducation honorable… Cette quête le mène inexorablement à la tragédie, car il s’est renié.

Et à partir de cela, Djanet Sears écrit une ode à la Négritude, à travers le personnage de Billie, qu’elle invente, première femme d’Othello, à qui elle donne un prélude à son histoire. Elle nous raconte leur histoire d’amour, à Harlem, New-York, sur 3 différentes époques : durant l’époque esclavagiste en 1860, puis en 1928 et enfin au présent de narration (les années 90) avec une forte résonance du Mouvement des Droits Civiques.

Initialement, je craignais que ces trois époques de narrations donneraient lieu à des scènes répétées, des longueurs dans la pièce (dont le texte compte un peu moins de 120 pages) ; or, l’auteure joue avec ce décalage dans le temps et ce qui a lieu dans une époque, arrive également dans les autres et l’on passe directement aux conséquences, évitant les répétitions mais donnant à l’histoire un caractère fataliste.

Je me suis attachée tellement rapidement et profondément aux personnages, chacun avec autant d’importance. Ils étaient tous si brisés, si détruits, essayant de survivre dans un monde, un pays, leur pays bien que celui-ci ne cesse constamment de les rejeter, de leur prouver qu’ils ne sont pas dignes de la qualification d’être humains. Ils font tous des choses qui sont répréhensibles, ils ont tous des addictions qui les mènent à leur perte. Ils sont plein de défauts et en même temps, ils brillent d’humanité et de courage, d’avancer, de continuer, ils crient leur désir de vivre, leur droit d’exister. L’héroïne, Billie, m’a complètement fascinée. Entre les lignes, on discerne page après page ses problèmes psychologiques, son obsession nocive et rampante qui se dessine et se révèle peu à peu et qui fait que la pièce devient une véritable tragédie. Chacune de ses répliques me brisait le coeur, sa douleur, son lyrisme et l’écriture sublime de l’auteure rendaient ses monologues tellement poignants, j’avais envie de lire le texte à voix haute. Sur scène, ce doit juste être époustouflant.

On referme ce livre le coeur brisé mais également le coeur emplit de passion pour la littérature, l’écriture et de fascination pour l’être humain. Je compte bien lire autre chose de l’auteure.

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