Indian Lit·Review both in English and French

Book Review | Le jeûne et le festin d’Anita Desai.

 

Je suis assidue sur Goodreads et depuis cette année, je m’astreins à l’être également sur Livraddict ; ainsi, je réalise à quel point je lisais toujours des auteurs de même nationalité (Nord-Américaine). Or, en littérature Anglophone, dans le cadre de mon D.U.T., nous avions évoqué Anita Desai, auteure et professeur dans le Massachussets. Elle s’inscrit dans la littérature Post-coloniale : elle écrit en anglais pour donner une voix aux minorités : ici la condition des femmes en Inde, un thème récurrent dans ses écrits. Ce n’est pas une lecture dont on ressort indemne, mais c’est un de ces livres qu’il faut avoir lu !

I’m really active on Goodreads and so I tried to be active on the French version of such a website that we have (it’s called Livraddict). This website allows the users to see the map of their readings: by using the nationality of the authors of the books they’ve read, the map indicates which country you’ve read some books from. You can see mine here:

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It’s quite guilt-inducing at first, but it’s a great motivation to do better in the end. Hence, as you can see with the different shades of blue, I tend to read more North-American authors, followed by French ones and UK ones. Also, there are a lot of countries I haven’t read anything from.

It reminded me of my class, back when I was doing my D.U.T. in book trades. We studied English Lit and the teacher had insisted on Post-colonial literature and so, I decided to pick some titles to read. Anita Desai and her feminist stance especially interested me. All I can say after having read it, is that this book was one hell of a ride. It’s a really important book and the condition of women in India is horrendous.

L’époque est indéfinie, l’auteure joue sur le flou pour donner une empreinte universelle à son propos. On suit Uma, une jeune fille d’une famille indienne de petite bourgeoisie, pas assez brillante pour réussir à l’école, pas assez belle pour recevoir des demandes en mariage. Lorsque sa mère tombe à nouveau enceinte et qu’il s’agit d’un garçon, Uma n’a plus le droit d’aller à l’école, son rôle est de s’occuper de l’enfant désormais.

There’s no definite time frame in the book, it allows the author to give her point a universal impact. Uma, a young girl from an middle/upper-class Indian family, not bright enough to succeed at school, not pretty enough to receive marriage proposal. When her mother gets pregnant again and it turns out to be a boy, Uma cannot go to school anymore, from now on her duty is to take care of her brother.

Le jeûne et le festin, c’est l’histoire d’un renoncement à soi. Une société où une fille/femme n’a pas d’individualité, elle vit pour ses parents, son frère, son oncle ou son mari. Ici, Uma doit renoncer à son envie d’apprendre, à tous ses rêves pour s’occuper d’un enfant à la place de sa mère, trop occupée à rester auprès du père, assis sur la balancelle dans la chaleur étouffante de l’Inde rurale. C’est à peine si elle a droit d’aller dans sa chambre, en bonne servante. De l’esclavage familial, ni plus ni moins.

This book is the story of someone who is forced to annihilate oneself. A society in which a girl/woman does not have the right to be her own individual self. She has to live for her parents, her brother, her uncle or her husband. Here, Uma has to stop learning, she has to let go of all of her dreams to take care of her brother instead of her parents, too busy resting on the swing seat in the suffocating heat of rural India. She barely has the right to go to her room, being the good slave she has to be. It’s a case of familial slavery.

L’écriture d’Anita Desai est douce, empreinte de pudeur, par moment impersonnelle. Cela accentue l’indifférence, l’acceptation générale de cette détresse qu’est la condition de la femme sans rendre le tout larmoyant. Dans les faits, elle n’épargne cependant pas le lecteur : preuve en est le crime d’honneur commis sur la cousine (immolée par sa belle-famille pour marier leur fils à une partie plus avantageuse).

Anita Desai’s writing-style is gentle, reserved, quite impersonal at times. It accentuates the disregard, the socially fixed fact that is the condition of women in India, without turning the book into something too sorrowful. Indeed, the author does not spare the reader the terrible reality as the immolation of the cousin of Uma by her in-laws, just so the son can be married to someone more rich. It makes the reader so angry that there is no space for tears.

L’oeuvre se distingue par une seconde partie délocalisée avec une ellipse : le frère pour lequel Uma s’est sacrifiée a bien grandi. C’est un jeune homme et il a le devoir d’étudier parmi les meilleurs, il est autorisé à se rendre dans le Massachussets (États-Unis), où une famille connaissance de son père, l’héberge. Le lecteur découvre alors que ce pays n’est en rien plus idyllique que l’Inde. Il n’y a pas de grande différence entre Uma et la mère de famille américaine ; et les autres membres de la famille sont tous plus ou moins des fantômes déboussolés. On découvre parallèlement que pour Uma, rien ne s’arrange, on ne lui retire pas ses chaînes bien au contraire : sa brève escapade spirituelle avec sa tante, qui lui fait découvrir l’horizon est bien vite écourtée par ses parents empressés d’avoir à nouveau à leur disposition leur servante naturelle.

The second part of the book starts with an elipsis, the brother for whom Uma had to sacrificed her life has grown up. He’s a young man and he has to study with the elite, so he goes to Massachussets in the USA (where the author teaches at university). There, one of his father’s acquaintance provides lodging for him. But the reader discovers that, USA/India, same struggles, there’s nothing to idealise anywhere. Uma’s mother and the American’s host mother are not so different after all; the other members of the family are more or less all lost living ghosts. We also have glimpses of Uma’s life, now that her brother is away, and without much surprise, nothing changes. Even though she goes on a spiritual trip with her aunt, her parents need their personal slave and she is brought back in the family home.

C’est un roman difficile à lire, on a envie d’hurler, de punir chaque personnage… Le tout est d’autant plus horrible que l’auteure donne à son récit un réalisme si puissant que l’on a l’impression de lire une oeuvre témoignage plus qu’une oeuvre de fiction. On ne s’attache pas aux personnages parce qu’on cherche leur humanité, si reniée qu’on la croit inexistante. On continue à lire pourtant, malgré l’horreur, malgré tout. Je crois que beaucoup gagneraient à lire ce livre, à se sensibiliser à une telle réalité.

It’s a book which is difficult to read. Difficult because we want to scream, to punish a lot of characters… The realism that characterises the story makes us feel as though we’re reading a testimony rather than a piece of fiction. We do not get close to the characters because we’re constantly asking where the hell their humanity has gone to. And yet, it’s impossible to stop reading, despite the horror, despite everything. I think everybody should read this book.

Je vous recommande cette chronique, presque une dissertation sur le livre, très bien écrite et qui porte à réfléchir.

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2 réflexions au sujet de « Book Review | Le jeûne et le festin d’Anita Desai. »

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